Galipettes sous l'édredon
Une bête dans son lit
Écrit par Plume Légère   
Mercredi, 17 Février 2010 15:10

Il en avait probablement souri.
Oui, elle était convaincue
Qu'à l'imaginer avec son paquet dans la rue
De concupiscence il avait frémi.

Il lui avait dissimulé
Qu'un cadeau il lui avait choisi.
Juste laissé, en lui faisant promettre de n'ouvrir le colis,
Dans la cuisine le récépissé.

Elle était sans doute candide encore
Et, avec du recul, elle en était enchantée :
Aurait-elle sinon su aborder le postier
Sans que ses joues ne se colorent ?

Elle avait même souri à une connaissance,
Le carton sous le bras, tout contre son corps.
Dedans, un objet avait roulé, elle s'en souvient encore...
Elle avait poursuivi son chemin, en toute innocence.

Vaquant à ses moult occupations,
Du courrier, elle avait oublié jusque l'existence.
Le temps avait coulé, sans urgence.
Elle avait même pu griffonner quelques mots polissons...

Lors, il était rentré.
Moments-câlins avec les enfants, si bons,
Et repas, tous ensemble, dans leur doux cocon.
Elle savourait avec eux chaque minute écoulée.

De se coucher pour les petits
L'heure avait finalement sonné.
L'on s'était fait quantités de baisers
En se souhaitant la bonne nuit.

Qu'avaient-ils fait avant que de regagner leur couche,
L'homme et la femme alors réunis ?
Ce n'est pas ce qui nous préoccupe ici :
Laissons la nuit les envelopper. Là, voyez, enfin ils s'abouchent...

Sa main à lui sur son postérieur à elle,
Ils avaient gravi l'escalier qui sur leur chambre débouche.
Elle avait bien senti qu'il avait déjà l'eau à la bouche
Lorsqu'elle s'était dévêtue dans un bruissement d'ailes...

Alors elle s'était prétendu lasse,
Si lasse... N'avait-elle point aussi une migraine démentielle ?
Elle s'était tournée sur le flanc, cruelle
Mais connaissant son adversaire coriace.

Contre sa peau il était venu se blottir.
Elle s'était bien calée pour qu'il l'enlace,
Empiétant dans le lit sur son espace.
Elle ne s'attendait pas à ce qui allait survenir...

Il avait fait mine de n'être point à l'aise,
S'était détourné. Elle s'était empressée de le maudire
Intérieurement, ne sachant qu'il allait bientôt l'éblouir...
Lui savait qu'avec elle il était parfois utile que l'on biaise !

Discrètement, il avait extirpé de dessous le lit l'objet du carton,
Si froid. Jubilant que ses premières ardeurs s'apaisent,
Il l'avait collé contre sa cuisse, chaude comme la braise.
Il n'était plus que d'attendre que se réchauffe le glaçon.

Il semble qu'elle ait alors commencé à ronchonner...
Comme il n'était point mauvais garçon
Et qu'il n'espérait que ce moment fripon,
Il était revenu tout contre ses fesses se lover.

Sa main s'était enhardie
Et contre son bas-ventre s'était plaquée :
Toujours par cet antre chaud elle était attirée,
Cela devenait une véritable manie !

Elle non plus n'était point bêcheuse :
Lentement, délicatement, elle s'ouvrait devant lui
Le laissant prendre possession de son anatomie...
Déjà elle se sentait fiévreuse.

En une seconde pourtant, sa température intime chut :
Contre son sexe impudiquement offert à la caresse licencieuse
Venait de s'immiscer... Oh, elle en était toute honteuse !
Un corps frais, dur, inquisiteur... dont le contact, malgré la gêne, lui plut !

Puisque moins prudes qu'elle, sans doute aurez-vous deviné
Que l'objet du délit était un jouet pour plaisirs dissolus,
A ne pas laisser traîner entre mains ingénues !
Son maniement l'avait enflammée...

Elle ne saurait vous décrire les sensations intimes.
Mais vibrations et rotations son désir avaient décuplé !
Elle n'était plus seulement trempée :
Tout son corps s'arc-boutait, au bord de l'abîme.

