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Nous nous rencontrerons, cela est écrit,
Ou plutôt non, cela en souriant je l'écris !
Un après-midi tiédi
Ou une soirée alanguie.
Ou même un matin venteux et gris...
Qu'en sais-je, mon ami ?
Les mots coulent de mon encre bleuie
Mais rien de l'avenir ne m'a en fait jamais été prédit...
Je te reconnaîtrai, de cela sûre je suis,
Fussions-nous juste réunis
Par un concours de circonstances fortuit.
Je croiserai ton regard assombri,
Baisserai précipitamment le mien, les joues rougies.
Je devinerai le sourire qui, sur ton visage, s'élargit
Et il est probable que je le guetterai en catimini...
Dans mes yeux plonge alors et intime-moi de sombrer aussi !
Il nous faudra bien dès lors nous souhaiter le bonjour, entre amis !
Je m'avancerai, sur les lèvres un baiser indécis :
Il ne saura où se déposer : sur tes joues, poli,
Ou sur ta bouche, plus hardi ?
Peut-être pour lui auras-tu choisi,
Détournant la tête puisque tu ne me trouveras plus si jolie,
Ou au contraire me saisissant pas la taille sans faire plus de chichis ?
Allons, laisse-moi à mes rêveries,
Et embrasse-moi, sois dégourdi !
Je ne sais si je serai d'agréable compagnie :
Saurai-je te charmer alors que je te leurrais dans mes poésies ?
Car ma conversation n'est pas que sexe et autres cajoleries,
Elle ne l'est même que très rarement dans la « vraie » vie...
Je me tairai, ce sera mieux ainsi.
Te laisserai te débrouiller, combler les blancs s'ils sont un souci.
Je crois pourtant deviner que tu te plairas dans cette absence de bruit...
Une bulle, un nid.
Un instant ravi
À la course du temps qui fuit.
Yeux dans les yeux, main dans la main... Amis ?
Mon œil, amis !
Avec ce tremblement que je ne parviens à réfréner qu'au prix d'efforts inouïs ?
Avec ces palpitations dans mon cœur qui bouillonne de vie ?
Avec, au fond du ventre, ces papillons, cette étrange envie ?
Est-ce cela, les amis,
M'aurait-on menti,
Raconté des inepties ?
Drôles d'amis, oui,
Qui, peau contre peau, s'étendent chimériquement chaque nuit,
Son ventre à elle sous sa main à lui.
Qui s'enlacent, s'embrassent aussi...
Qui se réveillent au petit matin, tout ébaubis
Que l'autre ne se soit enfui.
Qui s'étirent alors comme des chats que le soleil a assoupis
Et se cherchent, tous les sens déjà en appétit...
Mais soit, amis
Puisque tu le dis !
Alors, en amis,
Quand aurons un aperçu du goût de l'autre et que serons en vis-à-vis,
Mes désirs se feront sans doute plus précis
Et à te mieux connaître je m'ingénierai à l'envi.
Attends, laisse-moi un instant, je t'en prie :
Le temps je n'ai pas pris
D'imaginer le lieu de cette rêverie !
Voyons... Une forêt, une plage ? Tout à l'heure le mot "fortuit"
Ma plume a inscrit :
Ce serait peu réaliste que nous rencontrions ainsi !
Réfléchissons... Tu ne m'aides pas beaucoup, tu es pourtant concerné aussi !
Où croise-t-on ceux que l'on connaît, sans rendez-vous leur avoir défini ?
En ville ! Dans les grandes surfaces aussi,
Mais les rues d'une ville pour nous je choisis !
De l'angle d'une venelle, tu aurais jailli,
Et puis...
Une œillade, le cœur qui s'emballe ; tu m'aurais souri.
À si peu de choses tient parfois le cours de la vie !
Autour de nous déambuleraient des badauds, peu enclins à la sympathie :
Nombreux, pressés, semblables à une colonie de fourmis :
Mêmes habits,
Mêmes soucis,
Même petite vie.
Au milieu donc, nous. Nous embrassant sous les regards offusqués plein de pudibonderie.
Nous mangeant des yeux, des doigts, et des bouches aussi !
Dans notre bulle, comme un nid.
Instant ravi
À la course du temps qui fuit.
Et puis...
Une envie.
Dans tes yeux une lueur qui resplendit.
Sur mes lèvres : "Oui..."
Oh, rien de bien méchant : juste une envie entre amis !
Nos mains qui s'entrelacent... Vision fugace d'un emboîtement précis !
Alors courir, vite, en quête d'un abri,
Loin des indiscrets, des aigris.
Bousculer avec fougue une mamie,
Nous excuser, les pieds battant toujours les pavés, de désir étourdis.
Voir remonter dans ses yeux sa jeunesse enfouie.
Parcourir au galop le dédale des ruelles, excités à l'envi.
Hésiter : sous ce porche, dans ce jardin public, non, oui ?
Et si quelqu'un venait à passer par ici ?
Plus loin, viens, vite ! Si envie...
Et puis...
