Galipettes sous l'édredon
L'artiste et son modèle
Écrit par Plume Légère   
Mardi, 20 Octobre 2009 17:21

Une pièce,
Petite mais lumineuse,
Juste sous les toits.
Son atelier,
Comme elle le nomme pompeusement.

L'homme,
Nu.
Toujours.

La position,
Imposée :
Allongé sur le dos
Dans le mitan du lit,
Une main caressant doucement
Le phallus,
Si timoré en arrivant.

Le chevalet,
En vis-à-vis.

Un pot à pinceaux,
Une palette multicolore.

La toile, apprêtée.
L'homme y est déjà peint,
Seul son entrejambe
Reste inachevé.

Une musique,
En sourdine.
Des paroles judicieusement choisies
Pour une érection optimale,
Evocations du Kâma-Sûtra...

L'artiste,
Nue,
Elle aussi.
Pour aider son modèle,
Se mettre sur un pied d'égalité,
Qu'il ne se sente complexé.

Une tension,
Palpable.
L'application,
Des deux côtés du tableau,
Le souhait de bien faire.

L'objectif ?
Procurer au lecteur,
Quel qu'il soit,
Où que se situe le lieu d'exposition,
Un chatouillis dans le bas du ventre
A la vue du portrait :
Que les femmes mouillent leur culotte,
Prises d'une envie irrépressible de chevaucher l'Apollon ;
Que les hommes, même les hétéros purs et durs,
Marchent, après l'avoir vu,
Tels les aveugles,
Le bâton en avant...

Pour le moment,
Impossible de programmer la tournée des musées :
Même si renommée, l'artiste ne peut se permettre
D'exposer une peinture incomplète !

Car là est le souci :
Le travail n'avance plus depuis des jours, des semaines...

Oh ! La quasi-totalité du tissu est recouverte :
L'on y voit déjà le visage parfait,
Au regard langoureux ;
Le torse, bien bâti,
Solidement charpenté ;
Les abdominaux, bien découpés ;
Les muscles des bras et des cuisses,
Saillants...

Mais voilà !
Il manque l'organe,
Impudique
Et pourtant si convoité...

Chaque fois que les pinceaux se mettent en branle,
Chaque fois que l'œil du peintre se pose sur la partie charnue de l'anatomie de son modèle,
Se reproduit le même phénomène !

Tombent brosses et palette,
Giclent les couleurs...

La femme, derrière le masque de l'artiste,
Se réveille immanquablement,
Comme envoûtée.
N'écoutant que son instinct,
Elle se jette sur sa proie
Et, féline,
S'empale d'un coup de reins...

Pauvre de lui !
Comment résister ? Il ne peut...
Alors, pour se faire pardonner de n'avoir su garder la pose,
Il s'offre tout entier,
Les bras derrière la tête.

La portraitiste se déchaîne,
A croupetons sur son amant
Dont le pénis tient désormais seul en équilibre...



Leur plaisir atteint,
La femme s'étend lascivement et promet,
Que lors de la séance suivante,
Elle saura rester dans son coin,
Spectatrice privilégiée du travail
De l'artiste et de son modèle...

 
Caresses en miroir
Écrit par Plume Légère   
Mardi, 20 Octobre 2009 11:08
Se lover
A fleur de peau
Contre un corps chaud
Et humer.

Effleurer
Du bout des doigts
Le tracé délicat
Des monts et vallées.

N'exister
Que pour ce moment,
Intensément,
Et savourer.

Caresser
Sans en rougir,
Pour le plaisir,
Et se donner.

Partager
Les sensations,
Les émotions,
Et frissonner.

Lécher,
Tête-bêche,
Monter en flèche,
Mouillée.

Embrasser
Lèvres contre lèvres
Le corps en fièvre
Et guetter.

Insinuer
Un doigt ou deux.
Se prendre au jeu
Et supplier.

Deviner
A la cambrure amie,
A ses propres envies,
Comment troubler.

Haleter,
Faire gémir,
Trembler de désir,
Et s'enivrer.

Se régaler,
Mener à la jouissance,
Eveil de tous les sens,
Et d'aise se pâmer.

Se lover
A fleur de peau
Contre le corps chaud
Et humer...
 
A nu
Écrit par Plume Légère   
Jeudi, 01 Octobre 2009 09:56

Elle s'était résolue,
Pour une fois,
A retirer le masque.
Se mettre à nu,
Sans effroi,
Ne pas ouïr ses humeurs fantasques.

Elle entendait pourtant
Rugir sa morale
Qui lui faisait sermon :
Il n'était pas bienséant
De s'exposer, apétale,
Elle eut au moins pu s'enrober d'un sarong !