Le silence de la nuit
Ne fut plus troublé que par un vrombissement, infime,
Ponctué de soupirs, de bruits mouillés et de cris que l'on réprime.
Les joues colorées, elle vous apprend que, grâce à un lapin, elle jouit !

Celui qui la régala
Ne fut pas en reste, rassurez-vous pour lui :
L'antre chaud était, par ces attouchements, tellement conquis et soumis
Qu'il n'eut qu'à se présenter, tendu : en un tour de reins elle le dévora...

 
Lasse des plaisirs en solitaire
Écrit par Plume Légère   
Samedi, 13 Février 2010 22:52

Elle n'a point songé à expressément le demander,
Mais elle aurait bien aimé un retour de ses lecteurs
Sur les écrits qu'elle leur soumet,
Juste pour savoir si elle a su faire palpiter leur cœur
Ou plus, si affinités...

Elle propose à chacun d'entre eux,
Pour comprendre cette singulière requête,
D'imaginer un instant
Qu'il a fait d'elle sa conquête
Et qu'il lui murmure à l'oreille de doux aveux...

Non, cela ne peut ainsi fonctionner,
Soyons donc plus fous !
Ferme les yeux doux ami,
Eteins toute cette lumière autour de nous
Et, dans la pénombre, aide-moi à me déshabiller...

Dégrafe-moi,
Devine-moi,
Effleure-moi,
Caresse-moi,
Embrasse-moi.

Vois, je ne suis qu'à toi.
Viens coller ta peau contre ma peau,
Ta bouche contre ma bouche.
Débride ma libido,
Eveille mes sens, provoque mon émoi.

Laisse-moi deviner ta vigueur,
Excite-moi de tes attouchements,
Chante-moi que "[tu] veux faire l'amour avec [moi]",
Chatouille de ta langue mon cou brûlant,
Chahute-moi avec ardeur.

Ne crains pas d'être tendre,
De prolonger les préliminaires,
Si le besoin s'en fait sentir de gémir...
Pour toi, je me ferai chatte ou panthère
Sans chercher de tes assauts à me déprendre.

Prends mes seins
A pleines mains,
Aie le dessein
De ne pas rassasier ma faim
En un tournemain...

A présent, ouvre les yeux,
Remets-toi donc de tes émotions
Et imagine que durant toute cette entrée en matière,
Je n'ai proféré aucun son,
Que tu n'as ressenti dans mes réactions aucun feu...

C'est ce que je ressens
Lorsque je me donne à toi
A travers ma plume
Et que tu ne me dis pas ce que tu éprouves à mon endroit :
Comprends-tu combien cela peut être frustrant ?

Alors, de temps à autre,
Si tu trouves que j'ai un tant soit peu été à la hauteur,
Ose me le dire en quelques mots...
A te plaire une autre fois je mettrai encore plus de cœur,
Que mes histoires, dans cet échange épistolaire, deviennent les nôtres...

 
Le Prince Charmant
Écrit par Plume Légère   
Mercredi, 20 Janvier 2010 01:00

Tu serais là.
Comme une midinette,
Je tremblerais des pieds à la tête
Sitôt que tes yeux se poseraient sur moi.

Je t'aurais attendu...
Guettant ta silhouette au détour des chemins,
Je priais que tu me trouves enfin,
Que tu t'aventures dans ma rue.

Je forçais parfois le destin, semant de petits cailloux blancs,
Allumant dans la nuit de grands feux chamaniques.
Je n'avais pas de doute : notre attirance serait électrique,
Nous rencontrer n'était plus qu'une question de temps.

Un regard profond, un seul,
Et je serais à ta merci :
Il suffirait qu'y transparaisse ton envie
Pour que près de toi je me couche telle, à l'arrêt devant un gibier, une épagneule...

Mais tu ne serais pas prêt
Et la raison m'enjoindrait de rester couarde.
Apeuré par je ne sais quel démon, tu te tiendrais sur tes gardes.
Je garderais donc de mon désir le secret.

L'hiver s'inviterait à notre porte :
Dans les cieux folâtreraient les flocons,
Soyeux comme du coton.
Tout alentour serait d'humeur accorte.

Tu m'attraperais soudain par la main,
M'affublerais d'un accoutrement bien chaud,
Immortaliserais ma joie juvénile sur une photo
Et me conduirais par-delà le jardin.

