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Tu serais assoupi
Dans le mitan du lit.
Comme à son habitude, elle aurait tardé
Avant que de se coucher :
Toujours mille et une choses à faire,
Le soir, lorsque s'endort la Terre ?
Non, ce moment est juste le sien,
Celui qu'elle savoure quand sont éteints les bruits quotidiens.
Lui viennent alors des envies de lire
Et surtout, surtout, d'écrire.
Toi, tu es plus "marmotte" :
Tant besoin que la couette te dorlote...
Tu lui aurais déposé un bisou, doux,
Sur la nuque, glissant tes doigts sur son cou.
Et tu serais monté,
T'installant à sa place dans le lit pour la réchauffer.
Dans le silence de la nuit,
Elle se serait alors enfuie,
Laissant, au rythme des ronflements de la maison,
Voguer son imagination.
Ses pensées ont le pied léger,
Sans doute même sont-elles trop effrontées...
Car lorsque clignotent les étoiles,
Vers des images coquines immanquablement elles font voile.
Elle les laisse batifoler,
Peindre avec audace des couples érotiquement enlacés,
Puis défie à la course les sombres heures,
Brodant avec inspiration avant que ne pointe l'astre rieur...
Nul ne peut voir le rouge teinter ses joues,
Aussi s'aventure-t-elle à surfiler ensemble les mots les plus fous !
Et cela se reproduit chaque nuit.
Elle ne s'en lasse, enfin elle vit !
Ce soir-là, elle aurait laissé carte blanche
À sa plume, avide de mains agrippant de rondes hanches,
De peaux à peaux enfiévrés, sans discours,
De souffles courts...
Seule dans la paisible obscurité,
Des chatouillis auraient probablement secoué
Son ventre...
Lorsqu'elle écrit, cela rarement la déconcentre...
Mais, lorsque sa plume dans son plumier repose,
C'est tout autre chose !
Car alors elle éteint toutes les lumières
Avec pour seule envie, celle de quitter terre...
Et puisque tu es là, au creux du lit,
Même si pour l'heure profondément assoupi,
N'a pas à se livrer aux solitaires plaisirs
Pour satisfaire son impétueux désir :
N'a qu'à t'éveiller en douceur,
Et prend ce rôle très à cœur...
Elle sait se faufiler sous les draps
Sans faire ni vent ni éclat...
Et puis... Elle connaît ces câlineries
Qui susurrent ses envies
Et te font cueillir, alors qu'anéanti de paresse,
En ta paume l'une de ses fesses...
Elle maîtrise parfaitement, pour s'accoler à toi, les mouvements de la reptation,
Ses contractions, flexions, extensions.
Ne lui reste plus là qu'à se reculer, tout contre ton bas-ventre :
Sens comme indécemment elle se presse ! Diantre !
Bien sûr, tu vas t'agiter dans ton sommeil,
Ne dormant déjà plus sur tes deux oreilles.
Alors subtilement elle va recommencer,
Cherchant déloyalement à t'allumer,
Des bras de Morphée à te sortir
Au mépris de ton besoin de dormir.
Cambrant ses reins,
Se retournant pour se blottir et te frôler de ses seins,
Poussant même peut-être un léger soupir,
Qui te fera enfin frémir...
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