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Seule.
La nuit est tombée,
Nul homme à vos côtés.
Si seule.
Tout le jour avez souri,
Allumant des regards
Jusque très tard.
Aucun ne vous a suivie.
Vous êtes seule
Dans votre appartement si vide,
Aux murs d'un blanc morbide.
Si seule.
Ce soir,
Nulle âme
N'assouvira votre flamme,
À votre grand désespoir.
Non décidément, seule.
Le grand lit aux draps tirés
Vous donne la nausée.
Si seule !
À vos pieds laissez choir votre robe.
Vous dormez nue :
La pénombre et ses sons ténus
Seuls vous enrobent.
Alors allongée sur le dos,
Vous l'attendez,
De tout votre être l'appelez,
Le repos.
Comme vous le faites parfois,
Vous revivez le cours du jour mort.
Le souvenir d'un sourire carnassier vous réchauffe encore :
Croiser les yeux assortis avait provoqué votre émoi.
Vous vous retournez,
Adoptant sur le côté une position fœtale.
Les traits vous reviennent, ils n'avaient rien d'amical.
Juste une bête, de chairs assoiffée.
Sur le ventre à présent,
Vous vous remémorez le fulgurant désir
Qui votre bas-ventre avait fait gémir
Lorsqu'il vous avait regardé, gourmand.
Un désir indomptable
D'être sauvagement saillie...
Animale pour la première fois vous étiez sentie,
De toute luxure dans ses bras auriez été capable.
Par le poignet il vous aurait attrapée,
Conduite jusqu'aux toilettes,
Fait asseoir sur la lunette,
Et se serait débraguetté.
Sans rechigner, vous lui auriez fait une fellation,
Mais avant que de jouir
Il vous aurait retournée pour vous emplir,
Déclenchant en vous des sens l'explosion.
Il avançait droit sur vous
Et s'était arrêté à la table attenante,
Embrassant à pleine bouche une femme élégante
Tout en tenant fermement son cou.
Vous vous étiez sentie seule.
Votre ventre s'était replié sur votre désir,
Vous aviez eu l'envie de mourir.
Si seule.
Et maintenant vous êtes là,
Dans ce grand lit.
Dehors, depuis longtemps il fait nuit
Et vous ne dormez pas.
De penser à cet appétit sexuel non satisfait,
Vous voulez violemment faire l'amour.
Puisque n'avez aucun partenaire alentour,
Vous n'allez pouvoir compter que sur vous... et votre jouet.
Sous votre lit vous l'attrapez
Et le sortez de son étui.
Tout de verre durci,
Il est recouvert d'une spirale bleutée.
Il est froid dans votre main.
Une fraîcheur délicieuse,
Augure de sensations fabuleuses.
Il vous tarde de jouir enfin.
Mais vous ne vous hâtez pas.
Le saisissant inversement aux us,
Vous passez sa partie dodue sur votre Mont de Vénus,
Tendu à la caresse, déjà.
La vision du tableau que vous offrez
Aux ombres de la nuit
Est si...
Inconvenante, que vous en haletez.
Excitée par l'érotisme de la scène,
Vous fermez les yeux, plongeant en rêve dans le regard
De l'amant torride qu'avez croisé dans ce bar.
Il vous semble tenir en vos mains non votre compagnon de jeu, mais son membre, obscène...
Vous le faites ensuite glisser entre vos cuisses,
Frôlant de votre bouche intime les premières lèvres.
Des frissons vous parcourent, de fièvre :
La fraîcheur a disparu déjà, la chair de poule ne vous hérisse.
L'homme est-il sur vous
Qu'ainsi fondiez ?
Vous sentez son pénis qui voudrait un chemin se frayer...
Vous vient le rouge aux joues !
Vous remontez alors le jouet jusque vos tétons,
Pour les faire durcir et pointer.
La caresse n'est pas aussi électrique que celle par les mains d'un homme donnée,
Mais vous devez bien vous en contenter, non ?
Retournant votre objet,
Vous le laissez alors repartir à l'assaut
De votre antre si chaud
Et, pour la suite, aux aguets.
Vous le faites glisser, délicatement,
Le long de votre fente,
Ressentant les excroissances de sa spirale tourbillonnante.
Votre mouvement se fait plus lent.
Vous vous caressez sur sa longueur.
Un aller, sursautant à chaque boursouflure,
Un retour... Vous devinez de votre sexe l'enflure,
La douceur, la moiteur...
De l'extrémité de votre accessoire, vous jouez alors avec votre clitoris,
Avec vos petites lèvres, gourmandes et écartées.
Vous sentez à leur humidité combien elles sont affamées :
Le jouet glisse...
La sensation est... vertigineuse.
Vous ne sauriez la décrire en mots :
En-dessous de la vérité seraient vos propos !
Comment en effet traduire cette douceur onctueuse ?
Une introduction sensuelle coupe court à vos réflexions.
Comme si imprégné de miel,
Votre amant de verre à aller et venir excelle.
Ses attouchements se font plus profonds.
Vous êtes surprise de vous laisser aller à cette situation si... pornographique.
Vous n'aviez jamais manipulé cet objet seule,
Il n'a jusque-là servi, au cours d'ébats, que d'amuse-gueule.
Et vous voilà vous abandonnant à lui, complètement impudique...
Vous fermez à nouveau les yeux,
Pour ne plus penser à votre solitude.
Vous ne voyez plus le visage croisé dans la journée qu'avec inexactitude,
Mais, que de vous savoir seule, cela vaut tout de même mieux.
Sa silhouette est là,
Vous le sentez à nouveau entre vos cuisses.
Il se hisse, glisse, se visse et se dévisse dans votre calice,
Vous menant vers la jouissance pas à pas.
Rougissante, troublée, au bord de l'extase,
Vous accélérez une ultime fois le mouvement.
L'homme est félin, vous ne réfrénez votre rugissement
Tandis qu'un violent orgasme vous embrase...
Seule.
La nuit est bien avancée,
Nul homme à vos côtés.
Si seule.

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Appuyé contre le chambranle de porte
Des yeux rivés observent....