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Chacun, une plume à la main. Ta plume effleure juste mes lèvres, à m'en faire frissonner.
Chacun, notre plume à la main. Je tiens la mienne par le penne, entre le pouce et l'index. Je dessine distraitement de ses barbes le contour de ta bouche, sensuelle. Une seule idée en tête : je voudrais bien l'embrasser, là, maintenant. Mais je ne le ferai pas. Envie de faire monter le désir en toi. Lentement. Alors je continue d'esquisser son contour (je crois même que je pourrais le faire les yeux fermés à présent), à t'en chatouiller, jusque même cette sensation désagréable de picotement. Tu te pinces, tu te mords les lèvres : je voudrais tant en faire autant... Attraper entre mes dents ta lèvre inférieure, l'aspirer, la mordiller et puis, oui, la lécher. Du bout de la langue, à petits coups ; et puis, plus langoureusement, comme si elle était un sorbet au citron, fondant sous le soleil. Allons, non, pas tout de suite : cacher ce désir, attendre que le tien soit le plus fort...
Ma plume effleure ton cou, à t'en faire tressaillir.
Ta plume à toi, dans mon cou. Tu ne le sais pas encore, mais mon cou est l'un des points faibles de mon corps. Une zone très sensible. Érogène, oui. Une caresse, un baiser, le frôlement d'une langue me chavirent. Je m'efforce de contrôler mes tressaillements, que tu ne te sentes pas déjà en territoire conquis...
Avec ta plume, tu dessines un cœur sur mon visage, passant au-dessus de mes yeux, descendant sur le bout de mon nez.
Un cœur. Quelle mouche m'a piquée ? Je viens de tracer un cœur sur ton visage ! Drôle d'idée. Et puis, non, pourquoi pas ? Ce n'est qu'un jeu n'est-ce pas ? Alors oser, tout faire pour faire monter ta fièvre. Je guide ma plume au-dessus de tes yeux, n'osant même pas y plonger les miens. Je les ai juste croisés tout à l'heure, sans avoir bien le temps d'en saisir la nuance. Ils m'auraient happée. Ne pas m'y noyer. Non, moi, je ne nage plus dans ces eaux troubles qui baignent les iris : trop peur désormais que cela fasse ruisseler mon propre liquide lacrymal... Je redescends par les ailes de ton nez. Tes narines frémissent.
Avec ma plume, je dessine une drôle de flèche, remontant de ton cou vers ton front, en passant par tes oreilles, et descendant jusqu'au creux de tes seins.
Tiens, tu t'essaies aussi au dessin ? Dommage, je n'ai pas deviné ce que tu ébauchais. Je ferme les yeux et essaie de retrouver le parcours de ta plume sur mon corps : mon cou, mon front, le lobe de mes oreilles (que ne les as-tu portés à ta bouche...) et ma poitrine. Oh. J'étais restée plus sage que toi. Je suis sûre que j'ai les joues rouges, là. Tu vas te moquer...
M'approchant lentement mais sûrement, je touche tes lèvres avec ma plume, puis la ramène à moi, pour t'indiquer l'endroit où les poser. Je touche un coin de ma bouche, puis l'autre.
Oh fripouille ! Crois-tu que je n'aie pas compris ton petit manège à l'instant ? Ta plume sur mes lèvres, puis sur ta bouche... D'accord, tu veux jouer ! Cap' ou pas cap' ? Et bien, regarde... Je me penche vers toi, le sourire aux lèvres. Sur la réserve encore, je te veux à point... Alors, un premier bisou à la commissure de tes lèvres. Et un second, de l'autre côté. Comme une bise manquée, comme un baiser que j'aurais attendu que tu me voles. Tu n'as pas osé...
Tu embrasses légèrement, comme une bise trop rapprochée, touchant à peine mes lèvres avec les tiennes, d'un côté, puis de l'autre.
Te faire aller plus loin. Tu es bien trop sage mon ami. Alors de ma plume, je me caresse le front, le nez, le menton, et, longuement, les seins. Mon décolleté permet à ma plume de se faufiler, que sauras-tu faire de ta bouche, de ta langue peut-être ?
C'est ton tour. Fleuret moucheté. Tu touches ton front, ton nez, ton menton, puis tes seins. Je m'exécute. J'embrasse ton front, ton nez, passe juste au-dessus de ta bouche, ton menton, puis tes seins. On se rapproche encore un peu. On se touche, comme des plumes, se laissant aller...
