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Une nuit, agitée.
Trop courte.
Comme toutes les nuits. Depuis si longtemps désormais.
Le sommeil en pointillés, trop léger.
Et puis les cauchemars. Dont elle se réveille en pleurs, terrorisée.
Comme une toute petite fille.
Pourtant, comme chaque nuit, passée l'angoisse, consolée, cette sensation de plénitude. Juste due à la chaleur qui l'enveloppe et au son de ton souffle, paisible.
Pfff. Ça, c'est pour la jolie vision romantique. Elle, elle profite aussi de tes ronflements entrecoupés de paroles, souvent incompréhensibles. Mais quand tu murmures un "Mon Amour"... Le Paradis.
Oui, le voilà, son bonheur.
Te sentir, là, à portée de main.
Savoir qu'auprès d'elle tu es serein.
Et, finalement, n'est-ce pas une chance pour elle d'être insomniaque ? Ainsi, plusieurs fois par nuit, son cœur se gonfle d'amour, si fort...
Cette nuit encore, à plusieurs reprises, elle a ouvert les yeux. La chambre était plongée dans l'obscurité : ses iris ont mis un moment avant de s'accommoder au manque de lumière pour discerner les formes, repérer là l'escalier.
La couette embaumait la senteur de vos peaux qui se touchaient.
Tu étais étendu sur le dos, ses fesses calées contre ta hanche. Elle, elle était recroquevillée, en position de fœtus. Ta main sur sa jambe.
Elle est restée un instant sans bouger.
À se concentrer sur la paume de ta main. À sourire de cette marque d'appartenance. Elle aime se considérer comme tienne. Être tienne. L'est-elle vraiment ? La considères-tu ainsi, toi ?
À tenter de respirer au même rythme que toi. Les trois ou quatre premières inspirations, très bien. Et puis... la catastrophe ! Son cœur s'est mis à cogner dans sa tête, une vraie cacophonie ! Elle a respiré très longuement, pour oublier ta cadence et ne pas se laisser emballer. Tu respires trop vite. Sans doute comme tu vis. Elle... Elle a déjà eu tant peur que maintenant, elle avance un peu au ralenti.
Alors elle s'est déplacée. Oh, très légèrement. Elle a reculé un peu contre toi. Tu n'as pas réagi.
Elle a recommencé son petit manège. Tu as ronchonné et t'es retourné sur le côté, tout contre elle. Comme si sa place était là, ta main s'est posée instinctivement sur son sein.
Elle s'est reculée un peu plus. Avec un petit gémissement de bien-être. Se lovant le plus près possible de toi. Elle savait à l'avance ce qui allait se passer : tu l'as caressée, tout doucement, en émettant le son d'un gourmet qui se régale... Ses hanches ont commencé à se trémousser et son sourire a lui dans le noir.
Ton toucher s'est fait plus franc, plus impérieux aussi. D'un câlin sur les seins, tu es passé au massage, glissant sur son ventre, remontant le long de son bassin pour te cramponner ensuite à son postérieur. Elle s'est cambrée.
Tu as souri, elle l'a entendu.
Et sans que l'un ou l'autre ait prononcé un mot, sans même que vous vous soyez regardés, l'un et l'autre avez compris ce que l'autre espérait.
Tu lui as déposé sur la nuque une pluie de bisous, qui bien vite se sont transformés en morsures. Elle tendait sa tête vers toi, l'enfouissait même dans l'oreiller pour t'ouvrir davantage son épaule, s'offrant à toi comme si tu étais un vampire.
Ta main s'est logée dans le creux de ses reins, lui arrachant une plainte sensuelle. Tu la sentais rouler entre tes bras. Tendre. Chaude.
Tu étais déjà rigide. Elle l'a très bien senti. Une bosse qui enflait contre ses fesses tout d'abord, puis qui s'animait d'un mouvement propre, se balançant d'avant en arrière. Elle n'a pas voulu y faire cas tout de suite.
Elle t'a laissé prendre l'initiative des opérations, gardant bien dans un coin de sa tête qu'elle voulait t'offrir un final mémorable.