Mais que nenni ! Un à un,
Elle avait retiré les atours
Qui l'encombraient,
Chassant tout à la fois d'un revers de main
Sa timidité, son embarras, sa pudeur, bien trop lourds.
Nue comme un ver elle était...

Sans complaisance,
Elle se posta alors devant le miroir.
Elle ne vit pour commencer
Qu'une femme manquant d'assurance,
Au teint blafard,
A la silhouette recroquevillée.

Elle n'était point belle.
En se mirant d'un peu plus près,
Tout juste acceptait-elle de se reconnaître un peu de charme.
Les pépites, dans ses yeux bleu ciel,
Pouvaient présenter un attrait,
Quand elles n'étaient pas noyées de larmes...

Mais ses traits lui étaient si familiers
Qu'elle dirigea vite ses regards vers son corps.
Le cou, si sensible aux coups de langue fougueux.
Les seins, certes mis à mal par les grossesses répétées,
Mais si développés encore.
Le ventre... Trop rond mais, après tout, sous les doigts si soyeux.

Et puis venait la cicatrice,
Terrible, indélébile.
Celle qui rappelait le second viol, celui de l'Ankou.
Elle la caressa, pensant à son fils,
Oubliant soudainement de ses pensées le fil,
Hurlant sa douleur, telle un loup.

Les secondes, les minutes, les heures même passèrent,
Les larmes ruisselant le long des joues.
Lorsque la source fut tarie,
La tristesse se lova sournoisement dans sa tanière.
L'on eut dit une soue,
Emplie de noires épouvantes, d'intenables chagrins, de féroces soucis.

Alors la femme revint à elle,
Pauvre hère que la vie agitait à son gré, telle une marionnette.
Elle se souvint qu'elle se voulait voir sans fard,
Essuya machinalement les traînées de sel,
Embrassa fort l'angelot dans sa tête,
Et retira ses doigts de la balafre en ravalant son cafard.

Ses yeux descendirent encore,
Se posant à peine sur l'entrejambe,
Glissant sur les cuisses, ni trop grosses, ni trop grêles...
C'est alors
Que lui revint en mémoire de son époux l'ultime dithyrambe,
Celui où il lui avouait qu'il n'était qu'à elle.

L'image fut saisissante de précision :
Elle le voyait, tout contre sa peau,
Serré contre elle comme le sont dans un tiroir les petites cuillers.
Elle visualisait les caresses, les positions,
Entendait les "ah !", les "oh !",
Discernait encore de la Lune la lumière.

Il l'avait couverte de baisers,
Lui avait murmuré mille et un mots doux,
Avait cherché à déchaîner sa libido.
Non, dans le même sabot il n'avait pas les deux pieds !
Il s'était donné un mal fou
Pour l'élever là où le soleil rougeoie, si haut...

Il avait passé sa main
Sur son bas-ventre passif,
Sucé le lobe de ses oreilles,
Titillé ses seins,
Accompagné la main de son amante vers l'antre rétif
Qui depuis plusieurs jours se mettait en veille.

De leurs doigts enlacés,
L'humidité était apparue.
Tout était si velouté, si doux,
Qu'il lui avoua que sa langue aurait bien trouvé à butiner...
Elle n'en avait point voulu,
Préférant se stimuler à l'en rendre fou.

Plus tard il l'avait saillie,
La chevauchant comme aux temps anciens,
Comme un vulgaire animal.
Sa tige glissait dans l'étui,
A ses hanches se raccrochaient ses mains,
Et ils avaient joui, dans un râle.

Mais pour l'heure, plantée devant la psyché,
Elle n'en revenait pas de ce qu'elle voyait :
Une femme lui ressemblant étonnamment
Se masturbait face à elle, jambes écartées, éhontée.
Ses doigts délicatement les lèvres câlinaient,
Ecartaient impudiquement.

Elle resta là, médusée, à la reluquer,
Respirant à petites goulées pour ne point faire trop de bruit.
Les doigts allaient et venaient, plongeaient,
Elle percevait un léger son mouillé,
Semblable à un clapotis.
Les paupières de la jouisseuse se fermaient, elle-même si peu encore distinguait...



Lorsqu'elle rouvrit les yeux,
Elle croisa son regard dans le miroir.
Elle se vit alors telle qu'elle était :
Une femme au sourire anxieux
Qui ne savait cacher son désespoir.
Elle ressortit le doigt, humide, qui venait de lui servir de frottoir...

 

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Miroir, par mon ami, Théo Viri...

 
Libertinage
Écrit par Plume Légère   
Vendredi, 18 Septembre 2009 15:00
Pour les épris de liberté, dans le consentement et le respect...


