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Ce matin, chez le médecin avec ma plumette je suis allée
Pour sa première rhinopharyngite très vite traiter :
Elle avait quelques soucis pour tranquillement respirer.
Auparavant, dans un nid voisin, en coup de vent j'étais passée
Prendre des amis des nouvelles, avant de commencer la journée.
Sur les lèvres, un grand sourire dévergondé
L'annonce d'un Petit Polisson m'avait amené !
Sa chandelle l'avait gentiment réveillé, bien élevée...
Lorsque dans la salle d'attente nous sommes arrivées,
Huit personnes déjà étaient assises, à patienter,
Sans se parler,
Sans même se regarder.
L'ambiance était triste à pleurer
Face à ses statues à la tête baissée...
Une femme, jambes croisées,
De temps à autre son téléphone de son sac à main sortait,
Sans doute pour vérifier que le temps sa course poursuivait.
Les hommes, au fond de leur siège bien calés,
Les pieds dans le sol bien ancrés,
Cuisses écartées,
Leur virilité voulaient peut-être prouver,
Cherchant vers cet endroit mes yeux à diriger...
La lueur de lubricité,
Par notre fripon allumée,
Ne m'avait donc point quittée ?
En évoquant ces mâles je ne peux résister,
Cette étrange manie il me faut vous conter :
Tous autant qu'ils étaient,
Leur magazine par la fin ont commencé
Afin, jusqu'à la première de couverture remonter...
De cette manière certainement autrefois à lire on leur avait enseigné,
Ai-je pensé,
Remarquant qu'ils n'étaient tous pas fraîchement nés...
Mais ces humains figés,
Ne pouvaient bien longtemps mon attention accaparer,
Et autour de moi je me mis à lorgner.
Un plafond avec traces d'humidité,
Des affiches, toutes de travers placardées,
Un bureau d'écolier,
Un lustre fêlé...
Ce n'est qu'alors que j'ai noté
Cette rime en « é » qui depuis un bon moment dans ma tête mes idées faisait valser
Et qui désormais ne voulait plus me quitter.
Vite, me suis-je tout bas exclamé,
Trouver autre chose sur quoi me focaliser !
Les magazines entassés...
Celui-ci, qui veut ma vie simplifier...
Non, cet autre, avec en couverture le visage de cet étranger,
Dont le nom j'ai oublié,
Sur sa bouche entrouverte, que l'on aimerait bisouiller,
Trop concentrée...
- D'aucunes par le petit cul de Decaunes ont bien hier été émoustillées... -
Cette bouche qu'après deux heures et demi de patience, je peux vous l'avouer,
Je ne pouvais plus supporter,
Au point que je l'aurais mordue sans hésiter
Si devant moi elle s'était trouvée !
Du coq à l'âne j'ai essayé de sauter
Voulant à tout prix de cette obsession me débarrasser...
Couver des yeux ma poupée...
Ses douces joues potelées,
Son oreille, délicieusement à croquer,
Ses petits pieds...
Aucun espoir de ce côté-là pour m'aider !
Me rendant à l'évidence que j'étais piégée,
Une raison j'ai dû me faire, je suis sensée !
Et cette rime j'ai employée
Pour de nouveau au Petit Polisson et son exploit matinal penser.
Le décor étant planté,
Sans peine vous pourrez maintenant imaginer
De la scène l'incongruité...
Une plume qui fait des vers en secret,
Face à des hurluberlus sans trace de vie sur les traits,
Et qui, subitement, à sourire seule se met !
C'est que, voyez-vous, toute une histoire je me suis à cet instant racontée :
Une histoire d'hommes qui toute la nuit de travailler n'avaient cessé,
Une fois le spectacle terminé.
Les artistes, loin de se coucher,
Avaient avec celle d'ouvriers leur tenue échangée.
Il leur avait fallu le chapiteau démonter,
Un endroit devant être rafistolé,
Un second rapiécé :
C'est qu'il n'était plus tout jeune, vous savez !
La nuit étant alors bien avancée,
Le réinstaller dans la matinée ils avaient décidé,
Préférant la lumière du Soleil que des étoiles la faible clarté
Pour ce travail à bien mener.
Pour de la curiosité des badauds et du gel nocturne le protéger,
Sous une bâche ils l'avaient abrité
Avant, dans un coin, de l'entreposer.
Au petit matin, ils étaient à pied d'œuvre, bien reposés.
Délicatement la toile qui recouvrait leur chapiteau ils avaient repliée.
Puis, ils l'avaient étendu à même le sol, dans un coin dégagé
Afin de la qualité des réparations s'assurer.
De leurs mains, ils l'avaient amoureusement caressé
Ce fidèle compagnon de toujours, si élimé
Mais qui ne voulait point encore vaincu s'avouer !
En chacun résonnaient les anciennes heures de gloire et de félicité,
De fierté d'avoir su le public combler...
Un émoi, palpable, se mit d'eux à s'emparer :
Les yeux à présent de bonheur mouillés,
Ils ne se retenaient plus de le frôler,
Allant jusque ses pores titiller,
Ou les quelques fils hirsutes de sa peau autour de leurs doigts enrouler...
Cette transe quasi sexuelle achevée,
Le chapiteau se retrouva, on ne sait comment en vérité,
Crânement dressé,
Prêt à accueillir une nouvelle représentation, bien rythmée,
Pour des spectateurs enfiévrés et par avance envoûtés, subjugués...
J'en étais là de mes réflexions lorsqu'enfin ce fut notre tour dans le cabinet d'entrer...
De retour dans ma longère bien chauffée,
Ma cocotte et moi j'ai alimentées,
Sa couche parfumée j'ai changée
Avant mon lait de tirer.
Sur un papier mes idées j'ai alors voulu griffonner,
Mais finalement, j'ai opté pour les taper sur mon clavier.
Mon ordinateur j'ai alors rallumé
Et au site du matin me suis reconnectée.
D'une femme lire la réplique m'a bien étonnée :
Elle est donc de ceux qui le prochain lever de rideau applaudiront... Coquine fieffée !
Je me retire, sur la pointe des pieds...
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fais bon vivre en bretagne .. jolie c...
Aime la mélodie, apprend les accords,...
J'aurai effectivement dû faire preuve...
Vous me semblez bien hardi, Monsieur,...
Cette déclaration enivrante que vous ...