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Grisaille alentour,
N'incitant que fraîchement à l'amour.
Que n'es-tu là, lumineux...
Tu la mènerais sur la plage,
Ramasser galets et coquillages.
Riant à gorge déployée, tous deux,
Sous la pluie,
Vous vous embrasseriez à l'envi.
Au retour, tu allumerais un feu...
Elle ? Elle déposerait devant la cheminée les cailloux,
En tête l'idée d'un massage, voyou...
Elle aime se prendre aux jeux
De son imagination,
Même les plus fripons...
Elle va te conter sa vision, si tu le veux...
Repose ta tête sur ses genoux,
Elle s'efforcera de broder une scène qui ne soit trop floue.
Le décor est déjà planté, ferme les yeux :
Un canapé revêtu de lin,
Léché par les ombres dansantes d'un feu coquin ;
Elle et ses iris bleus,
Et son sourire,
Et ton désir...
Elle devine, tandis que ses doigts caressent tes cheveux,
Le sourire qui réhausse tes pommettes :
Sans doute as-tu déjà le tableau en tête !
Elle poursuit toutefois son murmure, car t'échauffer elle veut...
Dans son rêve, tu l'allonges devant l'âtre,
Dénudant avec dévotion ses seins d'albâtre.
Tu découvres, palpitantes, les veinules bleues
Qui sillonnent ses deux monts.
Émotion...
Tu fonds sur elle, à sa portée tu te contrôles si peu...
Tes lèvres se déposent sur sa peau,
L'embrassent, la lèchent, sans laisser échapper un mot.
Tu respires ce parfum que toi seul connais, ce parfum capiteux,
De femme
Pour lequel tu accepterais de te damner ad vitam aeternam...
Te moquant de ménager les boutonnières de son chemisier bleu,
Tu dévoiles son ventre.
Chut... Ravale tes mots de chantre,
Elle n'en veut.
Ôte-lui plutôt sa jupe
Et de l'aimer te préoccupes :
Les flatteries, les mots mielleux,
Ne sont pas pour elle,
Elle sait bien qu'elle n'a plus le corps d'une demoiselle...
Penche ton oreille jusque sa bouche, la démange un aveu :
Elle voudrait qu'un massage tu lui prodigues
Et que ton désir pour le moment tu endigues.
Attraperais-tu les galets près du feu
Pour les déposer à même sa peau ?
Tu les pourrais faire rouler sur son dos...
Elle gage que tu sauras les utiliser au mieux !
Et effectivement, le reste de son songe
Prouve qu'elle ne profère de mensonge :
Les mains ointes d'huiles essentielles de citron, tu te montres astucieux,
Faisant glisser les cailloux
De ses cuisses à ses genoux,
De ses genoux à ses pieds chatouilleux.
Tu traces des lignes, des huit,
À soupirer de bien-être tu l'invites.
Ses muscles se détendent peu à peu.
Allongée sur le ventre,
Sur ses sensations elle se concentre
Et formule intérieurement d'extravagants vœux.
Ses paupières vacillent
Tandis que, d'aise, ses globules échauffés frétillent.
Tu déposes alors les pierres chaudes, à la queue leu leu,
Le long de sa colonne vertébrale :
Elle ne respire plus, qu'elles ne bringuebalent.
En elle irradie un puissant feu.
Tu profites qu'elle ne puisse bouger
Pour descendre embrasser,
Sur son épaule, le grain de beauté qui depuis toujours t'émeut.
Elle frissonne
Et déjà s'abandonne,
Cachant son sourire dans le coussin bleu.
Tes mains glissent sur les hanches
Qu'elle a fort blanches
Et qui semblent rouler sous la caresse du feu.
Non, ce n'est pas qu'une illusion :
Ses fesses, attirées par tes doigts sont.
Elle se cambre, son postérieur aguichant tes yeux...
Le galbe parfait pour tes paumes.
Tu la marques d'une fessée, vive, et l'apaises, tel un baume,
En regardant affluer son sang, d'un rouge camaïeu.