Dans la neige nos pas crisseraient,
Nul autre bruit nous n'entendrions :
Seuls au monde nous nous sentirions
Et alors je devinerais que par m'abandonner à toi je finirais.

Je gage que tu t'échapperais, pour me bombarder de blancs projectiles.
Lorsque trempée je serais, tu me rejoindrais en souriant.
Je te trouverais si craquant...
Je ne me jetterais pas sur tes lèvres, pourtant fébrile.

Alors dans une course effrénée
Tu m'entraînerais.
Mes joues rosiraient,
Mes paupières se plisseraient dans la blancheur immaculée.

Le pied peu sûr,
A ta main je me cramponnerais, peut-être plus fort que de raison.
Sentirais-je en retour une douce pression ?
En ma tête, comme une litanie : "Un signe, je t'adjure..."

Gourds, mes pieds en viendraient enfin à ne plus me porter.
Il me faudrait te demander grâce,
Espérant de chaque fibre de mon corps qu'un bon feu fasse fondre ta carapace.
Sur nos pas je te guiderais et nous reviendrions, soudain empruntés.

Dans l'âtre,
Tu amoncellerais des bûches,
Tandis que je mettrais à goutter nos manteaux à capuche.
C'est là que tu interromprais ta défense opiniâtre.

Je ne te demanderais rien,
Te laisserais me mener sur le canapé
Et t'allonger, la tête sur mes genoux posée.
Peut-être oserais-je frôler tes cheveux d'un câlin ?

Je goûterais le calme de l'instant,
Troublée par ton abandon, si intime,
Suppliant que ne me vienne un désir illégitime,
Que rien ne gâche notre doux attachement.

De la danse des flocons tu voudrais à nouveau t'étourdir,
Sans quitter notre cocon douillet.
Ouvrir la fenêtre dans le toit j'irais,
Que volettent les papillons blancs pour ton plaisir.

Lorsque je redescendrais,
La neige tomberait sur ma peau
Blanche au recto comme au verso.
Nue je serais.

Je n'aurais pas froid.
Je te donnerais à goûter de mes lèvres l'acidulée saveur,
Espérant que tu t'y attardes en fin connaisseur,
Et me blottirais contre toi.

Oubliant mes complexes, sans crainte,
Je t'aiderais à te dévêtir.
Et si tel est ton bon plaisir,
Je prendrais les choses en main, sans une plainte.

Nous n'aurions pas à parler,
Car je saurais déjà comment exciter ta convoitise.
Promets-moi juste que tu lâcherais définitivement prise,
Que je me sente libre de t'aimer.

Une touffe blanche sur ta poitrine
Viendrait se déposer.
Je tendrais le bout de ma langue pour la lécher,
Que tu n'attrapes pas une angine !

Une compétition entre la neige et moi alors s'engagerait :
Elle s'ingénierait à se coller sur ta peau,
Ne laissant à ma bouche aucun repos :
Tout ton corps de mes baisers je parsèmerais.

Tu serais secoué de tressaillements fugaces,
La chair de poule hérisserait ton épiderme :
Je saurais comprendre que ce n'est point le froid qui rend tes membres plus fermes
Et userais de plus d'audace.

Sur ton corps encore chaud,
Je viendrais m'étendre.
Sur ton cou, je poserais mes lèvres, tendre ;
Les flocons fondraient en se brûlant sur mon dos.

Fascinée par tes mains,
Que je devinerais pleines de tendresse,
Je serais tendue vers leur caresse,
Quémandant qu'elles tracent mes courbes comme si j'étais leur premier dessin...

Je les guiderais vers mon postérieur,
Un peu honteuse de ma crâne témérité,
Puis goûterais sans bouger notre peau à peau, collés-serrés,
Écoutant chavirer mon cœur et percevant les prémices de ta vigueur.

J'ondulerais discrètement,
Que mes mouvements soient à peine perceptibles
Malgré ma soif de toi, inextinguible,
Que de me convoiter tu aies aussi le temps.

Lentement je me redresserais, m'asseyant sur ton bas-ventre.
Mes seins t'effleureraient tout juste,
Mes mains glisseraient sur ton buste.
Il faudrait, pour ne pas te brusquer, que je me concentre...

