Retour aux sources
Écrit par Plume Légère   
Vendredi, 02 Avril 2010 20:05

Aux abords, crânement debout, la vieille maisonnette.
Y vivait autrefois un grand-père fort charmant.
Non, elle ment !
Ses souvenirs éclipsent le présent :
Le rudimentaire logis a depuis été rasé net.

L'homme - paix à son âme ! - a lui aussi disparu,
Depuis bon nombre d'années.
Il sortait de son antre, sur sa canne appuyé,
À chaque récréation, pour trouver quelqu'un avec qui papoter.
Son nom elle ne se souvient pas l'avoir jamais su.

L'on pénètre alors dans la cour :
La continuité du grillage est rompue par un portail.
Combien de collégiens a-t-il vu revenir au bercail
Traînant derrière eux tout leur attirail,
Jeté en travers des épaules et si lourd ?

Les bâtiments sont toujours les mêmes :
Peu imposants - grande n'est point la ville -,
Relativement laids, le contraire à dire serait difficile !
Derrière les murs elle se retrouve, gamine docile, fragile.
Elle entend encore les indisciplinés proférer leurs anathèmes.

Ce soir, elle n'est point seule :
Il lui tient la main,
Lui emboîte le pas dans le chemin,
Cherche à savoir d'où elle vient.
Dans le lointain, un chat soudain feule.

Le château d'eau se dresse,
Témoin du temps qui passe,
Des générations qui se succèdent, sans vraiment laisser leur trace.
Le petit banc est à sa place,
Sur lequel se sont posées tant d'adolescentes fesses.

Il la serre dans ses bras,
L'assied sur ses genoux.
Sa nuque il voudrait mordiller, il devient à présent fou :
De la sentir si loin, il deviendrait malveillant loup-garou !
Revenue à elle, dans ses yeux elle comprend l'éclat...

Le banc sera le réceptable de leur passion.
Les lèvres se dévorent, se mordent,
Les langues se contorsionnent, en tout sens se tordent,
De désir les corps débordent.
Et tant pis si cela s'apparente aux yeux des voisins à de l'exhibition !

Il l'allonge sur le dos,
Ses yeux devinent les premières étoiles.
Il la dégraffe et sa poitrine dévoile
Sans un regard sur le chemisier et la couleur de son passepoil !
Silence, émotion, lueur lunaire, l'instant est beau...

 

S'ensuivront des baisers fougueux,
Des jeux de langues affolants,
Sur les seins blancs,
Par-delà les sous-vêtements...
La nuit n'appartiendra plus qu'à eux...

 

Lorsque sera redescendue la tension,
Elle mesurera,
Avec sourire et léger embarras,
L'écart entre la collégienne qu'elle fut là
Et la femme, animée d'ardentes pulsions...

Commentaires (5)
  • Fred Sonal  - L'envol

    La jeune fille a évolué
    De sa chrysalide elle s'est extirpée
    Elle a déployé ses ailes et s'est envolée
    Pour se poser ici en toute légèreté

    Comment ne pas admirer
    L'envol de la féminité révélée
    Nappée dans tant de sensualité
    Pudeur chatoyante éveillée

  • Plume Légère

    Votre métaphore est raffinement !
    Hier encore humble chenille sans éclat,
    Elle n'espérait que nymphose vertigineuse.
    Jusque dans ses intimes ébats,
    Avouerait-elle en rougissant...

    Ses ailes, diaphanes depuis la nuit des temps,
    N'aspiraient qu'à se déployer avec fracas,
    Qu'à s'élancer, audacieuses,
    Qu'à caresser, telle la soie tussah,
    Peau et esprit d'éventuels amants.

    Elles ne s'en sentaient point le don pourtant,
    Craignaient, en plongeant, de faire un plat.
    Sauraient-elles se faire aguicheuses,
    Éveiller l'émoi de leurs appas...
    Si éphémère est la vie d'un papillon dans le vent...

  • Fred Sonal

    La vie du papillon est certes éphémère,
    Mais ne vaut-elle pas d'être vécue
    Sans se poser ces question mises à nues ?

    Et comme ce cher lépidoptère
    Une fois sa mue échue,
    Vous voici de charmants atours parue.

    Prenez conscience, de grâce, ma chère
    Que vos vers ont pour nous la vertu
    D'éveiller des organes où le sang afflue !

    Je vous fantasme en guêpière
    Dissimulée sous une parure ingénue.
    Une femme transformée la nuit venue

    En l'amante charmante et fière
    Tout droit de vos textes issue
    Aimant, jouissant sans retenue.

  • Plume Légère

    Je ne vous connais guère,
    Ami hardi,
    Mais, par certains côtés, vous m'avez mise à nue... :blush:
    Vos mots en moi s'insinuent !
    Méfiez-vous tout de même de ne point trop d'illusions vous bercer à lire mes écrits...
    Vous seriez déçu :
    La femme n'est point encore - mais cela peut-être évolue ? -
    À la hauteur des rêves que suscitent ses mots-broderies...
    Osera-t-elle, du bout de sa plume, continuer à vous plaire ?

  • Fred Sonal  - Qu'elle ose !

    Qu'elle ose !!! :love: o_O :blush:

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