Regarde ! On ne viendra jamais nous débusquer, si ?
Impasse retirée, maison à vendre... On essaie d'entrer, dis ?
Faire le tour de la propriété, à grand bruit
Pour s'assurer que tout est désert, sans vie.
Passer le petit muret qui ouvre sur un jardin de pissenlits
Et trouver cette porte, dont le pêne d'autres avant nous ont détruit.
Frapper, tout de même, puisque nous sommes polis.
Entrer à pas de souris,
Repérer sur les murs des tags obscènes, trop précis.
Des canettes vidées, jetées à même le sol défraîchi.
Un squat... Comment être sûrs que nous ne serons pas pris ?
S'engouffrer dans les escaliers, de poussière ternis :
Longtemps que nul n'est venu ici !
Oublier notre appétit ?
Redescendre dans la rue ? Que nenni !
Une chambre, là. Les restes brisés d'un lit,
Et une table, encore debout, recouverte d'un innommable embrouillamini.
Une odeur de citron vert fraîchement coupé, un souvenir chéri.
Le même effet qu'à l'homme qui cherchait le temps perdu une madeleine fit...
Je la sens déjà d'ici...
Alors de toute crainte d'être surpris
Nous ferons fi.
Avec précipitation, tu pousseras de la table, étonnamment solide, le fouillis,
Et me bousculeras dessus, m'accompagnant d'un baiser... Oui, bien sûr, un baiser d'ami !
Nos lèvres accolées, vissées, parfaitement unies.
Difficile de nous activer, l'espace entre nos deux corps sera si réduit !
Ta main gauche me servira d'oreiller, d'appui,
Tandis que la droite palpera, par-dessus le tissu, mes seins, gorgés de vie,
Puis se glissera sous ma jupe... Chipie !
Tes doigts remonteront le long de ma cuisse... Frissons garantis !
En me déhanchant, je t'aiderai à retirer ma culotte sexy :
À tes pieds elle tombera, par les toiles d'araignées salie.
Alors je me débattrai avec l'envie
De prendre le dessus : tu sais que j'aime te deviner par mon audace ébahi...
Je me redresserai donc, dégourdie,
Le temps d'ouvrir ta chemise, pour être un instant, tout contre ta poitrine blottie.
Une obsession alors en mon esprit, une lubie :
Défaire la boucle de ta ceinture, mon ami !
Oh, tu essaieras bien de lécher voire mordiller mes tétons, de leur écrin par l'excitation affranchis :
Je sais que de ma peau citronnée tu es épris.
Mais ce ne sera pas ton heure, laisse-moi jouer aussi !
Ayant de nouveau sur le sol mes deux pieds établis,
Je ferai tomber ton pantalon, sans me soucier de lui faire un faux pli.
Je devine que tu tenteras de t'immiscer : ma jambe sera saisie,
Posée sur tes reins, ouvrant la porte à ton sexe raidi...
Évidemment, humide, brûlant, sera mon nid,
Et, si tu veux tout savoir, j'espèrerai intimement tes assauts avec frénésie...
Mais non, non, non ! Mes yeux fixés sur les tiens, te faire comprendre : "Pas tout de suite, pas ainsi..."
De mes mains alors parcourir ton dos, ton fessier au galbe exquis,
Descendre le long de ton corps en te caressant de ma poitrine rebondie,
T'éveiller de ma chaleur infinie...
Te regarder encore, avec une étincelle de défi,
M'agenouiller à tes pieds... Je te souris,
M'installe à hauteur de ton pénis durci,
T'effleure de ma langue, te laisse sur une faim inassouvie
Avant que de t'engloutir, te sucer, te lécher, mes yeux dans les tiens, agrandis.
Dans ma bouche, je te sens qui enfles, forcis.
Tu soupires, fermes les yeux : je te pince la cuisse que tu les rouvres sur l'impudeur de ma gâterie.
Tes mains cherchent à s'agripper, empoignent mes cheveux avec une force inouïe.
Je vais et je viens, lentement, voluptueusement. Tu es à ma merci...
Erreur ! Que ton plaisir monte tu as senti
Et tu n'y tiens plus : tu me relèves, m'assieds sur la table sans me demander mon avis
Et me pénètres. La position est si parfaite... Notre place, l'un dans l'autre, mon ami !
De perdre du temps, ni l'un ni l'autre n'a alors plus envie :
Un tangage, un doux roulis ;
Tu vas, tu viens, tu t'arrêtes, t'enfonces davantage, me remplis ;
Tes mains caressent mes cuisses qui se referment sur toi. Gémissements, cris.
Tes mouvements se font plus rapides, cadençant de mes soupirs la mélodie.
Et puis, à ton oreille amie,
Un "Viens, mon chéri"...
Tu jouis.
En moi, de moi ; et je te suis.
Mes bras serrent ton cou, mes lèvres te murmurent une série de "Oui..."
Paradis.
Nous restons là, sans bruit,
Savourant l'accalmie...

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Merci pour ce doux moment ... enfin doux , je me comprends ...