Sans plus rougir
Écrit par Plume Légère   
Mardi, 26 Avril 2011 22:21

Nous croiser,
Ici ou là,
Sans avoir rien provoqué.
Dans un extraordinaire fracas.

Le fruit du hasard
Puisque ne sommes ici que des pions.
Mais bien sûr, nous reconnaître dès le premier regard,
Sans l'ombre d'une hésitation.

Oublier le lieu,
L'heure.
Juste nous deux
Et les palpitations de nos cœurs.

Que faire alors ?
Détourner la tête, faire semblant de ne pas te reconnaître,
Et sentir mes joues rougir de toutes leurs pores ?
Ce n'est plus la femme que je veux être !

Non, plonger littéralement dans tes yeux,
Bafouiller deux mots, même si inintelligibles,
M'approcher avec assurance, encore un peu,
Et soudain de ma bouche embrasser la tienne, amoureuse incorrigible...

Lécher ta lèvre supérieure,
Baiser tes commissures, la gauche, puis la droite,
Forcer le barrage de tes dents... Tu m'aides, tricheur !
Et te faire comprendre que c'est tout toi que je convoite...

Ma main derrière ta nuque, bien que je doute que tu recules,
Ma langue s'aventure, trouve la tienne
La caresse, gentiment mais possessivement la bouscule
Et la fait sienne.

Comme je ne suis pas manchote,
Mes cinq autres doigts glissent jusque ton entrejambe
Et envoient des informations détaillées à mon cerveau qui de tout cela déjà prend note :
Vigueur avant l'effort, comparaison de sa longueur à celles des tiges du crambe...

Je te veux
Et je tiens à ce que tu le saches.
Je veux faire de toi, mais soumise à ton plaisir, mon terrain de jeu.
Je veux surtout que de ma pudeur tu me déharnaches...

Un coup d'œil autour de nous :
Des femmes, des hommes, des enfants !
Et pourtant, jusque ce restaurant, les regards braqués sur nous,
Te conduire assurément, fermement.

Ne pas me démonter :
Tendre nos manteaux au serveur obséquieux,
Le lieu d'aisance lui demander de nous indiquer
Tandis qu'il nous préparera une table pour deux.

Riant comme des enfants,
Y courir, main dans la main.
Pénétrer chez les femmes, où l'espace est souvent plus blanc,
Et devenir ton amante, enfin.

Pas tout-à-fait... En fait, je rêve que tu...
Tes yeux, tes mains, ton assurance...
Peut-être même, sans vraiment me l'avouer, l'ai-je toujours su :
Je voudrais que tu... prennes l'ascendant lors de nos charnelles danses.

Être tienne.
Pour notre double émoi. À toi et moi.
Je ne veux plus de cette vie pondérée, raisonnable, vertueuse et saine,
Juste m'offrir à toi.

Je veux que tu me prennes en mains,
Que tu m'apprennes à assouvir ton plaisir.
Sois, dans nos ébats, mon suzerain,
Je me plierai à tes désirs.

Je ne te promets pas d'être docile,
Chaque fois que l'un de nous ôtera sa chemise !
Mais oui, lorsque ce sera possible et que tu en exprimeras le désir, de façon virile,
Accepter ce rôle de « soumise ».

Nous y voilà.
En imaginant l'endroit, l'on s'attendrait à découvrir un lieu sordide
Et je ne suis pas bien sûre de vouloir être là.
Je fais erreur. Ces toilettes propres, immaculées, à vrai dire m'intimident.

Je t'entraîne dans une cabine spacieuse
Et referme la porte sur nous, un peu indécise.
Je t'attire à moi. Ton regard luit d'une étincelle moqueuse
Tandis que sur la lunette abaissée, je suis assise.

Tu ne me crois pas capable de te faire l'amour ici...
Au quart de tour, je prends la mouche.
Ton sexe, que je viens de libérer sans avoir même réfléchi,
Se trouve juste à hauteur de ma bouche.

Tu souris.
Je ne veux pas une gâterie entreprendre :
Je veux que tu viennes toi-même la chercher, si tu en as envie...
Mais vas-tu comprendre ?

Tu relèves mon menton.
Tes yeux, de médusés deviennent interrogateurs.
J'habille mes pupilles d'une lueur de malice et baisse la tête en signe de soumission.
De mal interpréter mon attitude je devine que tu as peur.

Tu saisis mon visage entre tes deux mains,
Et je laisse la commissure de mes lèvres se relever.
Tu t'aventures alors à déboutonner mon chemisier, dévoilant mes seins.
Je ne quitte pas tes iris, déterminée.

Blancs.
Parfaitement adaptés à la taille de tes mains. Grandes.
Tu me dégrafes en les palpant.
Je sais que depuis toujours ils t'affriandent.

C'est tout naturellement que ton pénis, déjà érigé,
Vient se lover entre les deux
Et je gémis en pensant au tableau que nous devons former.
Tu te fais aller et venir dans ce doux creux.

Quelle image as-tu de moi en ce moment ?
Ne dis rien, je le sais :
Ravi de voir ton membre plonger voluptueusement.
Tu t'emplis les yeux de ma poitrine de lait.

