Légèretés sur l'oreiller
Plic ploc
Écrit par Plume Légère   
Lundi, 26 Juillet 2010 15:06

Une poussière de pluie allait pleuvinant depuis le début de la soirée.
Remarquez bien que par chez elle on ne dit pas
Que la pluie se met à tambouriner,
Que l'averse détrempe à tout-va,
Que l'on court sous un déluge ou une ondée...
Non, en Bretagne, vous le savez ou pas,
De mots plus poétiques l'on décrit les intempéries mouillées !

La poudre de pluie virevoltait donc dans les airs,
Déposant de fines gouttelettes éphémères
Sur votre visage volontaire.

Elle restait là, debout, vous contemplant.
Noyée dans votre regard,
Par les éléments elle était aspergée gentiment.
Elle sentait bien que son cœur se faisait graduellement plus faiblard,
Elle éprouvait pour vous un tel élan...
À l'instant, elle vous en avait faire part,
Et n'osait plus bouger, vous guettant...

Vous l'aviez emmenée en forêt,
Pour être à l'abri des indiscrets.
Elle vous avait dit devoir vous avouer quelque secret.

Sous le couvert des chênes et des mélèzes,
Elle vous avait longuement promené, vous tenant par la main
Et n'osant se dévoiler, mal à l'aise.
Humant les aiguilles de pin
Que foulaient vos pieds tandis qu'elle ne prononçait que fadaises,
Vous vous sentiez bien.
En vous couvait même une délicieuse braise.

Le ciel s'était subitement obscurci.
Elle avait tressailli
Tandis que refouliez votre désir inassouvi.

Les mots étaient alors sortis par flots,
Leurs vagues se creusant et se fracassant dans le silence
Après avoir fait le gros dos.
Mer houleuse de sentiments intenses,
Femme à fleur de peau.
Elle vous avait crié son amour avec tant de violence
Qu'en étiez resté médusé et, pour tout dire, un peu nigaud.

Vous qui espériez faire votre déclaration,
Sentir contre vous son corps à l'abandon,
Et craigniez si fort d'entendre son "non" !

À bout de souffle, sans plus une once de courage,
Elle était là, sous la bruine, devant vous.
Puisque bretonne, la pluie ne la douchait point avec rage :
Elle n'était que trempée jusqu'aux os, c'est tout !
Déstabilisé par sa timidité et par l'exaltation qui sublimaient son visage,
Vous ne bougiez pas, le cœur battant comme un fou.
Pourtant combien rêviez d'aliéner au vôtre son corps sage !

Ce ne furent pourtant pas de la météorologie les aléas
Qui vous firent lui ouvrir les bras.
Juste l'envie de chérir ce petit bout de femme-là.

Sous les larmes des cieux,
Grelottant de froid
Mais dévoré par le même amoureux feu,
Vous vous teniez coi.
Vos deux mains se tendirent vers son minois,
Le câlinant tandis que plongiez tendrement en ses yeux
Qui passèrent, en une fraction de seconde, du désarroi à un doux émoi.

Mais cessons-là toute litote,
Et resituons cette forestière anecdote
Sous son climat : il tombait, non du crachin, mais des seaux de flotte !

C'est donc sous la pluie battante,
Que vos lèvres s'accolèrent en un baiser,
Que vos langues sans hésiter s'entremêlèrent, tourbillonnantes.
Un baiser enfiévré,
Qui la laissa pantelante
Et vous affamé
De ses chairs appétissantes.

L'attirant par le poignet au pied d'un if,
Vous restiez inconsciemment sensible au chant lascif
Des gouttes sur le feuillage arbustif.

Mélomane à vos heures perdues,
Vous aimiez écouter et extraire des objets d'harmonieux sons.
Nombre de femmes avaient diverti vos mains d'amateur féru,
Vous en aviez souvent tiré de jolies compositions.
À présent que vos ardeurs étaient toutes accaparées par l'ingénue
L'on ne vous entendait plus répéter vos chansons :
Plus ne faisait roucouler votre archet, qui ne se mouvait guère que dans votre main nue...

