Au clair de la Lune
Écrit par Plume Légère   
Lundi, 24 Mai 2010 20:19

Pour vous, Flamboyante Flamme.
"Stop" ou "encore" ?

 

Chaude soirée d'été,
Par une bruine fraîche mouillée...
Tout le jour
Ont roulé les tambours,
Alentour
Comme en son esprit tourmenté.
Elle se sent exténuée, oppressée.

Alors elle s'en va sur la terre moite, nu-pieds,
S'assied pour écouter la terre susurrer.
Au loin, une chouette hulule ;
Dans un terrier un couple de lapins copule ;
Sous ses yeux virevolte une lunule.
Un souffle de vent, léger,
Les branches fait chantonner.

Peu à peu, sous l'œil de la Lune étonnée,
De ses effets elle commence à se débarrasser.
Une soudaine envie
De se laver de tout souci,
De retirer tout le superflu de sa vie.
Elle offre sa peau lactée
Aux gouttelettes satinées.

Le sol exhale le parfum si particulier
De l'humus forestier
Après l'ondée orageuse.
La nature toute entière frissonne, nerveuse.
Dans l'humidité ambiante, sa peau semble étonnamment spongieuse :
Plutôt que de rouler sur son corps dénudé,
Les larmes de pluie paraissent littéralement en elle s'infiltrer !

S'évaporent-elles au contact de la chair qui sous le soleil a brûlé ?
Que nenni ! Elles s'insinuent jusque son intimité...
Il n'est que de regarder ses doigts
Pénétrer son entrejambe, fort adroits,
Et en ressortir, humectés de doux émoi...
Assurément, le liquide céleste jusque son antre a ruisselé,
Comment expliquer sinon cette soudaine humidité ?

Complice de cette caresse sous les cieux étoilés,
La Lune sourit, amusée.
De là-haut, elle embrasse du regard
Les hommes et femmes qui, l'esprit gaillard,
S'ébattent. Le monde lui semble un joyeux lupanar !
Tant sont sortis de leur foyer,
Recherchant, après la touffeur, un souffle d'air, léger comme un baiser...

Dans les jardins, les forêts, les prés,
Au bord des ruisseaux, sur le sable des plages par les enfants désertées,
Partout les couples ne sont que langueur,
Moiteur,
Élancements des corps et des cœurs.
La Lune, qui n'a que l'embarras du choix pour assouvir sa curiosité,
Baisse à nouveau les yeux sur la femme esseulée, captivée.

Elle perçoit aussi un mouvement furtif, derrière la haie de lauriers :
Une seconde femme se tient là, à espionner...
Ce n'est pas la première fois que celle-ci dévisage ainsi sa voisine :
Hier déjà, alors qu'elle cueillait quelques capucines
Pour égayer une salade qui attendait en cuisine,
Elle avait entendu des gémissements dans le jardin d'à côté
Et s'était risqué un œil à jeter.

Embarrassée,
Le rouge aux joues très vite lui était monté,
De découvrir la dame qu'elle saluait chaque matin
Dans une posture qui d'équivoque n'admettait point
Quant au positionnement de sa main...
À même le sol elle était allongée,
Sa jupe impudiquement retroussée.

Se savait-elle épiée
Ou se croyait-elle, chez elle en sécurité ?
Sans doute ne se posait-elle même pas la question
Toute à son abandon.
Et le câlin avait l'air si bon...
Le sexe dévoilé se tendait sous le doigté,
La femme respirait à petits coups répétés.

La voyeuse avait retenu son souffle, sans bouger,
N'ayant pas même, de faire demi-tour, l'idée.
Elle s'était empli les yeux,
Par la trouée de la haie, de ce petit jeu,
Allumant ainsi en son propre ventre un inavouable feu.
De la caresse et de la jouissance qui avait suivi elle n'avait rien manqué,
Le tissu de son tanga aurait pu en témoigner...

Ce soir, l'espionne pourrait presque la peau de l'autre toucher.
La femme nue pour le confort a opté et son jardin a traversé :
Elle se prélasse maintenant sous sa tonnelle,
S'enivrant de l'odeur de miel
Qu'exhale la glycine, cette année si belle.
Sur un banc elle est mi-allongée,
Contre deux coussins adossée.