Et, puisque son corps redevient sage,
Tu reprends ton massage,
Te faisant même plus audacieux...
Un galet dans chaque main,
Tu descends de ses épaules à ses reins
Et cesses soudain le franc-jeu :
La roche polie tu immisces
Sous ses cuisses,
La frottant contre son mont désireux...
Sa chaleur, présente encore,
Se répand doucettement dans son corps
Qui veut s'ouvrir en deux
L'absorber et se refermer
Pour en mieux profiter.
Voilà pourquoi il n'y a point de sauve-qui-peut :
Elle ne fait qu'écarter les jambes,
Guettant que de toi vienne le crépitement, l'étincelle qui flambe.
Il suffirait de peu...
Tu le sais.
À son souffle retenu, tu reconnais
Qu'il ne serait pas opportun de déclarer un cessez-le-feu.
Tu fais aller et venir la face du galet contre son sexe.
Que ne peux-tu voir ses sourcils, en accent circonflexe :
Sans doute aimerais-tu lire la surprise et même le trouble dans ses yeux !
Innocemment, tu poursuis ton petit bonhomme de chemin,
Présentant la tranche lisse à son vagin
Qui ne demandait pas mieux...
Au fil de tes attouchements, le bruit des vagues
Et son esprit qui divague,
Fiévreux :
Ne fait-elle pas l'amour avec la mer ?
Le galet, mouillé, ne semble pas bouleversé dans ses repères
Et luit, comme léché par l'océan sous un soleil lumineux.
Il plonge,
Roule, excite son clitoris et l'allonge
Tandis qu'elle se déploie, déferle pour le sucer mieux...
Allons, cesse !
Agrippe-toi à ses fesses
Et présente-lui enfin ton boutefeu...
Te sentir glisser
Sans hésiter,
Voilà ce qu'à présent elle veut.
À ses poudres,
Avec la folle envie, toute la nuit, d'en découdre,
Mets le feu !
Et puis, fais-toi acrobate,
Et légèrement phallocrate :
Étends-toi sous son corps voluptueux
Les mains derrière la nuque, que ce soit elle qui te régale.
Observe son visage pendant que sur toi elle s'empale :
Ses joues rougissantes, ses pupilles qui s'agrandissent, noyant de ses iris le bleu...
Perds-y-toi,
Sens monter ton émoi,
À petit feu.
Elle prend en main les opérations...
Ou plutôt non, juste ton membre, qu'elle fait pénétrer et sortir à reculons,
Comme s'il s'agissait d'un jeu.
Elle se frotte, va, vient,
Se retient,
Sourde à celui qui réclame son dû, son bas-ventre furieux.
Et soudain, tout s'accélère :
Un gémissement se fraie un passage à l'air
Et éclate, impétueux.
Ses seins s'agitent sous ton nez,
Par la langue des flammes flattés :
De les aspirer du bout des lèvres t'empêcher tu ne peux.
Ce sont alors tes doigts qui entrent dans la danse,
Enserrant ses hanches sans défense.
Vos appétits libidineux
Se répondent,
Vos corps se confondent.
Elle se mord la lèvre, la suçote un peu,
Ne réfrène plus ses soupirs
Qui déchaînent ton désir.
À ce moment précis, tu t'immerges dans son regard charbonneux.
Un ulitme roulement de hanches,
Et toi, comme une avalanche,
Et elle, et son cri dans la nuit, bestial et amoureux...
Mais tout n'est que grisaille alentour,
N'incitant que fraîchement à l'amour...
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Cela montre bien que la grisaille alentour
n'est point à l'inspiration un obstacle,
quand l'envie se mélange avec les mots,
idées, images, messages, quelle spectacle !
Te pétrir les seins avec le savoir faire du boulanger,
Te couvrir de chaleur comme un incendie de forêt,
T'arroser le buisson pointu tel un pompier,
te faire crier, hurler de plaisir, sirène.
Voilà ce à quoi tes ricochets me mènent.