Cet instrument-ci,
Qui depuis quelques temps vous avait ébloui,
S'offrait à vous dans son dégoulinant étui.

Vous n'aviez jamais aimé les femmes-xylophones :
Sans caisse de résonance,
Elles étaient bien trop monotones
Et leurs lamelles alignées blessaient vos oreilles de leur dissonnance.
Vous en aviez enregistré à l'aide d'un gramophone
Mais vous étiez vite trouvé en errance :
Même à la réécoute, ne s'entendaient que des couinements atones.

Vos baguettes aviez alors testé sur des femmes-tambours :
La peau de leurs fesses résonnaient nuit et jour
Et sans doute auriez-vous pu trouver parmi elles l'amour...

Les femmes-flûtes, elles, ne retenaient pas votre attention :
Trop longilignes, sans jolies formes,
Elles n'assouvissaient pas votre besoin de palpation.
Elles semblaient, les unes et les autres, copies conformes,
Et leur musique manquait à vos oreilles de passion !
Vous préfériez que votre libido se rendorme
Plutôt que de vivre ces liaisons sans vibrations...

Oui, vous aviez joué de différents intruments,
Aucun ne vous convenant réellement.
Et voilà que surgissait celui-ci. Dans son fourreau ruisselant.

Un fourreau constitué d'un chemisier et d'une jupe.
Un fourreau qui, détrempé, épousait si bellement son corps
Qu'il vous aurait été impossible sur sa plastique d'être dupe.
Elle était femme-guitare, possédant ces atouts que les hommes adorent,
Ces formes arrondies, voluptueuses, qui leur esprit occupent.
Une femme-guitare, mais de celles dont on joue avec les doigts plutôt qu'avec un médiator,
Tandis que tout contre soi et du bout des lèvres leurs courbes l'on supe.

Vous la teniez serrée dans vos bras,
Les branches de l'if ne vous abritaient pas.
Vous aspiriez à pleine bouche les gouttes qui roulaient sur son visage las.

Elle grelottait, se blotissant intensément tout contre vous.
L'allongeant sur le tapis d'herbes et de mousse,
Vous aviez chassé de ses yeux les cheveux fous
Puis vous étiez étendu sur elle, sans une secousse,
Pour lui diffuser la chaleur de votre corps. Pas de tabou.
Elle ne tenta nul geste qui repousse,
Enserrant au contraire de ses bras votre cou.

Vos mains allaient, libérant sa table d'harmonie pulpeuse
De ses entraves, caressant ses éclisses ondulées et charmeuses.
Sous vous, elle était désormais nue et frileuse.

Elle avait ramené ses talons contre vos fesses,
Vous pressant contre elle à s'en écraser la poitrine.
Vous aviez beau l'étouffer de vos caresses,
Vous sentiez la chair de poule s'étendre sur sa peau fine :
Vos vêtements mouillés la glaçaient de leur humide indélicatesse.
En un bond, vous fûtes sur pieds, arrachant vos effets sous l'averse mutine
Avant de vous recoucher, de tout votre long, sur la pauvresse.

Vous vous étiez appuyé contre elle
Qu'elle sente la température monter, comme sourdant d'un vieux poêle :
Une chaleur paisible, engourdissante, sous le déluge presqu'irréelle.

Étonnamment, les intempéries n'avaient pas de prise sur votre désir :
Votre sexe, qui aurait dû, transi, se recroqueviller tel l'escargot dans sa coquille,
S'enorgueillissait, contre votre aine, de bouffir.
Il tressautait, rampait comme une anguille,
N'ayant de cesse de brandiller, deçà, delà, pour parvenir
À s'extirper d'entre vos cuisses. L'on eût dit une torpille,
Pointant naturellement vers sa cible de tir.

La demoiselle se mouvait sous vous,
Sous son fessier, pointait un caillou !
Vos deux corps, cherchant à s'accorder l'un à l'autre, n'étaient plus que doux remous.