Derrière le treillage, l'autre sent en elle de petites étincelles crépiter.
Il fait si chaud, malgré la pluie qui continue de bruiner,
Qu'elle craint pour bientôt l'incendie dévastateur !
Sa chevelure rousse est gage de son ardeur,
Que nous allons découvrir tout à l'heure !
Pour le moment, elle se tient coite, juste à côté,
Et rien ne pourrait son regard détourner !

La brunette n'est point pressée.
Elle saisit une grappe de fleurs parfumées,
La cueille même pour s'en caresser le corps.
Les pétales sont plus doux que la soie encore
Et affriolent ses sens retors...
De ses cheveux à ses chevilles elle les fait aller,
Fermant les yeux pour mieux, sur les frissons, se concentrer.

Elle veut s'étourdir de volupté,
Laisser petit à petit l'excitation s'émousser
Puis la taquiner à nouveau,
Être portée par ses flots,
S'envoler si haut...
Ses cuisses imperceptiblement mettent à nu son intimité,
Ses lèvres s'écartent tels les pétales d'une rose à maturité.

À l'improviste, un doigt juste à l'entrée
De l'antre s'est aventuré.
La même moiteur,
La même chaleur
Qu'à l'extérieur.
L'envie pourtant de s'enfoncer dans l'obscurité
Car ici tout n'est que douceur et velouté.

Onctuosité,
Suavité...
Le doigt passe et repasse,
Le clitoris agace
Qui pourtant de stimulations ne se lasse.
La spectatrice devant l'exhibition a le souffle coupé :
Absolument silencieuse, il serait impossible de la déceler !

Dans le lointain, l'orage on entend à nouveau gronder.
La Lune relève la tête, voit les nuages accumulés :
Chargés d'électricité, ils se rapprochent, se serrent, se poussent...
La femme, sentant la tension, s'agite, halète, accélère ses mouvements, se trémousse.
Alors une immense secousse,
Un craquement dans l'air survolté,
Une jouissance, criée...

La voisine, une exclamation de peur, de surprise, de plaisir aussi, n'a pu réprimer.
Par des yeux curieux elle est vite débusquée
Et ne peut que murmurer de plates excuses,
Les joues rouges, si confuse.
L'autre, que tout cela amuse,
La dévisage une minute, deux, trois, sans ciller,
Sans même chercher à dissimuler sa nudité.

Elle se redresse alors, sans se presser,
Longe les lauriers,
Entrouvre la barrière mitoyenne
Et se faufile, silencieuse comme une indienne.
La Lune profite de l'aubaine
Pour réfléchir du Soleil la luminosité
Sur le corps recouvert de gouttes irisées.

La femme prude n'a pas bougé.
Elle regarde vers elle s'avancer
Le jeune corps gracile,
Toute fébrile,
Sans pourtant vraiment chercher à abaisser ses cils.
Elle est captivée
Et ne peut lutter.

Parvenue à sa portée,
L'intrépide le long de son bras ses doigts fait glisser
Et lui saisit fermement la main.
Elle la mène, traversant à nouveau les deux jardins,
Sous la tonnelle et, sous l'œil de l'astre décidément fort coquin,
Se retourne sans gare crier
Pour, sur les lèvres, doucement l'embrasser.

La rousse pudique n'a pas le temps de se dérober.
L'a-t-elle seulement tenté ?
Sur elle ne s'est jamais posée bouche de femme,
Elle y voudrait goûter corps et âme.
Ce premier frôlement de désir déjà l'enflamme,
Sa peau en est de chair de poule hérissée.
C'est alors qu'une langue vient à pointer...

Une langue, humide, sucrée,
Qui de la sienne les contours se met à dessiner.
Doucement,
Tendrement,
Délicatement.
Terriblement concentrée,
Elle n'est déjà plus aussi embarrassée.

Les lèvres à présent desserrées,
Elle sent son bas-ventre se détendre, fondre, se liquéfier.
Elle croise les jambes, croyant pouvoir réfréner le désir,
Mais son "mal" alors empire :
L'autre profite de son déséquilibre pour, dans ses bras, la retenir
Et lui maintient la nuque d'une main assurée.
S'élève une senteur de femme, enivrante, inconnue, jusque ses narines affolées.