Chenapan ! Pas une halte sur ma bouche, et un bisou, à peine, sur mes seins ! Attendrais-tu que ce soit moi qui ose vraiment franchir la limite, celle du point de non-retour ? Ou n'es-tu qu'un poltron ? À moins... À moins que je ne te plaise pas...Non, tu ne serais pas encore là sinon. J'opte pour la couardise alors ! Et je prends mon tour. Cette fois, je te montre mes dents et glisse la plume de mon cou à la pointe de mes seins, toujours trop bien cachés à mon goût. Goûte-moi, mordille-moi...
Faire monter le désir en toi, voilà mon intention. Faire l'impasse de ta bouche pour voir ton impatience. Mais cette fois-ci je change de rythme, d'intensité. Je presse mon visage sur tes seins, tout en te serrant la taille. Je soulève ton chemisier pour glisser mes mains sur ta peau. Puis l'ouvre, avec frénésie, pour libérer tes seins de leur voile. Je les tâte, les caresse, les embrasse, lèche et mordille. Puis je monte enfin vers ton cou, que je remplis de baisers. Me délectant de tes gémissements, je tends l'oreille pour entendre ta respiration, ton souffle, frôlant ton cou avec mes lèvres, le long de ta joue, en direction de ta bouche.
Cette fois-ci ce n'est plus la délicieuse bise friponne, indécise, allumeuse. Non. C'est un bouche à bouche féroce. Dévorant. Absorbant. Nos langues se tortillent, comme des plumes voluptueuses.
Je sens tes mains, glisser de mes épaules, derrière mon cou, ma nuque. Tes doigts sillonner mes cheveux.
Tu croyais que je ne prendrai pas d'initiatives ? Je te montre ce que je veux. Tout en dévorant ta bouche, je prends fermement tes fesses de mes deux mains. Je te presse contre moi, serrant tes fesses de mes doigts écartés.
Comme une danse, serrée, rythmée, nos sexes se frottent déjà, en petits coups de bassin, incontrôlés, et tu sens très vite que je veux aller plus loin, très vite. Trop vite ? J'avais déjà défait ton chemisier et ton corps s'exposait à mes mains. Maintenant que je déboutonne ton pantalon, je me dis que tu dois penser que je suis très pressé, que je veux tout de suite aller au but.
Mais je vais te surprendre. Caressant d'abord ton pubis du bout de mes doigts. Puis carrément ta chatte, tandis que je descends, embrasser tes seins, lécher tes tétons.
Je te pousse, doucement, je te guide, vers le canapé tout proche. Assise, toi. A genoux, moi. Je t'embrasse encore une fois longuement, avant de descendre, donner de coups de langue sur tes lèvres intimes. Te goûter, te lécher, longuement. Pour t'exciter, t'apprivoiser, je te caresse, partout, tout en fricotant avec ton bouton rose.
Lâche, moi ? Non. J'en suis à te torturer de plaisir. Jusqu'à ce que tu en demandes plus, à ce que tu demandes autre chose. Non pas que j'attende tes ordres. Mais je continue les préliminaires jusqu'à ce que tu en sois repue, que tu pries de te faire prendre, que tu supplies.
Et là je sens que tu n'en peux plus, tu tires mes cheveux, fais semblant de griffer mon dos, que tu as déjà déshabillé.
Ne pas rester ainsi sur le canapé,
Apprivoisée, torturée.
Ne pas supplier non plus.
Habiller légèrement mon corps nu,
Te saisir par la main
Et te conduire dans le pays bigouden.
T'emmener voir la mer,
Nous contenter d'avaler un grand bol d'air.
Les vagues viendront, se retireront, câlinant le sable délicat
En un simulacre de nos ébats...
Tu me connais sans doute plus que tu ne crois :
Je ne suis pas de celles qui dictent les lois,
Mais j'apprends, petit à petit,
À oser dire mes envies
Et même, de plus en plus souvent,
Aimé-je à surprendre, femme enfin devenant.
J'aurais pu te laisser poursuivre ta caresse,
M'y abandonner même avec délice, me cramponnant à tes fesses
Pour que de moi tu ne t'échappes plus,
Que toi et moi ne soyons plus qu'un corps jouissant, un tohu-bohu.