Et tout trouva enfin sa place,
Le plus naturellement du monde.
Rejetée au loin, la roche qui agace
Les fesses endolories et furibondes,
Abrité le pénis vorace...
La pluie féconde
N'était, pour la symphonie à venir, que préface...

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A demi-mot...
Écrit par Plume Légère   
Lundi, 31 Mai 2010 23:29

Votre agréable organe fredonne en douceur ma ballade.
Bouche ! Vous le voulez savourer délicieusement, ce texte coquin,
Goûlument le fantasme goûter, presque impudiquement, le soir, le matin !
Tendrement le prononcer, lécher rythme sans hésitante saccade...

Saurez-vous le faire sans gémir, jouisseuse de menus plaisirs ?
Osez profiter pleinement des sonorités merveilleuses,
Douces sensations fort scandaleuses...
Et vous ne le regretterez, voulez-vous, Satyre ?

 
Jouer avec le feu
Écrit par Plume Légère   
Lundi, 31 Mai 2010 21:58

Se saisir, du bout des doigts, d'une allumette,
De son corps long, rigide au bout turgescent.
En frictionner doucement la tête,
Pour en faire jaillir quelques étincelles, mignonnement.

Ressentir parfois un picotement,
Une brûlure enivrante, potentiellement dangereuse...
L'apaiser en un instant
Sous le filet d'une eau joyeuse.

Et puis, recommencer, encore,
Frottant cette fois plus fort, plus efficacement.
Lui embraser l'extrémité puis le corps
Comme le ferait une maîtresse de son amant...

Prendre plaisir à jouer, inconsidérément.
Chauffer, animer, tisonner, soi-même enflammer,
Pensant que le brasier s'étouffera bien à temps ;
Vouloir s'assurer que l'on sait encore attiser, se rassurer.

Au risque de s'en mordre peut-être plus tard les doigts de douleur,
Ne plus retenir l'échauffement.
Ou bien tenter d'oublier jusque la chaude lueur
Et souffler puissamment ?

 
Pâlichonne ?
Écrit par Plume Légère   
Jeudi, 15 Avril 2010 14:23

Tout en elle étonne ?
Rien en elle pourtant n'impressionne !

Tantôt polissonne,
Avec bonhomie elle fredonne,
Chantonne,
Ronronne,
Griffonne ;
Tantôt poltronne,
Elle se cloisonne,
Devient grognonne,
Se bâillonne,
Se sermonne,
Et craint de passer pour une vulgaire "cochonne"...

Pourtant, si les mots elle collectionne,
Ne croyez ni que les hommes elle additionne,
Ni qu'à tous elle s'abandonne !
Il en est, oui, qu'elle affectionne :
Devant eux d'ailleurs elle se sent très brouillonne !

La vie parfois nous conditionne,
À un seul rôle nous cantonne,
Elle nous empoisonne,
Nous emprisonne.
La Plume peu à peu se dégoudronne,
Se déchiffonne,
Déraisonne
Et se passionne,
Folichonne...
Un nouveau visage elle se façonne,
Perfectionne,
Pomponne.
Son corps elle savonne,
Frictionne,
Enjuponne.
Elle-même cela désarçonne
Tant avec la femme qu'elle croyait être cela détonne !

Elle ne rêve à présent que de vents qui tourbillonnent,
De bras où elle se pelotonne,
De sourires qui rayonnent,
D'une vie que de bleu l'on badigeonne
Et, qu'à l'envi, on citronne...

 
Juste un bisou
Écrit par Plume Légère   
Dimanche, 11 Avril 2010 01:31

Avant tout pour Vous,
Mon ami sioux  ...

Vous êtes là, face à moi.
Un peu gauche, maladroit.
Désarroi ? Effroi ?
Un je-ne-sais-quoi
Vous garde coi.
Palpable est déjà mon émoi.