Un parfum... musqué.
Semblable à aucun de ceux qu'elle a jusqu'à présent humés.
Oh, elle ne peut prétendre avoir l'habitude,
Des odeurs masculines qui exsudent
Lorsque les corps se dénudent.
Mais contre deux ou trois elle s'est frottée,
Et...

Cet effluve-ci n'a rien de comparable en vérité !
Comment traduire en mots cette bouffée de féminité ?
La touffeur de la journée a bien sûr imprégné la peau,
Il a fait si chaud !
Comme des flots,
De la femme monte des fragrances marines, iodées.
L'on perçoit même, ici et là, quelques notes boisées.

L'ambre gris avez-vous déjà reniflé ?
Un mélange d'émanations de cuir tanné,
De lait maternel,
Qui plaît aux dames et demoiselles
Et attire les hommes car très... sexuel.
Voilà les odeurs qui se bousculent devant ses narines troublées
Et se mettent divinement à la chatouiller.

Tandis que les deux bouches sont à présent l'une contre l'autre soudées,
Et que les langues, fougueusement, partent à l'assaut, exaltées,
La brunette perçoit nettement une touche d'ylang-ylang, une autre de freesia.
Et n'est-ce point là une nuance de lys, et ici de lilas ?
La coquine a dû en déposer une goutte dans son cou, au creux des seins, des avant-bras,
En se toilettant, dès le lever...
Sa peau en reste discrètement imprégnée.

La jeune novice a maintenant tous les sens exacerbés :
Elle vient en effet de se laisser aller à oser toucher...
Un sein. Douceur, rondeur,
Velouté sous les doigts qui effleurent,
Troublant grain de peau à l'immaculée blancheur,
Et téton, comme une cerise sur un gâteau, qui invite à le lécher,
À le titiller.

Sa bouche, qui avait tout à l'heure grand soif d'un baiser,
A désormais faim de chairs efféminées.
Elle quitte, non sans un pincement,
Les lèvres gonflées, ne s'attardant
Que pour déposer un bisou, délicatement,
Dans le creux du cou, légère vallée
Que dominent deux monts bien galbés.

Ses gestes sont balbutiants, un peu empruntés,
Mais la main qui la dirige est si assurée
Qu'elle aspire à faire jouir aussi fort que sous l'orage,
Oublie sa petite vie, si sage,
Et s'abandonne, corps et âme, à la luxure de ce libertinage.
La "maîtresse" lève la tête vers la Lune, complice fieffée,
Et s'apprête à la déshabiller...

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Commentaires (10)
  • Plume Légère  - Merci mais...

    ... frustration, de ne savoir votre nom !

  • wanbdi

    Au risque de répéter
    Un mot usé
    Encore
    Sous le ciel eclairé

  • Plume Légère

    J'ai une tendresse particulière pour les mots usés !
    À poursuivre ce récit
    Pour vous et vos amis,
    Je vais donc m'employer...

  • Cerbère  - Encore !

    :love: :love: :love: :love:

    Encore chère Plume ! Encore !

  • Plume Légère

    Oh, ce que j'aime vous entendre me murmurer ce mot ! :blush: =)

  • Flamme (Falmala)

    comme je l'ai dis, je le dis encore ... et cela de plus en plus fort, je le réclame à corps et a cris ... j'en veux encore ! encore ! encore !

  • Plume Légère

    Impatiente ? =)
    Et si la suite que j'invente
    N'était à la hauteur de vos espérances ?
    Voilà mise à jour de mon audace l'inconstance... :blush:

  • Fred Sonal  - Quelle question !!!

    Pour nous tenir en haleine
    Jamais ne ménagez votre peine !
    De nous faire languir n'ayez crainte,
    Telle attente jamais n'éreinte...
    Et de grâce, n'hésitez pas à paraître effrontée
    Vos écrits sont si empreints de votre légèreté !

  • Plume Légère

    Touchée...
    Coulée !
    Le point sensible avez trouvé...
    Jusqu'où suis-je capable de l'assumer
    Sans me déprécier ?

    Chut... Pensons plutôt à la jeune femme à qui ces vers sont destinés :
    Je n'ai nulle envie de la faire languir à volonté !
    Mais je crains que mes doigts ne sachent broder
    Aussi vite que galopent ses pensées !

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