Lors je m'emploierais à te caresser,
Que tu te détendes,
Que plus un muscle tu ne bandes
- Je te vois sourire... Cet appendice auquel tu penses n'est pas un muscle, coquin fieffé  !

Il serait possible,
Si je me sentais suffisamment en confiance
Et que je percevais que tu as pour moi une attirance,
Que j'offre à ta flèche ma bouche pour cible.

Pour cela, il me faudrait reculer,
Sur tes genoux asseoir mes fesses
Et user d'une infinie délicatesse
Pour de doux préliminaires te dédier.

Ton sexe je prendrais en bouche,
Le suçant quasi religieusement,
Prenant tout mon temps,
Que tu ne t'effarouches...

Ma langue te caresserait,
Mes pensées exhortant ton membre à se fermement raidir.
Je ne ralentirais qu'à l'orée de ton plaisir.
Mes lèvres de devoir s'arrêter gémiraient...

Je me redresserais, titubante de concupiscence
Et m'empalerais vivement, en un tour de main,
Sans même avoir à ondoyer du bassin.
Le seul fait de l'évoquer me met à l'instant en transes...

Les jambes repliées sous mon corps brûlant,
Je tanguerais, creusant les reins pour t'épouser au mieux.
Je ne m'essaierais à ce stade plus à freiner le jeu,
Ma libido, ardente, bâillonnerait mes scrupules hésitants.

J'irais et je viendrais,
Verticalement, lentement, amoureusement,
Sur ta verge dressée fièrement.
Le rythme de ton souffle j'écouterais.

Je savourerais ton corps, abandonné sous moi,
Irrésolue : fermer les yeux pour mieux ressentir la délicieuse sensation de ce contact
Ou les garder ouverts, pour contempler ton visage qui de plaisir se contracte ?
Sans doute alternerais-je les deux, comme un gourmet, tous les sens en émoi...

Je ne précipiterais rien,
A l'affût de tes désirs,
Les devinant juste au moment où ils naîtraient, et, dans un soupir,
Je te mènerais au plaisir, l'air de rien...

 
Trouble jeu
Écrit par Plume Légère   
Dimanche, 15 Novembre 2009 17:52
A Marylou et son virtuel amant...


Elle rêvait, avec une pointe de tristesse,
De caresses, de tendresse.
Le temps se faufilait, trop vite, entre les mailles du filet :
A le contenir elle ne parvenait.

Elle se sentait à bout de souffle.
Alentour, comme en sa tête, grondait un terrible baroufle.
La course avait repris,
De nouveau elle se trouvait dans le wagon de queue, affaiblie.

Alors elle s'inventait des histoires
Qu'elle se racontait lorsque les paupières des autres se scellaient dans le noir.
Des histoires dans lesquelles elle n'avait qu'à choyer
Et à se laisser dorloter.

Dans ces calembredaines, parfois quand à son tour elle sombrait, anéantie,
S'aventurait une coquinerie.
Dans la petite mais si chérie réalité de son existence,
Elle riait ensuite de ces étranges transes.

Ce jour-là, tandis qu'elle pianotait sur son clavier,
D'en relater une elle avait décidé.
Elle n'était plus bien sûre de sa plume,
Les mots, leurs possibles agencements, attendaient fébrilement qu'elle les exhume.

Sans qu'elle s'en rende compte,
Ils se couchaient pourtant docilement sous ses doigts, sans nulle honte,
Dressant le tableau peu conventionnel
D'un homme et d'une femme qui s'adonneraient sous peu aux plaisirs charnels.

Rien de bien exaltant au demeurant,
Sauf si l'on considère que ces deux-là sont chacun derrière un écran...
La scène ne revêt-elle pas soudain un tout autre aspect,
Ne présente-t-elle point ainsi plus d'attraits ?



Les voilà donc par Internet l'un à l'autre lié
S'envoyant des mots d'amitié
En tout bien tout honneur,
Ouvrant peu à peu leur cœur.

Mais sur les touches d'un clavier,
Les doigts peuvent si facilement glisser...
Ainsi en est-il parfois des sujets de conversation,
Quand un interlocuteur use à bon escient d'un mot polisson...

C'est ce qui arriva :
L'homme fit quelque sous-entendu grivois !
Elle sourit, fine mouche,
Et répliqua du tac au tac, sans botter en touche.