Elles ne vous ont appris la tendresse,
Vos maîtresses vengeresses.
Pour vous l'amour ce n'est plus que coups sur les fesses,
Châtiments qui les corps blessent...
Je vous avoue que cette rudesse
Entrevue par la pensée m'oppresse...

Je vous entends de moi rire,
Avec vos amis médire.
Sans doute "petite fille" est un surnom qui me va à ravir...
Il n'empêche que, pour l'heure, vous me laissez agir,
Animé d'un inhabituel désir :
Celui qu'une femme vous fasse frémir.

Oh, je ne suis pas plus que vous à l'aise :
Il n'est point dans mes us de sauter au cou d'inconnus, ne vous déplaise !
Pourtant, jeune ignorant, il faut bien que l'on vous déniaise,
Que l'on attise en vous quelques braises...
Tenez, asseyez-vous donc sur cette chaise !
Et fermez les yeux, que tendrement je vous baise !

Permettez-vous que je me blottisse sur vos genoux ?
Sentez, de mes mains j'enlace votre cou...
Allons, pourquoi reculez-vous ?
Vous verrez, ce ne sera qu'un gentil bisou,
N'ayez crainte du tout !
Je le dépose sur votre joue...

Vous ne piquez point, vous me l'aviez bien dit !
Pourquoi alors mon épiderme a-t-il frémi ?
Votre peau, douce à l'envi,
A éveillé ma coquinerie...
Ne me repoussez point mon ami,
Qu'avec vous je partage mon envie !

Mes lèvres se posent tout près des vôtres, à leur commissure,
Se font plus audacieuses, partent à l'aventure...
Est-ce maintenant la chaleur de votre souffle ? Je tressaille, comme sous la brûlure.
Votre sourire, que je devine carnassier, s'étale sur votre figure :
Qu'est-ce donc ? Y a-t-il là de quoi offenser la censure ?
Ou diable est le piquant, la morsure ?

Tandis que vous vous apprêtez à me morigéner,
Peut-être même pour mon effronterie à me fesser,
Ma langue, que moi plus hardie, pointe le bout de son nez
Et entreprend votre lèvre inférieure de lécher,
De ses contours savamment dessiner.
Avouez que vous ne vous y attendiez !

Elle prend son élan,
Et va, votre lippe humectant,
D'une extrémité à l'autre s'étirant.
Ma bouche de la vôtre se saisit alors, l'aspirant,
L'entrouvrant,
Découvrant de félin vos dents.

Ma langue je ne peux réfréner décidément,
À croire qu'elle possède une vie propre, assurément !
La voilà qui plonge, la vôtre cherchant,
La trouvant, la titillant,
L'enroulant, la caressant,
La goûtant, l'effleurant.

Elle vous vole un baiser voyou,
Vous lèche à en rendre mon corps fou...
Et vous... Vous...
Vous êtes un dur-à-cuire, vous,
Pourquoi de vous laisser attendrir refusez-vous ?
Si c'est pour me mettre au défi, méfiez-vous !

Tenez, oyez-vous ce lascif refrain ?
Levons-nous et donnez-moi donc la main.
Ne soyez à présent trop puritain,
Osez m'étreindre, palpez mon popotin !
Nul doute que juchée sur mes talons fins
À bonne hauteur je serai pour annihiler votre dédain.

Contre vous alors je me plaquerai,
Et de mes lèvres votre cou j'embrasserai.
Je saurai me faire sensuelle à souhait,
Délicatement vous mordillerai.
Comme si d'un sucre d'orge il s'agissait,
Votre gorge je lécherai.

À petits coups répétés,
Votre encolure je viendrai bécoter.
Probablement vous sentirez
Mes jambes autour de votre cuisse se serrer,
Mon souffle votre peau câliner,
Mon trouble éclipser ma timidité...

 

Oh... Vous espériez de moi davantage ?
Vous attendiez que je m'ose à l'abordage ?
Souvenez-vous que dans nos gentils babillages,
Nous n'avions évoqué qu'un bisou, sans jamais l'imaginer volage...
Redevenons donc sages,
Comme des images !

 
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