Galipettes sous l'édredon
Te mettre sur la paille
Écrit par Plume Légère   
Jeudi, 22 Décembre 2011 16:38

Agacez-moi... ;)

Je t'emmènerai par mes chemins
Avec en tête - tu me connais - un plan coquin.

De la pluie
Je t'apprendrai à faire fi :
Nous nous promènerons
Et lorsqu'à grelotter nous commencerons,
Je réchaufferai ton corps du mien,
Avec force câlins.
Tu sentiras sur ta bouche ma bouche :
Quand l'eau m'y vient, tu ne restes jamais bien longtemps farouche...
Souviens-toi comme elle sait t'électriser
En s'entrouvrant sur ma langue, gastronome osée...
Rappelle-toi aussi mes doigts,
Agiles à te raidir comme un bout de bois...

Je te conduirai alors jusque ce hangar,
À l'abri des regards.

Et là, j'oublierai enfin toute poésie, me laisserai aller à tous les dévergondages... Je me plierai à tes désirs. Tu me trousseras et joueras avec moi. À ta guise. Sans essuyer le moindre refus de ma part.

Veux-tu que je te raconte ? Comment cela, j'y mettrai encore trop de pudeur ? Chut... Écoute-moi... Laisse-moi te montrer celle que je pourrais être avec toi...

Ruisselante, les cheveux dégoulinants dans mon cou, dans mon dos.
Ma robe, droite, noire, plaquée sur mon corps. Toutes mes courbes moulées : mes seins, mes fesses, mes cuisses. Mon ventre...
Tremblotante.

Je me tiendrai ainsi devant toi, un instant, en te commandant de t'asseoir sur un ballot de paille.

Et puis, je te regarderai. Intensément. Impudiquement.

Avant de me dévêtir.
J'attraperai, en croisant les poignets, le bas de ma robe et le ferai passer par-dessus ma tête. Je la jetterai à tes pieds.

Alors, juste en sous-vêtements rouges - tes préférés -, bas de soie noirs et stilettos, je m'approcherai de toi. Je grimperai sur ta botte de foin, en m'aidant de l'une de tes mains. Tes jambes seront emprisonnées entre mes pieds, ton visage à la hauteur de mon nombril. Je passerai ma main dans tes cheveux, mouillés.

Je n'aurai pas lâché tes doigts. Et j'oserai, faire ce que tu attends de moi.

OSER.

Je porterai ton index à ma bouche, le lècherai, le sucerai, comme s'il était ton sexe.
Qu'il soit humide. De moi.
Pour t'exciter. Mais pas que.
Je l'aiderai à jouer à saute-mouton par-dessus culotte tropézienne et porte-jarretelles, puis à se faufiler sous la dentelle, entre ma cuisse et ma toison.
Je le ferai aller et venir, un court instant, sur mon mont, et le glisserai, affamée de toi, entre mes lèvres. Tu le sais, elles se tendront tout de suite vers toi et je ne saurai réprimer un premier gémissement. Instantanément, je fondrai sous la caresse, mouillant davantage encore ton doigt.
Mon antre, brûlant, deviendra rivière.
Sous la pulpe de tes doigts, car j'y joindrai les autres, je serai douce, crémeuse, lisse...

Je ferai durer le plaisir.
Pour moi.
Mais aussi pour toi.
Je sais que tu te délecteras de la vue.
Et que tu banderas de me voir agir de cette manière.

Et puis, je chuchoterai à ton index et ton majeur, du bout de mes doigts à moi, mon envie de les voir s'engouffrer.
Je les inviterai à mon orée.
J'appuierai sur leurs phalanges pour qu'ils me pénètrent.
Profondément.
D'un seul coup.
En m'arrachant un soupir.
Un râle.

Je les ferai sortir, plonger à nouveau, sans même leur laisser le temps de reprendre leur souffle, d'aspirer une goulée d'air.
Qu'ils me fouillent en apnée.
Qu'ils me dévastent, me ravagent.
Qu'ils me baisent.
Comme le ferait ton sexe.

