Le Prince Charmant
Écrit par Plume Légère   
Mercredi, 20 Janvier 2010 01:00

Tu serais là.
Comme une midinette,
Je tremblerais des pieds à la tête
Sitôt que tes yeux se poseraient sur moi.

Je t'aurais attendu...
Guettant ta silhouette au détour des chemins,
Je priais que tu me trouves enfin,
Que tu t'aventures dans ma rue.

Je forçais parfois le destin, semant de petits cailloux blancs,
Allumant dans la nuit de grands feux chamaniques.
Je n'avais pas de doute : notre attirance serait électrique,
Nous rencontrer n'était plus qu'une question de temps.

Un regard profond, un seul,
Et je serais à ta merci :
Il suffirait qu'y transparaisse ton envie
Pour que près de toi je me couche telle, à l'arrêt devant un gibier, une épagneule...

Mais tu ne serais pas prêt
Et la raison m'enjoindrait de rester couarde.
Apeuré par je ne sais quel démon, tu te tiendrais sur tes gardes.
Je garderais donc de mon désir le secret.

L'hiver s'inviterait à notre porte :
Dans les cieux folâtreraient les flocons,
Soyeux comme du coton.
Tout alentour serait d'humeur accorte.

Tu m'attraperais soudain par la main,
M'affublerais d'un accoutrement bien chaud,
Immortaliserais ma joie juvénile sur une photo
Et me conduirais par-delà le jardin.

Dans la neige nos pas crisseraient,
Nul autre bruit nous n'entendrions :
Seuls au monde nous nous sentirions
Et alors je devinerais que par m'abandonner à toi je finirais.

Je gage que tu t'échapperais, pour me bombarder de blancs projectiles.
Lorsque trempée je serais, tu me rejoindrais en souriant.
Je te trouverais si craquant...
Je ne me jetterais pas sur tes lèvres, pourtant fébrile.

Alors dans une course effrénée
Tu m'entraînerais.
Mes joues rosiraient,
Mes paupières se plisseraient dans la blancheur immaculée.

Le pied peu sûr,
A ta main je me cramponnerais, peut-être plus fort que de raison.
Sentirais-je en retour une douce pression ?
En ma tête, comme une litanie : "Un signe, je t'adjure..."

Gourds, mes pieds en viendraient enfin à ne plus me porter.
Il me faudrait te demander grâce,
Espérant de chaque fibre de mon corps qu'un bon feu fasse fondre ta carapace.
Sur nos pas je te guiderais et nous reviendrions, soudain empruntés.

Dans l'âtre,
Tu amoncellerais des bûches,
Tandis que je mettrais à goutter nos manteaux à capuche.
C'est là que tu interromprais ta défense opiniâtre.

Je ne te demanderais rien,
Te laisserais me mener sur le canapé
Et t'allonger, la tête sur mes genoux posée.
Peut-être oserais-je frôler tes cheveux d'un câlin ?

Je goûterais le calme de l'instant,
Troublée par ton abandon, si intime,
Suppliant que ne me vienne un désir illégitime,
Que rien ne gâche notre doux attachement.

De la danse des flocons tu voudrais à nouveau t'étourdir,
Sans quitter notre cocon douillet.
Ouvrir la fenêtre dans le toit j'irais,
Que volettent les papillons blancs pour ton plaisir.

Lorsque je redescendrais,
La neige tomberait sur ma peau
Blanche au recto comme au verso.
Nue je serais.

Je n'aurais pas froid.
Je te donnerais à goûter de mes lèvres l'acidulée saveur,
Espérant que tu t'y attardes en fin connaisseur,
Et me blottirais contre toi.

Oubliant mes complexes, sans crainte,
Je t'aiderais à te dévêtir.
Et si tel est ton bon plaisir,
Je prendrais les choses en main, sans une plainte.

Nous n'aurions pas à parler,
Car je saurais déjà comment exciter ta convoitise.
Promets-moi juste que tu lâcherais définitivement prise,
Que je me sente libre de t'aimer.

Une touffe blanche sur ta poitrine
Viendrait se déposer.
Je tendrais le bout de ma langue pour la lécher,
Que tu n'attrapes pas une angine !

