Attentat à la pudeur
Écrit par Plume Légère   
Vendredi, 26 Mars 2010 17:04

Elle était toute jeunette,
Fraîche, enjouée ; on eut pu la croire innocente...
Sous ses jupes, toujours décentes,
Des bas de soie épousaient ses gambettes.

Elle n'affectionnait pas les dessous sans originalité, trop classiques,
Que l'on vend dans les centres commerciaux :
Elle ne voulait se fondre dans le troupeau,
Préférait se démarquer, féminine, deviner sur elle des regards impudiques.

Plutôt que de se contenter d'un nylon autocollant,
Elle avait donc fait des folies
De ses petites économies :
Les bas couture allaient à un porte-jarretelles s'agrippant.

La dentelle ajourée frottait le haut de ses fesses
A chaque pas qu'elle effectuait.
L'étudiante nul autre sous-vêtement ne portait en effet :
Elle l'avait promis et tenait parole, la diablesse !

Elle arpentait ainsi les couloirs de la faculté,
Passant des heures sur les sièges des amphithéâtres
A écouter des professeurs tellement grisâtres
Qu'il aurait dû lui être impossible son entrejambe d'humidifier...

Maintes fois pourtant elle s'était sentie rougir :
Et si quiconque s'était douté de sa quasi nudité ?
Ne lui semblait-il pas que cet élève la dévisageait avec lubricité ?
Et celui-ci et ses allusions, ce regard qui la faisait tressaillir ?

Lorsqu'elle déambulait entre les salles de classes,
Sa peau était secouée de frissons,
Le tissu de ses robes à pans longs
Caressant le galbe du fessier avec audace.

Alors oui, elle le reconnaît en toute honnêteté,
Plus d'une fois elle avait senti perler à ses lèvres
Une moiteur, prémices d'une intime fièvre.
Il n'y avait pourtant personne pour son envie rassasier !

Elle aurait pu assouvir seule ses désirs,
Nul doute, elle y avait songé ardemment.
Il lui aurait suffi de rejoindre le lieu d'aisance, discrètement,
Et, du bout des doigts, de faire monter son plaisir...

Elle préférait prendre son mal en patience,
Sentir son sexe s'attendrir et humecter le haut de ses cuisses,
Ne pas le brusquer, que lentement il s'épanouisse.
Plus douce était alors, à la sortie des cours, la délivrance...

 

Ce soir-là, par le métro ils rentrèrent.
Le compartiment n'était point bondé, pour une fin de semaine :
Les autres n'étaient qu'une poignée à peine.
Sur la banquette, dans les yeux l'un de l'autre ils se noyèrent.

Leurs langues ne mirent pas longtemps
À se trouver, se mêler, s'enlacer,
Se lécher, se titiller...
Il leur fallut tout de même reprendre leur souffle, un instant !

Le temps d'entrevoir
Que, trois sièges face à eux,
Ne les quittait pas une paire d'yeux.
De l'intriguer, la méduser, voire la choquer, il se mit aussitôt en devoir.

Sa main sans hésiter il glissa
Dans l'entrebâillement encadré de deux boutons,
Juste à la hauteur de son intime toison.
Délibéremment alors il la caressa.

Elle eut bien un mouvement de recul :
Elle ne se sentait l'âme d'une exhibitionniste ! Mais...
Déjà à ses doigts assujettie elle se sentait !
Elle happa le regard de leur compagnon de route, incrédule.

Toute la journée son désir s'était exacerbé.
L'homme n'eut même pas à écarter ses lèvres
Pour comprendre que de lui il était hors de question qu'il la sèvre :
Déjà ses doigts étaient englués.

Elle ne parvenait à fixer ses yeux,
Sans cesse ils revenaient à ceux du covoitureur,
Malgré lui voyeur.
Il les avait bleus.

La main allait et venait, malaisément.
De se redresser l'homme lui intima
Et contre une barre d'appui il la plaqua.
Il la fouillait ainsi plus profondément.

Pour le grand-père au fond du wagon,
Pour les enfants sages auprès de leur maman,
Elle se devait de jouir discrètement.
On l'eut regardée, on eut à peine noté un imperceptible frisson.

Sauf lui, l'inconnu.
Lui, les yeux éberlués, la bouche ouverte,
Était en état d'alerte,
Et pour rien au monde ne les aurait interrompus...

 

Ils descendirent tous trois
À l'ultime station.
Elle lui dédicaça un sourire pudibond
Auquel il répondit, fort grivois !

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