Je devine ta peau qui dans mon vallon se tend,
Sa chair rose et lisse qui s'avance vers mon visage,
Glissant dans mon confortable encaissement.
L'on est si loin de l'image que tous doivent avoir de moi, petite fille sage...

Et puis... Tu t'approches de ma bouche.
Une décharge électrique, de mon dos à ma langue qui s'étire déjà vers toi.
Jamais encore ces mots à mon oreille, mais je ne veux pas paraître une sainte-nitouche.
Pourtant, ta voix rauque me trouble quand elle m'intime : « Suce-moi ! ».

Je t'effleure, du bout de la langue
Comme le ferait une petite fille qui découvrirait pour la première fois la gourmandise d'un sorbet.
Et je t'embouche, sans prendre le temps de prononcer une harangue :
Je ne suis de ton plaisir que le jouet.

Tu me pénètres, tu viens et tu vas,
Comme si ma bouche était mon sexe.
Tu t'enfonces profondément et je sais que tu aimes cela.
J'arrondis mes lèvres, sans complexe.

Je te sens gonflé de désir,
Rigide et si sensible à la fois.
Je me délecte de tes soupirs
Et de leur rythme qui croît.

Mais tu n'entends pas t'en tenir à cette posture :
Puisque de moi tu peux user selon le bon-vouloir de ta libido,
Tu voudrais admirer ma cambrure.
Tu te retires donc, m'aides à me relever et à te tourner le dos.

Tu écartes légèrement mes pieds,
Soulèves ma jupe et fais glisser, jusque sur mes chevilles, ma culotte.
Du bout des doigts tu t'assures de mon humidité
Et je ne peux retenir le mouvement de mon bassin qui voudrait que tu t'y frottes.

Tu me demandes ensuite d'appuyer les paumes de mes mains
Sur le couvercle des toilettes.
Je cambre les reins
À t'en faire perdre la tête.

Ton sexe vient se poser à l'orée de moi
Et ne bouge plus.
Et soudain tu plonges, parfaitement coi
Tandis qu'un cri par mes lèvres n'est pas retenu.

Tu m'agrippes par les hanches,
Me fouilles le ventre.
Une personne actionne de notre porte la clenche
Mais cela ne te déconcentre.

Tu m'emboutis,
Plus fort.
Je crie :
« Encore ! »

Sur la pointe des pieds pour te sentir mieux,
Je sens mes jambes qui flageolent.
L'une de tes mains caresse alors mon entrejambe mielleux :
Tu sais que ce geste, quand empalée, m'affole.

Je défaille, je jouis
Et te sens qui te contractes.
Tu te déverses en moi, conquis,
Une main avec le creux de mes reins en contact.

Nous ne restons pas longtemps dans la cabine après cela,
Juste le temps de nous rhabiller.
Tu tiens à ce que nous sortions ensemble, main dans la main et dans les yeux mille éclats.
Le regard du serveur est véritablement outré.

Il nous indique notre table
Et je lui décoche un sourire :
« Finalement, nous ne prendrons qu'un café et un jus de citron en terrasse, si cela est faisable.
C'est ce que mon homme désire. »



Commentaires (4)
  • Fred Sonal  - Foin des envies caméléons !

    Le rouge vous va si bien :blush:
    Que de l'enlever eu parût pêché !
    Pourtant ici il n'aurait été malin
    De vous laisser vous empourprer !

    La liberté de cette nouvelle galipette
    Rappelle le soleil et la tiédeur
    Qui font assortir à votre jolie jupette
    Vos non moins graciles pudeurs.

    Votre plume une nouvelle fois déliée
    Invite à vous témoigner bien des ardeurs !
    En votre compagnie je me vois déjà attablé,
    Les yeux emplis d'une bienheureuse lueur... :love:

  • Fred Sonal

    Et une mention spéciale pour la photo que je trouve une fois de plus magnifique !!! =)

  • Plume Légère

    Et merci pour cette mention !
    J'avoue ne pas croire en mon œil suffisamment
    Et hésiter bien souvent à publier mes modestes clichés.
    Envie pourtant, de ce côté-là aussi , d'oser :
    De concevoir une "galerie", pour ce site mieux achalander,
    Je me posais justement la question...

  • Plume Légère

    J'aime à voir
    Comme les hommes s'émeuvent toujours devant deux joues rosies.
    Mais cela le processus amplifie,
    Vous devez tous le savoir !

    Sans doute d'ailleurs en jouez-vous, gent masculine,
    Pour nous troubler davantage :
    Car souvent ensuite devenons moins sages,
    Comme fascinées, et jusqu'au fond de nos yeux allumons une lueur coquine...

    Parfois nous nous laissons alors par votre charme séduire...
    Que se passerait-il, vous et moi attablés ?
    Je ne serais à coup sûr point suffisamment effrontée
    Pour même un mot vous dire :blush: !

    Un bisou,
    De derrière mon écran,
    Pour vous, Fred, si charmant.
    Et merci encore pour vos mots si doux...

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