Il n'était pas dans ses habitudes
De se montrer si peu prude.
Elle guetta alors la phrase suivante, un peu anxieuse.
De ce que l'on pouvait penser d'elle elle était si soucieuse...

Il était resté dans le même ton
Et l'on devinait aisément que son visage se fendait d'un large sourire fripon !
Les joues rosies mais se sachant à l'abri des regards curieux,
Elle choisit de pimenter le jeu...

Innocemment, ou presque !, elle lui demanda de patienter un instant :
Il faisait si lourd, elle se devait de changer de vêtements !
Peut-être d'ailleurs avait-il une suggestion à lui faire :
Que faudrait-il qu'elle porte pour lui plaire ?

L'estocade avait, sans qu'elle le sût, atteint sa cible :
Entre ses jambes il sentit une poussée incoercible !
Piqué au jeu, et bien qu'il l'eût préférée nue,
Il écrivit : "De dessous pour moi sois vêtue."

Nulle réponse. Elle ne réagit aucunement.
Il eût aimé effacer l'offense sur l'instant
- Il se sentait si maladroit.
Il ne le pouvait pas !

Le silence assourdit parfois, il le comprenait désormais.
A ses tympans une pulsation tonitruante résonnait,
Celle de son sang qui, pétri de peur,
Son corps traversait avec lenteur.

Sur ses lèvres une saveur douceâtre...
Sa lèvre mordillée laissait couler un mince filet rougeâtre
Il ne s'en apercevait pas, sur place il était figé.
Il ne voulait perdre cette jeune amitié !

Au bout de combien de temps
Sur son écran
Remarqua-t-il qu'un mot nouveau s'était affiché ?
Ses yeux se mirent à s'écarquiller.

"Voilà."
L'excitation, l'émoi,
Passé le soulagement de n'avoir point blessé.
Il était troublé !

Les lignes se mirent alors à défiler,
Décrivant sans artifice les sous-vêtements portés :
"Soutien-gorge noir d'ébène au toucher caressant,
Le charme de la broderie anglaise évoquant...

Fesses galbées dans culotte Saint-Tropez assortie,
Au laçage malicieux et sexy..."
Ses lèvres esquissèrent un sourire heureux,
Mais, ses inquiétudes envolées, il espérait désormais mieux...

Alors il se jeta à l'eau,
Et commença par lui demander la couleur de sa peau
Bien décidé à bannir toute pudibonderie.
Blanc était son teint, l'été cela lui causait bien des soucis !

Il regretta qu'elle n'eût de caméra près de son écran,
Le contraste noir sur blanc
Echauffant ses sens.
Déjà il était ensorcelé par des images qui le bousculaient de leur exubérance.

Il se sentit soudain à l'étroit :
Une petite bosse se devinait déjà
Entre ses jambes...
Bien moins qu'auparavant il se sentait ingambe !

Lui aussi avait la maison pour lui seul.
Il pouvait se laisser aller à profiter d'un petit amuse-gueule,
A cette heure, même le facteur ne passerait plus :
Nul ne le surprendrait, il n'aurait à se sentir confus.

Sa braguette il déboutonna,
Une main alors y glissa.
Il libéra son sexe, de ses gestes certain,
Ne mettant à son désir plus de frein.

Il osa même, de ses doigts libres,
Rompre le tranquille équilibre
Et tapoter qu'il eût aimé qu'elle se décrive,
Qu'elle se montrât même plus active...

Elle eut un étrange sourire.
Relèverait-elle le défi ou allait-elle s'enfuir ?
Il lui plaisait à penser
Qu'un homme par elle était émoustillé...

Elle choisit de prendre sur elle,
De mettre de côté sa pudeur originelle.
Elle allait se laisser porter par le jeu, par les sensations,
Quel mal y avait-il à partager des émotions ?

Elle lui peignit donc sa silhouette,
S'attardant sur les endroits qui généralement aux hommes font perdre la tête :
La naissance de sa gorge, dangereusement vallonnée,
Les seins, qui aimaient à être léchés...

Il l'interrompit :
Pouvait-elle, au fur et à mesure de la description de ce paysage joli,
Faire glisser ses mains sur sa peau
Et écrire les frissons, les chairs de poule si d'aventure ils la secouaient de bas en haut ?