Elle les imaginait tous deux,
Les yeux rivés à leur écran,
Lui sortant de son bain, les fesses à l'air,
Elle se préparant à le masser de divine manière.
En découvrant quels amants ils étaient vraiment,
Se déconnecterait-elle ou écarquillerait-elle les yeux ?

Comment décrire ce qu'à lire le mot "libertins" elle avait ressenti ?
De la surprise, assurément,
Car elle les connaissait somme toute encore assez peu :
L'aveu à cet instant était pour le moins curieux.
Il lui semblait que les "coming-out" se faisaient auprès de parents tolérants
Ou entre proches amis à qui l'on se confie.

Mais ils s'en étaient ouverts à elle, en toute spontanéité,
Sans crainte du "qu'en dira-t-elle ?",
Sans faire plus de chichis.
Elle avait souri, sans doute aussi rougi...
Non d'embarras, assurait-elle,
Mais bien parce qu'émoustillée...

Elle y avait vu le signe qu'on lui accordait de l'amitié,
Qu'on lui témoignait de la confiance
Et elle s'en était réjouie.
Pour eux elle ressentait de la sympathie,
Appréciant leur faculté de la vie à tirer jouissance.
En fait, cette révélation ne l'avait qu'à peine étonnée !

Au creux du lit, l'idée en couple plus tard ils avaient "débattue".
Le mot est trop fort puisqu'ils partageaient la même vision :
Tous deux comprenaient le goût que l'on pouvait éprouver
Mais reconnaissaient de l'autre ne point se lasser.
Toutefois, rien que cette évocation
Avait enflammé de leur nuit le début...

Depuis lors, l'idée en elle faisait son chemin.
Car même si elle reconnaissait ne pas être adepte du "dévergondage",
Ne serait-ce que parce que la jalousie la tenaillait,
A donner libre cours à ses pensées elle s'autorisait,
Sans ambages.
Déjà l'envie de conter sur le clavier faisait courir ses mains...

Devant ses yeux, deux couples se rencontraient pour la première fois.
Le premier, aguerri à ce genre de pratique,
Accueillait en sa demeure le second, bien plus poltron.
L'on devisait de choses et d'autres, un peu empruntés, en sirotant dans le salon,
Puis l'on passa à la cuisine où chacun s'arma, qui d'un couteau, qui d'une louche, qui d'une manique.
L'esprit de convivialité alors opéra !

A table, les langues se délièrent.
Le bon vin rosissait les joues,
Faisait briller les yeux.
Sans qu'on le remarque se mit en branle le jeu amoureux,
Par des jeux de mots filous,
Des frôlements débonnaires.

Lorsque les desserts furent apportés par la maîtresse de maison,
Il fallut échanger les cuillères :
L'on se faisait savourer les sucreries,
L'on léchait les crèmes du bout de la langue, ravi.
Les rires fusaient dans l'air,
Tous étaient au diapason.

Subitement, la propriétaire des lieux se pencha sur sa voisine :
A la commissure de ses lèvres perlait une goutte de fruit, qui allait tomber !
Elle la recueillit du bout de la langue, avec grande précision.
Après un léger recul de stupéfaction,
Car elle avait cru à un baiser,
La seconde femme rit d'elle-même et de sa pudeur crétine.

C'était la première fois
Qu'elle sentait contre les siennes les lèvres d'une femme.
Aucun poil de moustache ne pointait sur l'empreinte de l'ange,
Cela procurait une sensation étrange !
Les hommes ne quittaient pas du regard les dames,
Soudain parfaitement cois.

La libertine avérée crut distinguer une autre coulure,
Aussi voulut-elle à son tour la lécher.
Sa langue parcourut, pour plus de sûreté, toute la bouche.
Frissonnante comme si sur son épaule eut couru une mouche,
L'ingénue trouva si bon ce contact léger
Qu'elle répondit à la caresse sans censure.

Elle desserra les dents
Laissant poindre son organe rose et humide.
Les yeux dans ses yeux, sa partenaire l'aspira,
Le happa, autour de lui le sien entortilla.
Un peu haletante, la jeune novice priait pour qu'on la débride,
Son chemisier soudain dégrafant.

Les hommes n'en menaient pas large :
Qui eût parié, après tant d'aveux pudibonds,
Sur un tel spectacle dès le premier soir ?
L'amant chevronné fit signe à son nouvel ami de se mieux asseoir,
Et de débraguetter son pantalon :
Il savait que pour leur membre il fallait laisser de la marge !

La connaisseuse, versée dans l'art de la bagatelle,
Ne craignait plus que face à elle on s'effarouche.
Décidée, elle arracha de l'autre demoiselle le vêtement,
Soupesant les seins lourds et tout blancs.
Elle les eût bien conduits sous la douche,
Mais son homme, si bien installé, n'aurait alors pu se repaître des caresses femelles...