Je voulais autre chose de ce moment à nous,
Quelque projet plus fou.
Certains se contentent du plan tranquille
Du missionnaire sur une femme, si ce n'est fondante, tout au moins docile... Je ne le veux plus.
À la vie je suis revenue,
Je veux du rêve, de la fièvre, de la passion
Et, même lorsque morte je paraîtrai, que l'on veille bien à ce que se soit éteinte la plus improbable des palpitations...
Je me suis donc rhabillée
Et j'ai bien compris que, comme moi, tu étais très frustré.
Tu m'as regardé enfiler une robe, des bas, des talons
Et tu as eu cet air que j'aime tant, si fripon...
Je t'ai conduit
Jusqu'ici.
Un petit coin à moi
Où vent et mer me chantent leurs émois.
Je t'ai fait escalader
Ces énormes rochers
Qui touchaient les nuages lorsqu'enfant j'étais.
Nous y avons pique-niqué, dans les sièges que depuis la nuit des temps, pour nous la pluie creusait.
J'ai eu envie de montrer alors le décalage
Entre la petite fille d'antan, sage,
Et la femme séduisante et excitante que tu sembles voir.
Je me suis agenouillée sur le granit, sans m'inquiéter de savoir
Si des passants pourraient s'offusquer
Ou si mes bas pourraient filer.
J'ai ouvert ta braguette,
Glissé ma main et aidé à prendre l'air ta petite bête.
Elle semblait un peu desséchée la malheureuse,
Alors je l'ai léchée : elle a frétillé, si radieuse
Que j'ai poursuivi ma gâterie.
Elle semblait en avoir été privée depuis un temps infini...
Oubliant que je venais de manger,
Je l'ai engouffrée,
L'humidifiant,
La réchauffant.
Elle se gorgeait d'aise
Tandis que de tes soupirs ne s'entendait aucune dissonance en dièse
Et puis, je me suis arrêtée :
J'avais tant encore à te montrer !
J'ai eu quelques difficultés à tout remettre en place,
J'avais pitié de te sentir à l'étroit et il restait des victuailles, malgré notre appétit vorace !
Je t'ai saisi par la main
Et t'ai emmené là où résonnent encore mes rires enfantins :
La « grande carrière de sable » !
Elle était à mes yeux incommensurable !
Mes frères et moi au sommet nous allongions
Et, jusqu'en bas, la « ribouboule » faisions.
(J'ai vérifié dans tous les dictionnaires,
Ce mot ne fait partie d'aucun inventaire !)
Et comme autrefois,
J'ai voulu tester cette sensation-là, cet effroi :
Je t'ai fait te coucher,
Entre tes bras me suis lovée
Et nous nous sommes laissé rouler, l'un par-dessus l'autre, sur quelques mètres.
À l'arrivée, nos deux bouches rieuses ne se trouvaient plus qu'à quelques centimètres...
Ni l'un ni l'autre n'a esquissé le moindre mouvement
Pour éviter l'embrasement :
Nos lèvres se sont goûtées, comme une évidence,
Mes hanches ont même amorcé une légère danse...
Des cris excités d'enfants nous ont vite remis sur pieds.
Le sable de nos vêtements et cheveux avons secoué
Et avons couru vers la mer.
La plage pour nous, toute entière.
Pas un pêcheur, pas un papa faisant un château avec son garçon,
Pas un voilier à l'horizon.
Juste toi, moi, et le soleil.
Et des papillons dont on entendrait bruisser les ailes, même sourds des deux oreilles !
J'ai ôté mes escarpins, mes bas,
Pour fouler le sable, tiédi déjà.
Et puis, j'ai cherché ce coquillage que je nomme « cochonnet » :
Chaque fois que j'arpente une plage, je me dis que si j'en trouve un mon ange sourit... Naïve, je sais...
Je l'ai vite repéré, ce petit signe secret,
Et t'ai rejoint, me suspendant enfin à tes lèvres charnues : d'impatience tu trépignais.
Tes mains ne se sont pas fait prier pour remonter le long de mes cuisses.
Tu sais combien j'aime lorsque, sans me prévenir, elles s'immiscent.
Je t'ai laissé t'assurer que perlait mon désir,
Ai même ôté mon tanga, pour te faire plaisir,
Et t'ai murmuré à l'oreille vouloir n'être à toi,
T'aimer comme un roi...
