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A Marylou et son virtuel amant...
Elle rêvait, avec une pointe de tristesse,
De caresses, de tendresse.
Le temps se faufilait, trop vite, entre les mailles du filet :
A le contenir elle ne parvenait.
Elle se sentait à bout de souffle.
Alentour, comme en sa tête, grondait un terrible baroufle.
La course avait repris,
De nouveau elle se trouvait dans le wagon de queue, affaiblie.
Alors elle s'inventait des histoires
Qu'elle se racontait lorsque les paupières des autres se scellaient dans le noir.
Des histoires dans lesquelles elle n'avait qu'à choyer
Et à se laisser dorloter.
Dans ces calembredaines, parfois quand à son tour elle sombrait, anéantie,
S'aventurait une coquinerie.
Dans la petite mais si chérie réalité de son existence,
Elle riait ensuite de ces étranges transes.
Ce jour-là, tandis qu'elle pianotait sur son clavier,
D'en relater une elle avait décidé.
Elle n'était plus bien sûre de sa plume,
Les mots, leurs possibles agencements, attendaient fébrilement qu'elle les exhume.
Sans qu'elle s'en rende compte,
Ils se couchaient pourtant docilement sous ses doigts, sans nulle honte,
Dressant le tableau peu conventionnel
D'un homme et d'une femme qui s'adonneraient sous peu aux plaisirs charnels.
Rien de bien exaltant au demeurant,
Sauf si l'on considère que ces deux-là sont chacun derrière un écran...
La scène ne revêt-elle pas soudain un tout autre aspect,
Ne présente-t-elle point ainsi plus d'attraits ?
Les voilà donc par Internet l'un à l'autre lié
S'envoyant des mots d'amitié
En tout bien tout honneur,
Ouvrant peu à peu leur cœur.
Mais sur les touches d'un clavier,
Les doigts peuvent si facilement glisser...
Ainsi en est-il parfois des sujets de conversation,
Quand un interlocuteur use à bon escient d'un mot polisson...
C'est ce qui arriva :
L'homme fit quelque sous-entendu grivois !
Elle sourit, fine mouche,
Et répliqua du tac au tac, sans botter en touche.
Il n'était pas dans ses habitudes
De se montrer si peu prude.
Elle guetta alors la phrase suivante, un peu anxieuse.
De ce que l'on pouvait penser d'elle elle était si soucieuse...
Il était resté dans le même ton
Et l'on devinait aisément que son visage se fendait d'un large sourire fripon !
Les joues rosies mais se sachant à l'abri des regards curieux,
Elle choisit de pimenter le jeu...
Innocemment, ou presque !, elle lui demanda de patienter un instant :
Il faisait si lourd, elle se devait de changer de vêtements !
Peut-être d'ailleurs avait-il une suggestion à lui faire :
Que faudrait-il qu'elle porte pour lui plaire ?
L'estocade avait, sans qu'elle le sût, atteint sa cible :
Entre ses jambes il sentit une poussée incoercible !
Piqué au jeu, et bien qu'il l'eût préférée nue,
Il écrivit : "De dessous pour moi sois vêtue."
Nulle réponse. Elle ne réagit aucunement.
Il eût aimé effacer l'offense sur l'instant
- Il se sentait si maladroit.
Il ne le pouvait pas !
Le silence assourdit parfois, il le comprenait désormais.
A ses tympans une pulsation tonitruante résonnait,
Celle de son sang qui, pétri de peur,
Son corps traversait avec lenteur.
Sur ses lèvres une saveur douceâtre...
Sa lèvre mordillée laissait couler un mince filet rougeâtre
Il ne s'en apercevait pas, sur place il était figé.
Il ne voulait perdre cette jeune amitié !
Au bout de combien de temps
Sur son écran
Remarqua-t-il qu'un mot nouveau s'était affiché ?
Ses yeux se mirent à s'écarquiller.
"Voilà."
L'excitation, l'émoi,
Passé le soulagement de n'avoir point blessé.
Il était troublé !
Les lignes se mirent alors à défiler,
Décrivant sans artifice les sous-vêtements portés :
"Soutien-gorge noir d'ébène au toucher caressant,
Le charme de la broderie anglaise évoquant...
Fesses galbées dans culotte Saint-Tropez assortie,
Au laçage malicieux et sexy..."
Ses lèvres esquissèrent un sourire heureux,
Mais, ses inquiétudes envolées, il espérait désormais mieux...
Alors il se jeta à l'eau,
Et commença par lui demander la couleur de sa peau
Bien décidé à bannir toute pudibonderie.
