Libertinage
Écrit par Plume Légère   
Vendredi, 18 Septembre 2009 15:00
Pour les épris de liberté, dans le consentement et le respect...


Elle les imaginait tous deux,
Les yeux rivés à leur écran,
Lui sortant de son bain, les fesses à l'air,
Elle se préparant à le masser de divine manière.
En découvrant quels amants ils étaient vraiment,
Se déconnecterait-elle ou écarquillerait-elle les yeux ?

Comment décrire ce qu'à lire le mot "libertins" elle avait ressenti ?
De la surprise, assurément,
Car elle les connaissait somme toute encore assez peu :
L'aveu à cet instant était pour le moins curieux.
Il lui semblait que les "coming-out" se faisaient auprès de parents tolérants
Ou entre proches amis à qui l'on se confie.

Mais ils s'en étaient ouverts à elle, en toute spontanéité,
Sans crainte du "qu'en dira-t-elle ?",
Sans faire plus de chichis.
Elle avait souri, sans doute aussi rougi...
Non d'embarras, assurait-elle,
Mais bien parce qu'émoustillée...

Elle y avait vu le signe qu'on lui accordait de l'amitié,
Qu'on lui témoignait de la confiance
Et elle s'en était réjouie.
Pour eux elle ressentait de la sympathie,
Appréciant leur faculté de la vie à tirer jouissance.
En fait, cette révélation ne l'avait qu'à peine étonnée !

Au creux du lit, l'idée en couple plus tard ils avaient "débattue".
Le mot est trop fort puisqu'ils partageaient la même vision :
Tous deux comprenaient le goût que l'on pouvait éprouver
Mais reconnaissaient de l'autre ne point se lasser.
Toutefois, rien que cette évocation
Avait enflammé de leur nuit le début...

Depuis lors, l'idée en elle faisait son chemin.
Car même si elle reconnaissait ne pas être adepte du "dévergondage",
Ne serait-ce que parce que la jalousie la tenaillait,
A donner libre cours à ses pensées elle s'autorisait,
Sans ambages.
Déjà l'envie de conter sur le clavier faisait courir ses mains...

Devant ses yeux, deux couples se rencontraient pour la première fois.
Le premier, aguerri à ce genre de pratique,
Accueillait en sa demeure le second, bien plus poltron.
L'on devisait de choses et d'autres, un peu empruntés, en sirotant dans le salon,
Puis l'on passa à la cuisine où chacun s'arma, qui d'un couteau, qui d'une louche, qui d'une manique.
L'esprit de convivialité alors opéra !

A table, les langues se délièrent.
Le bon vin rosissait les joues,
Faisait briller les yeux.
Sans qu'on le remarque se mit en branle le jeu amoureux,
Par des jeux de mots filous,
Des frôlements débonnaires.

Lorsque les desserts furent apportés par la maîtresse de maison,
Il fallut échanger les cuillères :
L'on se faisait savourer les sucreries,
L'on léchait les crèmes du bout de la langue, ravi.
Les rires fusaient dans l'air,
Tous étaient au diapason.

Subitement, la propriétaire des lieux se pencha sur sa voisine :
A la commissure de ses lèvres perlait une goutte de fruit, qui allait tomber !
Elle la recueillit du bout de la langue, avec grande précision.
Après un léger recul de stupéfaction,
Car elle avait cru à un baiser,
La seconde femme rit d'elle-même et de sa pudeur crétine.

C'était la première fois
Qu'elle sentait contre les siennes les lèvres d'une femme.
Aucun poil de moustache ne pointait sur l'empreinte de l'ange,
Cela procurait une sensation étrange !
Les hommes ne quittaient pas du regard les dames,
Soudain parfaitement cois.

La libertine avérée crut distinguer une autre coulure,
Aussi voulut-elle à son tour la lécher.
Sa langue parcourut, pour plus de sûreté, toute la bouche.
Frissonnante comme si sur son épaule eut couru une mouche,
L'ingénue trouva si bon ce contact léger
Qu'elle répondit à la caresse sans censure.

Elle desserra les dents
Laissant poindre son organe rose et humide.
Les yeux dans ses yeux, sa partenaire l'aspira,
Le happa, autour de lui le sien entortilla.
Un peu haletante, la jeune novice priait pour qu'on la débride,
Son chemisier soudain dégrafant.

Les hommes n'en menaient pas large :
Qui eût parié, après tant d'aveux pudibonds,
Sur un tel spectacle dès le premier soir ?
L'amant chevronné fit signe à son nouvel ami de se mieux asseoir,
Et de débraguetter son pantalon :
Il savait que pour leur membre il fallait laisser de la marge !