Tu as alors trouvé un endroit où le sable était plus doux encore
Et y as allongé, tel celui d'un pacha, ton corps.
Tu m'as enjoint, les bras derrière la tête,
De te montrer comment je prendrais soin d'une couronnée tête.
Je me suis assurée encore une fois que la plage était à nous.
Pas un chat, et dans la mer d'huile pas même un remous.
Je me suis installée à califourchon sur ton bassin
De relever négligemment ma robe j'ai pris soin.
J'ai déboutonné alors ta chemise, un bouton, puis un second,
Et je suis descendue embrasser ton torse, faisant savamment le tour de tes tétons.
J'ai laissé s'écouler le temps,
T'espérant aussi gourmet que gourmand.
Je t'ai palpé, ai imprégné la pulpe de mes doigts du grain de ta peau,
Ai plongé tendrement au verso de ton dos,
Offrant à la caresse de la brise
Ton buste et ce membre qui mon appétit aiguise...
J'ai en effet écarté tout ce qui m'entravait ;
Que la vue seule de ton corps me déprave.
Le buste redressé, j'ai défait la fermeture de ma robe
Libérant rapidement mes seins qui, lorsqu'affranchis, se dérobent.
J'ai reculé jusque sur tes jambes
Et me suis penchée, calant entre mes deux globes ton entrejambe.
Ma peau blanche contre la tienne contrastait
Tandis que de ma gorge je te massais.
Ton membre, fièrement érigé,
Semblait se plaire à ma proximité :
Blotti contre mes monts,
Il tressautait à chacune de mes allées et venues, à chacune de mes palpitations...
Je ne sais combien de temps je suis restée ainsi.
Ton sourire était exquis,
Je ne voulais le voir s'éteindre.
Et puis j'ai choisi, sur tout ton corps, ma marque d'empreindre.
De mes baisers, de mes morsures,
De mon odeur, de mes griffures...
Que tous sachent non seulement que je suis à toi,
Mais aussi, lorsque tu entreras dans la boulangerie tout à l'heure, que tu viens de me posséder, moi...
J'ai massé ton torse à son tour,
De mes mains, avec amour.
J'y ai déposé mes lèvres,
Devinant entre nous deux monter la fièvre.
Et puis je suis descendue ainsi,
Jusque ton nombril, et plus bas aussi.
J'ai repris en bouche
Le sucre d'orge que j'avais laissé en touche.
À peine ma langue l'avait-il enveloppé
Qu'il se dressait, comme un petit chien bien élevé.
Je lui ai appris quelques nouveaux tours :
À s'allonger au maximum pour prouver sa vigueur s'il lui venait l'envie de se présenter à un concours,
À danser au rythme des caresses, bien plus lentes que le tempo d'une gigue,
Pour le bien-être de sa partenaire à se montrer prodigue...
Pour ce périlleux exercice, j'ai dû m'y installer en cavalière
Et je l'ai senti si fier !
J'ai joué à le faire sortir
Pour m'assurer que dans son fourreau seul il saurait revenir.
Et il s'est passé un étrange phénomène :
Chaque fois que je me soulevais, je ressentais à le faire de plus en plus de peine
Et mon bas-ventre, criant famine,
Se venait empaler, luisant de cyprine.
Alors j'ai accéléré la cadence,
Balançant mes hanches en transe.
Il me semble me souvenir que mon corps suivait le rythme des vagues,
Mais peut-être ma mémoire divague.
Je me souviens juste de cette boule bleue qui a ravagé mon ventre jusque ma tête,
De ton sourire tant tu étais à la fête.
Je me suis alors allongée,
Tout contre toi, mon aimé.
Nous ne faisions plus qu'un,
J'étais si bien...
Lorsqu'un chien plus loin a aboyé,
Tu m'as souri et as juste, dans mon dos, ma robe relacée.
Le vieil homme et la femme qui sont passés ont eu une pépite dans les yeux.
Je crois même avoir entendu la mamie murmurer : « Je t'aime aussi, mon amoureux ! »
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J'aime beaucoup ce "Fouillant la...
Une très belle idée que se frotter au...
Quel dommage de ne m'avoir laissé vot...
Je n'ai plus de l'arme que le goût in...