Tu as glissé tes doigts dans ses cheveux, les as agrippés d'une main ferme, accentuant la courbure de son corps. Elle ressentait des picotements dans le cuir chevelu et jusque son sexe. Une envie soudaine d'être saillie bestialement, profondément. Que vos corps ne fassent plus qu'un...
Elle a pourtant réussi à t'éviter : elle t'a permis de rencontrer ses lèvres intimes, de t'humecter légèrement à leur contact puis, tandis que tu faisais pression sur son bassin, elle t'a résolument repoussé : elle avait un autre projet.
Elle s'est retournée, face à toi. A embrassé ta bouche longuement, avec fougue. Puis t'a enjoint de fermer les yeux, tu sais combien elle est pudique. Elle a alors laissé glisser ses lèvres le long de ton cou, suçotant au passage ta pomme d'Adam, sillonnant ton torse du bout de sa langue, chatouillant ton nombril. Elle est descendue ainsi jusque ton membre, fièrement érigé. Il se dressait devant elle, tressautant sous l'effet des spasmes qui le parcouraient. Elle s'est mise à le lécher, de tout son long, sur toutes ses faces... À le caresser des deux mains, exerçant une légère pression en le câlinant de bas en haut puis de haut en bas. À l'emboucher enfin, délicatement, savamment.
Tu es alors entré dans la danse à ton tour, te redressant... Elle n'a pas eu le temps de compter jusque soixante-neuf. Tu as écarté ses jambes, l'aidant à te chevaucher et, quand elle fut au-dessus de toi, tu as plongé ton visage entre ses cuisses, faisant pénétrer ta langue dans son antre chaud et humide. Elle s'est raidie, a gémi et n'a pu retenir une crispation de ses lèvres qui t'ont enserré plus fortement, délicieusement. Tu as accéléré tes va-et-viens, lapant avec gourmandise et elle, le souffle court, t'a suivi dans cette escalade. Elle fondait sur ta langue, tu palpitais sur la sienne.
Dans la chambre l'on n'entendait plus que bruits mouillés, halètements et petits cris.
Ton plaisir montait si vite, à l'entendre haleter tandis qu'elle te dégustait avec avidité, que tu as voulu interrompre la caresse, lui demandant de s'empaler sur toi, en continuant de te tourner le dos. Elle l'a fait sans hésiter, gourmande de te sentir au creux de son ventre, et s'est mise à onduler tout doucement, à se soulever et s'abaisser en rythme.
Et puis, elle a repris la main sur votre étreinte. Elle s'est relevée, t'abandonnant là, au bord de la jouissance. Elle est descendue du lit et a dégringolé l'escalier en riant. Recouvrant tes esprits, mais gauche dans ta démarche, tu l'as poursuivie jusque la salle de bains, l'apercevant fermer le rideau de la douche. Tu as attendu que l'eau coule et est entré dans la cabine. Elle souriait.
Tu t'es glissé dans son dos et as saisi son cou et son bassin de main de maître : elle ne pouvait s'esquiver. Tu la maintenais contre toi, dévorant son cou. Tu devinais son corps tremblant du désir de se faire posséder.
Tes deux mains se sont accrochées à ses hanches, et c'est d'elle-même qu'elle a tendu les bras pour s'appuyer contre la cloison. Elle s'est arquée, s'offrant à toi en oubliant toute pudeur. Tu as tout de suite trouvé le chemin, l'emplissant de ta vigueur. Elle a tourné vers toi son visage et tu l'as embrassée furieusement en la faisant coulisser vivement et intensément sur ton sexe en érection. Le large pommeau de la douche vous inondait d'une pluie bienfaitrice et sensuelle dont tu voyais les gouttes ruisseler sur sa peau.
Tu l'as encore honorée de puissants coups de reins. Le dernier l'a portée au paroxysme du plaisir et le cri qu'elle a alors poussé t'a à ton tour conduit à ta petite mort. Tu t'es déversé en elle dans un râle de bien-être...
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Ce réveil fut des plus délicieux, une envie de se rendormir pour mieux se réveiller...