Une compétition entre la neige et moi alors s'engagerait :
Elle s'ingénierait à se coller sur ta peau,
Ne laissant à ma bouche aucun repos :
Tout ton corps de mes baisers je parsèmerais.

Tu serais secoué de tressaillements fugaces,
La chair de poule hérisserait ton épiderme :
Je saurais comprendre que ce n'est point le froid qui rend tes membres plus fermes
Et userais de plus d'audace.

Sur ton corps encore chaud,
Je viendrais m'étendre.
Sur ton cou, je poserais mes lèvres, tendre ;
Les flocons fondraient en se brûlant sur mon dos.

Fascinée par tes mains,
Que je devinerais pleines de tendresse,
Je serais tendue vers leur caresse,
Quémandant qu'elles tracent mes courbes comme si j'étais leur premier dessin...

Je les guiderais vers mon postérieur,
Un peu honteuse de ma crâne témérité,
Puis goûterais sans bouger notre peau à peau, collés-serrés,
Écoutant chavirer mon cœur et percevant les prémices de ta vigueur.

J'ondulerais discrètement,
Que mes mouvements soient à peine perceptibles
Malgré ma soif de toi, inextinguible,
Que de me convoiter tu aies aussi le temps.

Lentement je me redresserais, m'asseyant sur ton bas-ventre.
Mes seins t'effleureraient tout juste,
Mes mains glisseraient sur ton buste.
Il faudrait, pour ne pas te brusquer, que je me concentre...

Lors je m'emploierais à te caresser,
Que tu te détendes,
Que plus un muscle tu ne bandes
- Je te vois sourire... Cet appendice auquel tu penses n'est pas un muscle, coquin fieffé  !

Il serait possible,
Si je me sentais suffisamment en confiance
Et que je percevais que tu as pour moi une attirance,
Que j'offre à ta flèche ma bouche pour cible.

Pour cela, il me faudrait reculer,
Sur tes genoux asseoir mes fesses
Et user d'une infinie délicatesse
Pour de doux préliminaires te dédier.

Ton sexe je prendrais en bouche,
Le suçant quasi religieusement,
Prenant tout mon temps,
Que tu ne t'effarouches...

Ma langue te caresserait,
Mes pensées exhortant ton membre à se fermement raidir.
Je ne ralentirais qu'à l'orée de ton plaisir.
Mes lèvres de devoir s'arrêter gémiraient...

Je me redresserais, titubante de concupiscence
Et m'empalerais vivement, en un tour de main,
Sans même avoir à ondoyer du bassin.
Le seul fait de l'évoquer me met à l'instant en transes...

Les jambes repliées sous mon corps brûlant,
Je tanguerais, creusant les reins pour t'épouser au mieux.
Je ne m'essaierais à ce stade plus à freiner le jeu,
Ma libido, ardente, bâillonnerait mes scrupules hésitants.

J'irais et je viendrais,
Verticalement, lentement, amoureusement,
Sur ta verge dressée fièrement.
Le rythme de ton souffle j'écouterais.

Je savourerais ton corps, abandonné sous moi,
Irrésolue : fermer les yeux pour mieux ressentir la délicieuse sensation de ce contact
Ou les garder ouverts, pour contempler ton visage qui de plaisir se contracte ?
Sans doute alternerais-je les deux, comme un gourmet, tous les sens en émoi...

Je ne précipiterais rien,
A l'affût de tes désirs,
Les devinant juste au moment où ils naîtraient, et, dans un soupir,
Je te mènerais au plaisir, l'air de rien...

Commentaires (2)
  • pierre est le loup

    que dire pour ne pas gâcher ce charmant délire
    peut être, qu'il pourrait faire monter le désir
    donner envie de partager et se sentir
    se sentir porter vers des désirs

  • Plume Légère  - Il pourrait...

    Il pourrait faire monter le désir, dites-vous...
    Il ne tient donc qu'à ma plume de se faire plus légère encore
    Pour que vous éprouviez à la lire quelque transport.
    Soit. Pour le moment, j'aurai au moins vu le loup... :blush:

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