Légèretés sur l'oreiller
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Écrit par Plume Légère
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Lundi, 31 Mai 2010 21:58 |
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Se saisir, du bout des doigts, d'une allumette,
De son corps long, rigide au bout turgescent.
En frictionner doucement la tête,
Pour en faire jaillir quelques étincelles, mignonnement.
Ressentir parfois un picotement,
Une brûlure enivrante, potentiellement dangereuse...
L'apaiser en un instant
Sous le filet d'une eau joyeuse.
Et puis, recommencer, encore,
Frottant cette fois plus fort, plus efficacement.
Lui embraser l'extrémité puis le corps
Comme le ferait une maîtresse de son amant...
Prendre plaisir à jouer, inconsidérément.
Chauffer, animer, tisonner, soi-même enflammer,
Pensant que le brasier s'étouffera bien à temps ;
Vouloir s'assurer que l'on sait encore attiser, se rassurer.
Au risque de s'en mordre peut-être plus tard les doigts de douleur,
Ne plus retenir l'échauffement.
Ou bien tenter d'oublier jusque la chaude lueur
Et souffler puissamment ?
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Écrit par Plume Légère
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Jeudi, 15 Avril 2010 14:23 |
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Tout en elle étonne ?
Rien en elle pourtant n'impressionne !
Tantôt polissonne,
Avec bonhomie elle fredonne,
Chantonne,
Ronronne,
Griffonne ;
Tantôt poltronne,
Elle se cloisonne,
Devient grognonne,
Se bâillonne,
Se sermonne,
Et craint de passer pour une vulgaire "cochonne"...
Pourtant, si les mots elle collectionne,
Ne croyez ni que les hommes elle additionne,
Ni qu'à tous elle s'abandonne !
Il en est, oui, qu'elle affectionne :
Devant eux d'ailleurs elle se sent très brouillonne !
La vie parfois nous conditionne,
À un seul rôle nous cantonne,
Elle nous empoisonne,
Nous emprisonne.
La Plume peu à peu se dégoudronne,
Se déchiffonne,
Déraisonne
Et se passionne,
Folichonne...
Un nouveau visage elle se façonne,
Perfectionne,
Pomponne.
Son corps elle savonne,
Frictionne,
Enjuponne.
Elle-même cela désarçonne
Tant avec la femme qu'elle croyait être cela détonne !
Elle ne rêve à présent que de vents qui tourbillonnent,
De bras où elle se pelotonne,
De sourires qui rayonnent,
D'une vie que de bleu l'on badigeonne
Et, qu'à l'envi, on citronne...
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Écrit par Plume Légère
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Dimanche, 11 Avril 2010 01:31 |
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Avant tout pour Vous,
Mon ami sioux ...
Vous êtes là, face à moi.
Un peu gauche, maladroit.
Désarroi ? Effroi ?
Un je-ne-sais-quoi
Vous garde coi.
Palpable est déjà mon émoi.
Elles ne vous ont appris la tendresse,
Vos maîtresses vengeresses.
Pour vous l'amour ce n'est plus que coups sur les fesses,
Châtiments qui les corps blessent...
Je vous avoue que cette rudesse
Entrevue par la pensée m'oppresse...
Je vous entends de moi rire,
Avec vos amis médire.
Sans doute "petite fille" est un surnom qui me va à ravir...
Il n'empêche que, pour l'heure, vous me laissez agir,
Animé d'un inhabituel désir :
Celui qu'une femme vous fasse frémir.
Oh, je ne suis pas plus que vous à l'aise :
Il n'est point dans mes us de sauter au cou d'inconnus, ne vous déplaise !
Pourtant, jeune ignorant, il faut bien que l'on vous déniaise,
Que l'on attise en vous quelques braises...
Tenez, asseyez-vous donc sur cette chaise !
Et fermez les yeux, que tendrement je vous baise !
Permettez-vous que je me blottisse sur vos genoux ?
Sentez, de mes mains j'enlace votre cou...
Allons, pourquoi reculez-vous ?
Vous verrez, ce ne sera qu'un gentil bisou,
N'ayez crainte du tout !
Je le dépose sur votre joue...
Vous ne piquez point, vous me l'aviez bien dit !
Pourquoi alors mon épiderme a-t-il frémi ?
Votre peau, douce à l'envi,
A éveillé ma coquinerie...
Ne me repoussez point mon ami,
Qu'avec vous je partage mon envie !
Mes lèvres se posent tout près des vôtres, à leur commissure,
Se font plus audacieuses, partent à l'aventure...
Est-ce maintenant la chaleur de votre souffle ? Je tressaille, comme sous la brûlure.
Votre sourire, que je devine carnassier, s'étale sur votre figure :
Qu'est-ce donc ? Y a-t-il là de quoi offenser la censure ?
Ou diable est le piquant, la morsure ?
Tandis que vous vous apprêtez à me morigéner,
Peut-être même pour mon effronterie à me fesser,
Ma langue, que moi plus hardie, pointe le bout de son nez
Et entreprend votre lèvre inférieure de lécher,
De ses contours savamment dessiner.
Avouez que vous ne vous y attendiez !
Elle prend son élan,
Et va, votre lippe humectant,
D'une extrémité à l'autre s'étirant.
Ma bouche de la vôtre se saisit alors, l'aspirant,
L'entrouvrant,
Découvrant de félin vos dents.
Ma langue je ne peux réfréner décidément,
À croire qu'elle possède une vie propre, assurément !
La voilà qui plonge, la vôtre cherchant,
La trouvant, la titillant,
L'enroulant, la caressant,
La goûtant, l'effleurant.
Elle vous vole un baiser voyou,
Vous lèche à en rendre mon corps fou...