Elle ferma les yeux,
Rappelant à sa mémoire ses traits malicieux.
Elle imagina que c'était les doigts virils qui enrobaient le sein droit :
Les siens caressèrent à travers le tissu le mamelon délicat...

Il lui demanda alors de reprendre là où elle en était.
Sa main sur l'arrondi du ventre glissait
Tandis que de l'autre elle pianotait sur le clavier.
Elle frôla le boxer ajusté...

Il ne perdit pas une miette du reste de sa narration,
Sans doute l'auriez-vous deviné sans hésitation.
Sa main allait et venait à une cadence douce et régulière,
Un film se déroulant, au fil de la discussion, derrière ses paupières.

Lorsqu'elle lui avoua
Que douceur et moiteur s'entrelaçaient sous ses doigts,
Poussant de petits soupirs d'aise,
Ce n'est pas qu'à la mode belge qu'il eût voulu lui faire une baise...

Il lui écrivit encore
Qu'il voulait qu'elle écoute son corps,
Qu'elle se fasse du bien
Sans rebrousser chemin.

Il lut encore, chamboulé,
Qu'elle s'immisçait dans son intimité,
Que l'accès en était glissant
Mais point périlleux pour autant !

Elle parla de ses allées et venues,
Décrivit les désirs qui animaient son corps nu...
Il avait accéléré le rythme de ses attouchements onaniques
Et son pénis saillait, secoué de tressaillements spasmodiques.

Il ne sut qu'après-coup
Qu'elle aussi était allée jusqu'au bout...
Le bas-ventre maculé de semence,
Il avait clos les yeux, goûtant au silence.

Lorsque sur l'écran il les rouvrit,
Sa jouissance à elle il découvrit :
L'humidité qui attendrissait son vagin,
La boule crépitante qui gonflait en son sein,

Son clitoris électrisé par les titillements...
Il lui semblait entendre dans son cou ses gémissements !
Il reçut alors en plein cœur le feu d'artifice
Qui explosait entre ses cuisses.

Le silence se fit alors, repu de contentement,
De part et d'autre des écrans.

De son côté à lui
S'afficha soudain un smiley aux joues rougies,
Clôturant la conversation : elle s'était enfuie.
Il sourit...



Elle enregistra son texte, sans le relire, volontairement.
C'était le premier à lui causer tant de tourments !
De banal lorsqu'elle en avait ébauché la trame un mois auparavant,
Il lui était devenu... troublant !

Elle y porta juste une dédicace ultime,
En hommage à une ode sublime.

 
Turlututu
Écrit par Plume Légère   
Mercredi, 21 Octobre 2009 01:00

Elle n'avait qu'une idée en tête,
Celle de s'occuper du petit animal,
Pelotonné derrière sa braguette.
L'obsession était apparue, fort matinale,
Il fallait accéder à sa requête.

Alors, elle l'avait invité, sans aucune hésitation,
A la suivre sous la douche.
Il n'avait d'abord pas semblé comprendre sa proposition,
Puis un grand sourire avait orné sa bouche,
Et il lui avait emboîté le pas, fidèle comme un mouton.

Sitôt entrés, sitôt la porte close :
Il ne s'agissait pas d'être surpris par les enfants
Lorsque les submergerait l'apothéose !

Elle s'était dévêtue,
Fuyant comme à l'habitude son regard...
Il lui était toujours difficile de se voir dans ses yeux, nue,
Même si cela le rendait égrillard.
Cette simple pensée lui semblait si saugrenue !

Ses vêtements jetés au sol,
Elle avait enjambé le rebord de la baignoire.
Elle l'entendait siffler tel un rossignol,
Devinait que son outil se muait en plongeoir
Pour les spermatozoïdes bien décidés à faire preuve de self-control...

Il l'avait précipitamment rejointe
Et ses mains s'étaient posées sur ses hanches :
Elle percevait sans effort qu'elle était son accointe !

Vers les robinets elle s'était tournée,
Offrant à sa vue son dos, son postérieur.
Plus que de raison elle s'était penchée
Sur le mitigeur...
L'eau coulait, chaude, et il l'avait agrippée...

Mais elle n'était point une "fille facile",
Elle ne s'offrait pas ainsi au premier passant !
Elle lui échappa, habile,
Se retourna en se contorsionnant,
Acceptant tout juste de l'embrasser, lui si fébrile.

