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Aux abords, crânement debout, la vieille maisonnette.
Y vivait autrefois un grand-père fort charmant.
Non, elle ment !
Ses souvenirs éclipsent le présent :
Le rudimentaire logis a depuis été rasé net.
L'homme - paix à son âme ! - a lui aussi disparu,
Depuis bon nombre d'années.
Il sortait de son antre, sur sa canne appuyé,
À chaque récréation, pour trouver quelqu'un avec qui papoter.
Son nom elle ne se souvient pas l'avoir jamais su.
L'on pénètre alors dans la cour :
La continuité du grillage est rompue par un portail.
Combien de collégiens a-t-il vu revenir au bercail
Traînant derrière eux tout leur attirail,
Jeté en travers des épaules et si lourd ?
Les bâtiments sont toujours les mêmes :
Peu imposants - grande n'est point la ville -,
Relativement laids, le contraire à dire serait difficile !
Derrière les murs elle se retrouve, gamine docile, fragile.
Elle entend encore les indisciplinés proférer leurs anathèmes.
Ce soir, elle n'est point seule :
Il lui tient la main,
Lui emboîte le pas dans le chemin,
Cherche à savoir d'où elle vient.
Dans le lointain, un chat soudain feule.
Le château d'eau se dresse,
Témoin du temps qui passe,
Des générations qui se succèdent, sans vraiment laisser leur trace.
Le petit banc est à sa place,
Sur lequel se sont posées tant d'adolescentes fesses.
Il la serre dans ses bras,
L'assied sur ses genoux.
Sa nuque il voudrait mordiller, il devient à présent fou :
De la sentir si loin, il deviendrait malveillant loup-garou !
Revenue à elle, dans ses yeux elle comprend l'éclat...
Le banc sera le réceptable de leur passion.
Les lèvres se dévorent, se mordent,
Les langues se contorsionnent, en tout sens se tordent,
De désir les corps débordent.
Et tant pis si cela s'apparente aux yeux des voisins à de l'exhibition !
Il l'allonge sur le dos,
Ses yeux devinent les premières étoiles.
Il la dégraffe et sa poitrine dévoile
Sans un regard sur le chemisier et la couleur de son passepoil !
Silence, émotion, lueur lunaire, l'instant est beau...
S'ensuivront des baisers fougueux,
Des jeux de langues affolants,
Sur les seins blancs,
Par-delà les sous-vêtements...
La nuit n'appartiendra plus qu'à eux...
Lorsque sera redescendue la tension,
Elle mesurera,
Avec sourire et léger embarras,
L'écart entre la collégienne qu'elle fut là
Et la femme, animée d'ardentes pulsions...
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La jeune fille a évolué
De sa chrysalide elle s'est extirpée
Elle a déployé ses ailes et s'est envolée
Pour se poser ici en toute légèreté
Comment ne pas admirer
L'envol de la féminité révélée
Nappée dans tant de sensualité
Pudeur chatoyante éveillée