Et vous... Vous...
Vous êtes un dur-à-cuire, vous,
Pourquoi de vous laisser attendrir refusez-vous ?
Si c'est pour me mettre au défi, méfiez-vous !
Tenez, oyez-vous ce lascif refrain ?
Levons-nous et donnez-moi donc la main.
Ne soyez à présent trop puritain,
Osez m'étreindre, palpez mon popotin !
Nul doute que juchée sur mes talons fins
À bonne hauteur je serai pour annihiler votre dédain.
Contre vous alors je me plaquerai,
Et de mes lèvres votre cou j'embrasserai.
Je saurai me faire sensuelle à souhait,
Délicatement vous mordillerai.
Comme si d'un sucre d'orge il s'agissait,
Votre gorge je lécherai.
À petits coups répétés,
Votre encolure je viendrai bécoter.
Probablement vous sentirez
Mes jambes autour de votre cuisse se serrer,
Mon souffle votre peau câliner,
Mon trouble éclipser ma timidité...
Oh... Vous espériez de moi davantage ?
Vous attendiez que je m'ose à l'abordage ?
Souvenez-vous que dans nos gentils babillages,
Nous n'avions évoqué qu'un bisou, sans jamais l'imaginer volage...
Redevenons donc sages,
Comme des images !
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Écrit par Plume Légère
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Vendredi, 02 Avril 2010 20:05 |
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Aux abords, crânement debout, la vieille maisonnette.
Y vivait autrefois un grand-père fort charmant.
Non, elle ment !
Ses souvenirs éclipsent le présent :
Le rudimentaire logis a depuis été rasé net.
L'homme - paix à son âme ! - a lui aussi disparu,
Depuis bon nombre d'années.
Il sortait de son antre, sur sa canne appuyé,
À chaque récréation, pour trouver quelqu'un avec qui papoter.
Son nom elle ne se souvient pas l'avoir jamais su.
L'on pénètre alors dans la cour :
La continuité du grillage est rompue par un portail.
Combien de collégiens a-t-il vu revenir au bercail
Traînant derrière eux tout leur attirail,
Jeté en travers des épaules et si lourd ?
Les bâtiments sont toujours les mêmes :
Peu imposants - grande n'est point la ville -,
Relativement laids, le contraire à dire serait difficile !
Derrière les murs elle se retrouve, gamine docile, fragile.
Elle entend encore les indisciplinés proférer leurs anathèmes.
Ce soir, elle n'est point seule :
Il lui tient la main,
Lui emboîte le pas dans le chemin,
Cherche à savoir d'où elle vient.
Dans le lointain, un chat soudain feule.
Le château d'eau se dresse,
Témoin du temps qui passe,
Des générations qui se succèdent, sans vraiment laisser leur trace.
Le petit banc est à sa place,
Sur lequel se sont posées tant d'adolescentes fesses.
Il la serre dans ses bras,
L'assied sur ses genoux.
Sa nuque il voudrait mordiller, il devient à présent fou :
De la sentir si loin, il deviendrait malveillant loup-garou !
Revenue à elle, dans ses yeux elle comprend l'éclat...
Le banc sera le réceptable de leur passion.
Les lèvres se dévorent, se mordent,
Les langues se contorsionnent, en tout sens se tordent,
De désir les corps débordent.
Et tant pis si cela s'apparente aux yeux des voisins à de l'exhibition !
Il l'allonge sur le dos,
Ses yeux devinent les premières étoiles.
Il la dégraffe et sa poitrine dévoile
Sans un regard sur le chemisier et la couleur de son passepoil !
Silence, émotion, lueur lunaire, l'instant est beau...
S'ensuivront des baisers fougueux,
Des jeux de langues affolants,
Sur les seins blancs,
Par-delà les sous-vêtements...
La nuit n'appartiendra plus qu'à eux...
Lorsque sera redescendue la tension,
Elle mesurera,
Avec sourire et léger embarras,
L'écart entre la collégienne qu'elle fut là
Et la femme, animée d'ardentes pulsions...
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Écrit par Plume Légère
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Mercredi, 31 Mars 2010 15:10 |
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Partir.
Prendre son courage à deux mains,
Ne plus remettre à demain.
Fuir.
Prendre la mer,
Sans regarder en arrière.
Pâlir
De tant d'audace,
Soulever un coin de sa carapace.
Raffermir
Ses convictions,
Se dire que ce choix est le bon.
Frémir
Caressée par les embruns,
Étourdie par l'air marin.
Parvenir
Sur une île par les tempêtes tourmentée.
Dans une maisonnette se replier.
Sortir.
Chaque jour s'étourdir d'iode,
Seule sur les rochers que le vent érode.
Défaillir.
Sans doute une fois, ou deux, ou trois.
Hésiter avec effroi...
Engloutir,
Pour son salut,
Les tristesses d'un temps révolu.
Ouïr
À la nuit tombée, sous les bourrasques,
Les volets s'entrechoquer, fantasques.
S'ouvrir
A la vie d'ici,
Découvrir ces gens, petit à petit.
S'adoucir.
À aimer récidiver.
Tendresse, écoute, sensualité.
Maintenir
Son bras, sa main.
Avec lui faire un bout de chemin.
S'offrir.
Dans la chaumière,
Un feu dans l'âtre pour toute lumière.
Se blottir.
S'attendrir.
Cramoisir.
S'enhardir.
Agir.
Enfouir.
Aller et venir.
Gémir.
S'affolir.
Jouir...
Et partir.
Prendre son courage à deux mains,
Ne plus remettre à demain...

Photographie gentiment offerte par Zuzuhece... Pida Dakota ! 
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