Broderie au fil des rêves
Écrit par Plume Légère   
Lundi, 27 Juillet 2009 11:57
Aux amants de nos nuits,
"Fantôme[s] sans os",
ou fantômes tout court...


Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé...
Est-ce couchée ou debout que son imagination a vagabondé ?

Elle avait rêvé.
Donc dormi.
Mais elle n'osait conter,
Surtout à son mari !

Qu'aurait-il dit
Si elle lui avait avoué
Qu'avec un autre que lui
En songe elle avait... baisé ?

Elle s'en souvient pourtant,
De ce frénétique embrasement...

Ni d'Eve, ni d'Adam,
L'homme, elle ne connaît.
Ou plutôt si, légèrement :
Sa plume souvent lui plaît.

Elle ne l'a jamais vu en vrai :
Ils ont échangé quelques messages, virtuellement,
Elle a découvert quelques-uns de ses portraits...
Il a une bonne bouille et ne semble point dénué d'entendement !

Elle apprécie son côté railleur, moqueur,
Sa sensibilité qui pudiquement affleure.

Un temps elle ne l'a vu que jouisseur
De la vie qu'il s'échine à croquer.
Mais il s'amuse à éparpiller des leurres,
Pour ne pas trop s'exposer.

Depuis elle ne peut nier
Que de lui émanent noirceur, douleur et langueur.
Il lui semble qu'il lui est familier,
Qu'il a su, d'une certaine façon, toucher son cœur...

Mais pourquoi cette nuit-là
Avoir songé à cet homme-là ?

L'inconscient a ses raisons qu'elle ne connaît pas !
Sans doute d'autres ont-ils erré comme des âmes en peine,
-  Même si de tous elle ne se souvient pas -
Dans les méandres de son chimérique domaine ?

Peu importent après tout ces fredaines,
Puisque de son homme seul elle fait cas.
Au fond, ces fantasmes peuvent alimenter leur libido prochaine,
Ainsi que celle de l'autre couple, là-bas !

Revenons-en donc à nos moutons,
De rêve érotique il était question !

A peine le temps d'échanger leurs prénoms,
Puisqu'ils venaient de mettre pied dans la réalité,
Que déjà ils riaient comme larrons,
Amis depuis l'éternité !

Les mots se donnaient la main sans hésiter,
Agiles tels les doigts sur un violon.
Dans une ronde ils faisaient valser
Anecdotes, petits secrets et émotions.

De fil en aiguille,
Ils arrivèrent dans sa chambre de jeune fille.

Là où autrefois l'on avait forcé sa coquille,
Elle retrouvait le goût des plaisirs anodins :
S'esclaffer de broutilles,
Ne pas craindre de donner la main.

Le temps n'est pas si loin
Où elle n'était que fragile chenille.
Mais à présent elle se sent bien,
Et des envies d'aguicher, l'air de rien, la titillent...

Notre galant voulut l'embrasser à bouche que-veux-tu,
Subitement assoiffé et goulu.

Elle sentit le contact de ses lèvres charnues,
N'ayant anticipé ce brusque désir.
Elle détourna tardivement la tête, un peu perdue,
Surprise aussi de savoir encore séduire.

Fautif, quêtant un sourire,
Il la regardait, d'un air ingénu.
Irrépressiblement, elle se mit à rire
Devant son air de chien battu.

Polisson, il s'enhardit alors,
Enlaçant promptement son corps.

Elle lutta contre le conquistador,
Mais dans l'hilarité qui la gagnait
Vains étaient tous ses efforts :
Déjà sa main dans son décolleté plongeait...

De l'autre, tout contre lui il la maintenait.
Elle pouvait déjà sentir son bout-dehors
Qui crânement se tendait,
Telle la lance du picador.

Aperçu le sourire à la bouche,
Son homme, le vrai, n'engageait pas d'escarmouche...

Elle prit un peu la mouche,
S'abandonnant en définitive au joli-cœur,
Point farouche
Et bien décidée à suivre les trépidations de son cœur.

Quant au mari voyeur,
Qu'il reste sur la touche !
Elle s'en vidait la tête sur l'heure,
- Dans ce rêve, cela ne semblait pas louche !

Braquant son regard sur celui de la mystérieuse canaille,
Elle souhaite soudain qu'elle lui fouaille les entrailles.

D'un sourire audacieux, c'est elle qui le débraille,
Puis elle se retrousse les manches
Et se lance dans la bataille
En roulant des hanches.

Puisqu'il n'est pas manche,
Contrairement à ce qu'affirme résolument sa verge qui saille,
Sa faim il se résout à rendre étanche :
Il n'est plus temps de s'attarder sur des détails !

Les doigts qui caressaient son corsage
Deviennent alors moins sages...

Ils quittent les monts arrondis et veloutés, volages,
Sous la jupe s'immiscent, d'eux si fiers,
Et trouvent leur point d'ancrage
Derrière la belle ouvrage brodée par une dentellière.

Sur la toison aucun ne s'attarde, pas même le petit auriculaire,
Se postant tous sans hésiter au mouillage.
Le majeur pénètre, tête la première,
Sans même, par précaution, s'encorder à une bitte d'amarrage.

La cavité est légèrement humide,
Et ne se cache pas derrière une fausse pudeur, candide.

Son langage alors il débride,
Choisissant avec soin des termes salaces.
De ces manières, il n'est point impavide,
Et il s'avère qu'elles ne sont pas inefficaces !

Le voilà, loquace,
La voilà, suintante et liquide.
Sur ses lèvres, sa main il passe et repasse ;
Elle respire à petits coups rapides.

De son corps elle ne maîtrise plus les mouvements :
Son bassin va et vient, du reste indépendant.

Elle se présente avidement
A la caresse impudique,
Tout contre lui se frottant,
Ressentant la contraction phallique.

Il ne résiste pas plus longtemps à la cyprine frénétique :
Il descend sur ses chevilles le sous-vêtement,
Relève la jupe, s'agrippe aux hanches à la gymnastique rythmique
Et de son sexe câline l'entrejambe brûlant.

A l'entrée il présente,
Sa torche ardente.

Cette vue son désir augmente :
Des fesses blanches, un grain de beauté,
Son membre à la tenue excellente...
Pourvu que cela dure une éternité !

Il la pénètre sans timidité,
Il connaît leur bonne entente.
Il compte sur ses dons de fin limier
Pour assouvir l'impertinente.

Ses lèvres elle arrondit,
Pour l'avaler de bon appétit...

Le reste du rêve est, malheureusement, un embrouillamini :
La levrette s'achève en apothéose face à une cathédrale (!),
Le visage de l'amant soudain se modifie
Pour devenir celui de l'époux qui partage la couche conjugale.

Pour elle, cela est bien égal,
La jouissance lui fait pousser un cri.
Elle reste juste consternée pour son partenaire coïtal :
De ce qu'il a semé, il n'a pu consommer le fruit !

Elle le devine, pantelant,
L'orgasme coupé en plein élan...

Alors un soupir navré dans la chambre s'entend.
Elle ouvre les yeux, le corps assagi.
Sous les draps, elle se retourne sur le flanc,
Tournant le dos à son mari.

Tout contre elle, vient se blottir celui-ci,
Qui sent contre son pénis le popotin vibrant.
Ni une, ni deux, il se réveille aussi,
Et l'enlace, fiévreusement...

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