De drôles de pensées tournoyaient en sa tête :
Elle le voulait à sa merci
Mais se heurtait à ses démons qui d'elle réclamaient une vie d'ascète...

Elle ferma les yeux.
Elle n'entendait que le crépitement des gouttes,
Et cela lui convenait bien mieux
Que les paroles qu'il eut pu prononcer au cours de la joute,
Fussent-elles pour l'encourager au jeu...

Elle lui tendit la main et mit un genou à terre, toute gentillette.
Le tableau qu'ainsi ils formaient était si obscène et érotique,
Elle nue à ses pieds, son sexe à lui au niveau de sa tête...
Elle en rougirait, encore plus tard, elle si pudique,
Lorsque sur son clavier elle coucherait le souvenir de ces galipettes...

Dans cette posture, elle se sentait dominée, soumise,
Même si en vérité il n'en était rien.
Cela l'arrangeait de se dire qu'il usait d'elle à sa guise...

Mais, pour l'heure, ce n'est qu'au bon vouloir féminin
Qu'il dut la tendre caresse
Exercée par deux mains
Sur sa verge en liesse.
Et c'est encore la timide nymphomane qui poussa l'aventure plus loin...

Tandis que sur elle s'abattait la pluie de la douche,
Sans plus penser au paysage qu'à sa vue lubrique elle offrait,
Elle entrouvrit la bouche
Et pointa - les yeux toujours clos car le regarder elle n'osait -,
Le bout de sa langue, farouche.

Juste à bonne hauteur de son pénis il était !
Nul besoin de se désarticuler,
La sucette, faire aller, venir, chahuter à loisir elle pouvait !

Elle lécha.
Délicatement d'abord,
Qu'il ait le temps de réaliser que maître de la situation il n'était pas :
Elle le tenait par le désir, déjà si fort
Qu'une goutte perlait du méat.

L'eau lui ruisselait dans le dos,
Dégoulinant sur ses fesses, s'écoulant le long de ses cuisses.
A l'orée de son antre chaud,
Elle sentait de son intime excitation les prémices :
Une autre humidité sourdait, affleurant sur ses lèvres au repos.

Pour lui enfin, elle s'abandonna et s'oublia.
Sa langue s'enhardit
Le long de la tige durcie.

Du bout des doigts, maladroitement,
Elle massait les testicules
Tandis que sa langue montait et descendait en prenant son temps.
Elle l'entendait accélérer sa respiration, presqu'incrédule
Devant le pénis qui allait encore grossissant.

Le saisissant à pleine main, non sans rougir,
Elle goba avec une soudaine avidité
Le gland décalotté et rose de désir.
Dans un léger mouvement de tangage, elle se mit alors à l'aspirer,
Le pouce et l'index en anneau devant ses lèvres, qui laissèrent échapper un soupir.

Elle resserra fermement son étreinte,
Faisant tourner sept fois sa langue autour du sucre d'orge.
La satisfaction de l'homme ne semblait pas feinte...

Elle l'engloutit à nouveau,
Plus profondément.
Elle devina une succession de mots,
N'en comprit rien évidemment.
Une main se plaqua alors sur sa nuque : instantané porno...

Elle éprouvait quelques difficultés
A garder le rythme de sa propre mélodie :
Par lui, elle ne voulait se faire commander !
Elle accélérait, ralentissait, guettait les effets de sa gâterie,
Se demandait si jusqu'à jouir elle allait l'amener...

Tel ne fut pas le cas...
Au bord de sa petite mort,
A se relever rapidement il l'aida.

Comme une crêpe il la retourna, l'inclina sur la robinetterie
Et la pénétra sans peine :
Son sexe était aussi mouillé que la verge qu'elle venait de sucer à l'envi.
Contre ses fesses, claquaient les bourses pleines.
Elle se sentait à lui, toute à lui...

Hélas, avec lui au septième ciel il ne l'emmena :
Trop conformes à l'un de ses fantasmes avaient été les préliminaires,
Il ne put se calmer et sa flèche décocha.
Dans ses yeux, lorsqu'elle osa y plonger les siens, pas très fière,
Brillaient mille éclats...

 
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