La connaisseuse, versée dans l'art de la bagatelle,
Ne craignait plus que face à elle on s'effarouche.
Décidée, elle arracha de l'autre demoiselle le vêtement,
Soupesant les seins lourds et tout blancs.
Elle les eût bien conduits sous la douche,
Mais son homme, si bien installé, n'aurait alors pu se repaître des caresses femelles...

Elle guida donc sa congénère
Vers la desserte en bois massif,
Heureusement vierge de tout ustensile.
La jupe de sa protégée elle souleva d'un geste habile :
Une fine soierie apparut devant ses yeux admiratifs.
Pourtant elle ne se laissa point troubler et ordonna que le tissu on jette à terre.

Une toison, qui jouait encore les timides,
Qui pourtant semblait déjà animée d'un mouvement oscillatoire,
Aux yeux de tous alors apparut,
Triangle attirant, lové entre deux cuisses nues.
Notre initiée sur la table de service l'exhorta à s'asseoir
Et, se penchant, la lécha d'un grand coup de langue humide.

Elle réalisa soudain
Qu'en besogne un peu vite elle était allée :
La vue de ces messieurs aurait été bien plus agréable
S'ils avaient pu mater ses formes aimables !
Se redressant elle laissa d'un déhanchement tomber à ses pieds
La robe sous laquelle elle ne portait jamais rien.

D'une main, le sexe de son apprentie elle caressa,
De l'autre le sien.
Ce dernier n'était point encore moite,
Il fallait que davantage son esprit convoite...
Aussi se concentra-t-elle sur les halètements de petit chien
Que faisait accélérer la curiosité de ses doigts.

L'un d'entre eux, téméraire,
Ecartait en effet
Les lèvres qui sous les cajoleries s'entrebâillaient impudiquement.
Dans la fente il plongea brusquement,
Allant et venant, jugeant de son effet
A l'humidité qui parait le bouton désormais découvert.

A genoux alors elle se tint,
Pour être plus à son aise, plus efficace aussi.
Sa bouche parvenait à la hauteur du bas-ventre affamé
Et elle s'employa à scrupuleusement le sucer.
Fermant les paupières elle devinait son amant, son mari,
Qui devait à présent tenir l'autre homme entre les mains...

Sa chaise de l'autre il avait sans doute rapprochée,
Pour pouvoir de sa verge gonflée se saisir.
Dans son dos probablement
Faisait-il en cet instant
Une paluche aller et venir,
La seconde dans son propre caleçon occupée.

Les choses se précipitèrent soudain :
La léchée, dont le clitoris aimait tant à être titillé,
Poussa un gémissement,
Si perçant que de tous il vrilla les tympans !
L'orgasme venait de la submerger,
Son plaisir n'était point feint !

Alors son homme ne put se contenir,
Etait-il un poil précoce ?
En jets saccadés, il montra de cette soirée sa délectation,
Eclaboussant son partenaire dans une grande confusion.
Rouge d'avoir été si véloce,
Il s'en voulait d'avoir joui sans rien offrir.

Les hôtes rassurèrent leurs invités :
Ils ne s'étaient pas si mal débrouillés, pour une première !
Mais, s'ils tenaient tant à se faire pardonner, après tout
Les jours suivants ils pourraient se rattrapper, sans tabou :
De sexe on n'avait jamais assez, ce n'était point légendaire,
Et ensemble, quand bon leur semblerait, l'on pourrait encore s'y adonner !


Ayant tapoté ces derniers mots sur son clavier,
A ce qui l'avait poussée sur un tel sentier elle songea.
Ses deux libertins alors elle aperçut,
Lisant sa petite histoire de cul :
Aurait-elle réussi à les mettre un peu en émoi,
Ou sa plume aurait-elle été, pour eux, trop timorée ?

La chute se voulait en tout cas suffisamment ouverte
Pour laisser place, plus tard, à d'autres sensuelles découvertes...

Commentaires (2)
  • Falmala

    Sublime belle plume,
    Tout une aventure en soit
    qui me met en émois

    Pour un envie de partage
    sans doute pas sage

    bises

  • Plume Légère

    Je n'avais pas perçu jusqu'ici le froufrou de vos jupons...
    Ravie de vous avoir procuré de l'émotion !
    Je m'étonne tout de même de vos mots fripons :
    La plume est toujours sage, voyons ! :blush:

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