Elle guida donc sa congénère
Vers la desserte en bois massif,
Heureusement vierge de tout ustensile.
La jupe de sa protégée elle souleva d'un geste habile :
Une fine soierie apparut devant ses yeux admiratifs.
Pourtant elle ne se laissa point troubler et ordonna que le tissu on jette à terre.

Une toison, qui jouait encore les timides,
Qui pourtant semblait déjà animée d'un mouvement oscillatoire,
Aux yeux de tous alors apparut,
Triangle attirant, lové entre deux cuisses nues.
Notre initiée sur la table de service l'exhorta à s'asseoir
Et, se penchant, la lécha d'un grand coup de langue humide.

Elle réalisa soudain
Qu'en besogne un peu vite elle était allée :
La vue de ces messieurs aurait été bien plus agréable
S'ils avaient pu mater ses formes aimables !
Se redressant elle laissa d'un déhanchement tomber à ses pieds
La robe sous laquelle elle ne portait jamais rien.

D'une main, le sexe de son apprentie elle caressa,
De l'autre le sien.
Ce dernier n'était point encore moite,
Il fallait que davantage son esprit convoite...
Aussi se concentra-t-elle sur les halètements de petit chien
Que faisait accélérer la curiosité de ses doigts.

L'un d'entre eux, téméraire,
Ecartait en effet
Les lèvres qui sous les cajoleries s'entrebâillaient impudiquement.
Dans la fente il plongea brusquement,
Allant et venant, jugeant de son effet
A l'humidité qui parait le bouton désormais découvert.

A genoux alors elle se tint,
Pour être plus à son aise, plus efficace aussi.
Sa bouche parvenait à la hauteur du bas-ventre affamé
Et elle s'employa à scrupuleusement le sucer.
Fermant les paupières elle devinait son amant, son mari,
Qui devait à présent tenir l'autre homme entre les mains...

Sa chaise de l'autre il avait sans doute rapprochée,
Pour pouvoir de sa verge gonflée se saisir.
Dans son dos probablement
Faisait-il en cet instant
Une paluche aller et venir,
La seconde dans son propre caleçon occupée.

Les choses se précipitèrent soudain :
La léchée, dont le clitoris aimait tant à être titillé,
Poussa un gémissement,
Si perçant que de tous il vrilla les tympans !
L'orgasme venait de la submerger,
Son plaisir n'était point feint !

Alors son homme ne put se contenir,
Etait-il un poil précoce ?
En jets saccadés, il montra de cette soirée sa délectation,
Eclaboussant son partenaire dans une grande confusion.
Rouge d'avoir été si véloce,
Il s'en voulait d'avoir joui sans rien offrir.

Les hôtes rassurèrent leurs invités :
Ils ne s'étaient pas si mal débrouillés, pour une première !
Mais, s'ils tenaient tant à se faire pardonner, après tout
Les jours suivants ils pourraient se rattrapper, sans tabou :
De sexe on n'avait jamais assez, ce n'était point légendaire,
Et ensemble, quand bon leur semblerait, l'on pourrait encore s'y adonner !


Ayant tapoté ces derniers mots sur son clavier,
A ce qui l'avait poussée sur un tel sentier elle songea.
Ses deux libertins alors elle aperçut,
Lisant sa petite histoire de cul :
Aurait-elle réussi à les mettre un peu en émoi,
Ou sa plume aurait-elle été, pour eux, trop timorée ?

La chute se voulait en tout cas suffisamment ouverte
Pour laisser place, plus tard, à d'autres sensuelles découvertes...

 
Exercice de style
Écrit par Plume Légère   
Vendredi, 28 Août 2009 12:23
Pour mon Alfred...
Cher amour,

Je suis toute rougissante de vous dire que j'ai
bien compris hier que vous aviez
toujours cette envie folle de
me serrer dans vos bras pour me voler un
baiser. Quels que soient le lieu et l'heure,
pensez bien qu'à vous je songe :
je sens en moi la chaleur de vos
caresses dans les cheveux,
assauts fort téméraires qui me laissent
chaque fois le sourire aux lèvres,
palpitante et comblée.  A vous seul, j'offre
ces mots que j'ose écrire : je vous chéris en
mon sein. Mon corps entier vous est acquis, mes jambes
vers vous toujours me portent, mes bras
se voudraient toujours entourant votre
nuque ; S'il vous manquait un jour un
membre... nul doute que je suis
prête pour vous à me sacrifier,
toute à vous, et que j'accepterai d'être votre
secours, suppliant volontiers que l'on m'am-
pute, pour le restant de mes ans...
 
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