Blanc était son teint, l'été cela lui causait bien des soucis !
Il regretta qu'elle n'eût de caméra près de son écran,
Le contraste noir sur blanc
Echauffant ses sens.
Déjà il était ensorcelé par des images qui le bousculaient de leur exubérance.
Il se sentit soudain à l'étroit :
Une petite bosse se devinait déjà
Entre ses jambes...
Bien moins qu'auparavant il se sentait ingambe !
Lui aussi avait la maison pour lui seul.
Il pouvait se laisser aller à profiter d'un petit amuse-gueule,
A cette heure, même le facteur ne passerait plus :
Nul ne le surprendrait, il n'aurait à se sentir confus.
Sa braguette il déboutonna,
Une main alors y glissa.
Il libéra son sexe, de ses gestes certain,
Ne mettant à son désir plus de frein.
Il osa même, de ses doigts libres,
Rompre le tranquille équilibre
Et tapoter qu'il eût aimé qu'elle se décrive,
Qu'elle se montrât même plus active...
Elle eut un étrange sourire.
Relèverait-elle le défi ou allait-elle s'enfuir ?
Il lui plaisait à penser
Qu'un homme par elle était émoustillé...
Elle choisit de prendre sur elle,
De mettre de côté sa pudeur originelle.
Elle allait se laisser porter par le jeu, par les sensations,
Quel mal y avait-il à partager des émotions ?
Elle lui peignit donc sa silhouette,
S'attardant sur les endroits qui généralement aux hommes font perdre la tête :
La naissance de sa gorge, dangereusement vallonnée,
Les seins, qui aimaient à être léchés...
Il l'interrompit :
Pouvait-elle, au fur et à mesure de la description de ce paysage joli,
Faire glisser ses mains sur sa peau
Et écrire les frissons, les chairs de poule si d'aventure ils la secouaient de bas en haut ?
Elle ferma les yeux,
Rappelant à sa mémoire ses traits malicieux.
Elle imagina que c'était les doigts virils qui enrobaient le sein droit :
Les siens caressèrent à travers le tissu le mamelon délicat...
Il lui demanda alors de reprendre là où elle en était.
Sa main sur l'arrondi du ventre glissait
Tandis que de l'autre elle pianotait sur le clavier.
Elle frôla le boxer ajusté...
Il ne perdit pas une miette du reste de sa narration,
Sans doute l'auriez-vous deviné sans hésitation.
Sa main allait et venait à une cadence douce et régulière,
Un film se déroulant, au fil de la discussion, derrière ses paupières.
Lorsqu'elle lui avoua
Que douceur et moiteur s'entrelaçaient sous ses doigts,
Poussant de petits soupirs d'aise,
Ce n'est pas qu'à la mode belge qu'il eût voulu lui faire une baise...
Il lui écrivit encore
Qu'il voulait qu'elle écoute son corps,
Qu'elle se fasse du bien
Sans rebrousser chemin.
Il lut encore, chamboulé,
Qu'elle s'immisçait dans son intimité,
Que l'accès en était glissant
Mais point périlleux pour autant !
Elle parla de ses allées et venues,
Décrivit les désirs qui animaient son corps nu...
Il avait accéléré le rythme de ses attouchements onaniques
Et son pénis saillait, secoué de tressaillements spasmodiques.
Il ne sut qu'après-coup
Qu'elle aussi était allée jusqu'au bout...
Le bas-ventre maculé de semence,
Il avait clos les yeux, goûtant au silence.
Lorsque sur l'écran il les rouvrit,
Sa jouissance à elle il découvrit :
L'humidité qui attendrissait son vagin,
La boule crépitante qui gonflait en son sein,
Son clitoris électrisé par les titillements...
Il lui semblait entendre dans son cou ses gémissements !
Il reçut alors en plein cœur le feu d'artifice
Qui explosait entre ses cuisses.
Le silence se fit alors, repu de contentement,
De part et d'autre des écrans.
De son côté à lui
S'afficha soudain un smiley aux joues rougies,
Clôturant la conversation : elle s'était enfuie.
Il sourit...
Elle enregistra son texte, sans le relire, volontairement.
C'était le premier à lui causer tant de tourments !
De banal lorsqu'elle en avait ébauché la trame un mois auparavant,
Il lui était devenu... troublant !
Elle y porta juste une dédicace ultime,
En hommage à une ode sublime.
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fais bon vivre en bretagne .. jolie c...
Aime la mélodie, apprend les accords,...
J'aurai effectivement dû faire preuve...
Vous me semblez bien hardi, Monsieur,...
Cette déclaration enivrante que vous ...