|
La peau de tes mains
Sur la peau de mes seins.
Toi, le teint doré par le soleil d'été,
Moi, opaline aux veines bleutées.
Tu me regardais m'apprêter :
Une robe j'avais enfilée,
Puisque tu disais que les pantalons, même courts,
Ne mettaient suffisamment en valeur mes contours...
Intimidée, mes yeux j'avais osé plonger, sans détour,
Dans les tiens, qui me contemplaient emplis de fierté et d'amour.
Des papillons avaient voleté autour de moi,
Je ressentais un étrange émoi.
J'étais depuis si longtemps aux abois,
Emprisonnée même dans des vêtements, tremblante d'effroi...
Je ne me doutais pas que refleurirait l'espoir,
Que je déchirerais un jour mon étouffoir.
Mais ce matin, j'avais osé un pas de plus, me tournant vers le miroir,
Et soulignant mes iris bleus d'un peu de noir.
Il serait faux de dire que j'étais jolie
Mais souriante et rajeunie !
Tu t'étais levé, sans bruit,
T'étais approché par derrière, en catimini.
À la main tu tenais un flacon
Renfermant du nectar de citron.
Tu avais enlacé ma taille avec dévotion
Et, d'un geste mêlé de maladresse et de détermination,
Avais fait glisser la bretelle sur mon bras,
Découvrant une épaule qui frémissait déjà.
Tu m'avais parfumée, ça et là,
Faisant les gouttelettes s'infiltrer dans ma peau, comme cela,
Par un léger massage circulaire.
Tu te frottais doucement contre mon derrière.
Ma robe sur moi n'avait fait long feu : tu l'avais dégrafée d'un air débonnaire,
La laissant dans un frou-frou soyeux tomber à terre.
Aussi rapidement, ma poitrine tu avais mise à nu,
Devant mon corps ne tenant plus.
De baisers tu parcourais mon dos ému,
Je frissonnais, éperdue.
Dans la glace devant moi je lisais ton entrain,
Ton désir souverain.
Et nous voilà donc ainsi, la peau de tes mains
Sur la peau de mes seins.
Toi, le teint doré par le soleil d'été,
Moi, opaline aux veines bleutées...

|
Le cuir de mes mains
Sur la soie de tes seins
Est le plus bel atours
D'un prélude à l'amour.
Quant à ta chute de reins
Que j'ai dévalée avec entrain
Plutôt qu'un long discours
Je la fais mienne pour toujours !