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Notre lit.
Ta main, dans mes cheveux.
Pas cette caresse que tu me prodigues lorsque survient la migraine. Tes deux mains en coupe autour de mon crâne, qui serrent, serrent. Mon étau. Qui me comprime jusqu'à ce que le sang cogne contre mes tempes au point que je ne ressente plus que cela. Plus le mal de tête, sauf si tu relâches la pression. Et tes doigts qui bougent, tout de même, légèrement, pour que je puisse me focaliser sur la douceur.
Mais non, pas cette caresse-là. Celle-ci, celle qui m'électrise. Te l'ai-je déjà dit ? Lorsque je sens ton désir, un frisson me parcourt depuis cette main, de la pointe de mes cheveux au cuir chevelu, et irradie, par la moelle épinière jusque dans mes fesses. Comment l'expliques-tu ? Un nerf particulier emprunte-t-il ce chemin ? Nul ne m'en a parlé au cours de ma scolarité, j'aurais dû être médecin.
Mais je parle, je parle. Pardon. Chut. Je te laisse faire.
Tiens, ma langue. Dans ta bouche, oui. Garde-la bien, je suis pipelette.
Et ta main, dans mes cheveux.
Hé ! Dans mes cheveux...
Dommage. Tout à l'heure peut-être ?
Pour l'instant, tu pars à la découverte. Ma langue contre la tienne pour ne venir à avoir la bouche sèche. Et ta main sous mon chemisier. Le long de mon dos. Chaque vertèbre se tend vers toi, les sens-tu poindre sous ma peau ?
Et mes hanches t'appellent. Rondes. Douces...
Tu les as entendues ! Elles emplissent la paume de tes mains. Juste faites les unes pour les autres.
Oh.
Non, rien. Tu as raison : elles t'apostrophaient aussi...
Non, promis, je ne dis rien. Je ne peux pas de toute façon...
Ta main glisse sous ma jupe, effleurant la dentelle derrière laquelle mes fesses se tortillent maintenant d'aise. Touchées. Palpées.
Mes reins déjà se creusent. Que tu aies encore plus envie de m'attraper, que je ne puisse me dérober et que tu m'accoles à toi, presque brutalement.
Dévêtue, en un tourne-main. Le corsage par-dessus la tête. La jupe aux pieds. Oui, la culotte aussi.
Retournée. Tu m'as mise dos à toi.
Et. Hmmm.
Puisque j'ai récupéré ma langue, je peux juste te poser une question : lorsque je te tourne le dos, m'observes-tu, en cachette ? Guettes-tu les muscles de mon dos nu ? Admires-tu ton corps qui glisse dans le mien ?
Je sais, je ne sais pas compter jusqu'à 1.
Mes bras font un oreiller où ma joue repose. Viens...
Je ferme les yeux, me concentrant sur tes coups de rein. Le ventre chaud.
J'entends... Je t'entends. Ton souffle, qui de léger devient plus rauque au fur et à mesure de tes assauts. Sais-tu ? J'aime cette musique. Un concert de toi, juste pour moi.
Une de tes mains sur ma hanche, et l'autre qui appuie dans le creux de mon dos. Fort. Je m'offre encore plus impudiquement, que tu pénètres plus profond... Et je sais que tu m'observes. Que tu souris du mouvement incontrôlé de mes mains qui s'accrochent aux draps...
Je voudrais voir la grandeur de ta main sur mon dos, sa couleur plus sombre sur ma peau lactée...
Soumise ? Je ne sais pas. Je ne crois pas vraiment. Offerte. Je veux... être à toi. Je veux être celle qui éveille ton désir, fait monter ton plaisir, te fait jouir. Je veux que tu joues de moi, pour toi. Je veux que tu me fasses tout oublier qui ne soit nous. Je veux que tu m'emmènes "où l'on n'emmène pas", où je ne crois même pas pouvoir aller. Je veux que tu me... libères de moi. Oui, être tienne. Être femme. Avec ses envies, et son corps qui s'y plie...
Oh. Encore...
Tes mains, mêlées aux miennes. Enserrant mes poignets. Me menottant, les bras au-dessus de la tête. N'aie pas peur, je ne m'échapperai pas...
Je te sens glisser en moi. Visite-moi...
Ma tête s'enfonce dans l'oreiller.
Tu t'actives en moi, nos respirations s'accélèrent.
Envie. Là, maintenant. Profondément. Quasi bestialement.
Grogne, mords... S'il te plaît.
Au moment où mon cri devient une longue plainte, je te sens grossir encore dans mon intimité. Tu plantes tes dents à la naissance de mon cou... et me donnes le dernier assaut. Toi et moi, unis. Tu te déverses en moi dans un soupir et nous ne bougeons plus. Je te sens palpiter au creux de mon ventre...
Allonge-toi sur moi, sans partir...
Nos respirations redeviennent moins désordonnées. Mais tu restes entre mes cuisses.
Chut. Je ne parle plus.
Écoute la pluie, le vent, mon souffle. Nous deux. Seuls au monde.
Envie de la prison de tes bras autour de moi... Prison-cocon.
Rester sur le bleu de l'instant...
Tout un camaïeu de bleu : du nuit étoilé au ciel azur intense.
Je t'aime.
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Tu as lu dans mon esprit,
raconté mes envies,
c'est ainsi que tu m'as pris,
dans un rêve bien écrit,
ça s'est bel et bien passé,
comme par magie...
(j'aurais juste ajouté... une petite fessée)