Je ne les laisserai pas me mener à l'orgasme, pas déjà.
Ils me câlineront encore, trempant au passage ma culotte.
Je me frotterai contre eux.
Savamment.
À t'en faire oublier de refermer ta bouche.

Et puis, je les retirerai.
Et te demanderai de me débarrasser de ce qui m'entrave les fesses et les seins.
Je garderai juste mes bas et mes talons.
Comme tu aimes.

Tu me diras sans doute... Non rien, je ne te laisserai rien me dire.

Je poserai l'un de mes pieds sur ton épaule, relèverai ton visage de ton index imbibé de moi sur ton menton et te dirai mon envie.
Tu seras bien à l'étroit. Plus que jamais.
T'ai-je seulement jamais dit que je voulais que tu me lèches ? Non, jamais. Tu l'as fait, certes, mais jamais dans un tel lieu ; jamais dans cette tenue ; jamais surtout à ma demande.
Là, je n'hésiterai pas : "J'ai faim de ta langue. Lèche-moi. S'il te plaît."
Je n'oublierai pas que c'est toi, en fait, qui mènes ma danse.
Que je veux te faire plaisir.
Que je veux être tienne.

Je m'écarterai sous ton rose appendice. Mes lèvres s'ouvriront, perlées de miel.
Tu me lècheras, me lapperas, me happeras.
Je gémirai.
Mon bassin viendra et ira en respectant ton rythme.
Tu me humeras.
Moi, féline à ta merci.

Et pour que ton sexe soit plus gros, plus rigide encore, je poserai une main sur ton front, que tu te recules un peu, et te ferai goûter mes doigts.
Les sentir dans ta bouche chaude et mouillée m'excite.
Je devine presqu'alors ce que tu peux éprouver lorsque je te prends moi-même en bouche...
La douceur, la moiteur.
Une caresse tropicale.
Et ta langue qui roule, qui tangue...
Oui, une caresse tropicale, mais sur les vagues de notre océan...

Je fermerai les yeux.
Jambes vacillantes.
Et resterai ainsi un long moment.

Et puis, mes doigts viendront échouer sur tes lèvres avec les vagues et, sans précipitation, descendront au mouillage, en mon propre port.
Sous tes yeux hypnotisés, conquis, je le sais d'avance, je me caresserai.
Je glisserai le long de mon intime fente, m'insinuerai. Lentement. Doucement.
Suis-je au fond autre chose que douceur ? Tu me le répètes, chaque fois que nous faisons l'amour. Chaque fois, du moins, que nous échangeons nos rôles et que je mène le bal. Comparant tes assauts bestiaux à mes ondulations souples, câlines. Comment dis-tu ? Que tu aimes ma façon de te baiser, intense, féline, reptilienne.

Je me toucherai, me fouillerai, me découvrirai.
Me ferai gémir, les joues rougies.
Et avant d'atteindre la jouissance, je te regarderai droit dans les yeux et te demanderai de me prendre, à ta façon.
Animale.

Tu ne seras pas tendre.
Comme un lion en cage, poussé à bout par ces préliminaires.
Tu oublieras toute fioriture, me retourneras et me hisseras, à quatre pattes, sur la prochaine botte de foin. Près de la petit lucarne.
Nous entendrons la pluie suinter et s'écouler par les gouttières.
Tu me susurreras d'une voix rauque, ton sexe se frottant contre mes reins : "Crie... Que tes gémissements réveillent tout alentour. Que tous sachent que tu te fais baiser, là, maintenant. Que tu te fais prendre dans la paille. Que les hommes bandent, cessent toute activité et se branlent sur la mélodie de tes gémissements. Qu'ils jouissent en inondant la terre de leur foutre. Que les animaux entrent en rut. Que tout sente le stupre. Crie !"

Je n'aurai plus froid.
Mais la peau hérissée.

Et tu t'imposeras à moi.
Ton sexe érigé, dur, si dur.
Impérieux, dominateur.
Comme... je rêve.
M'en remettre à toi, oser.

Tu m'empaleras. Fort. Pleinement.
Et je hurlerai.
De douleur.
D'envie.

Tu mettras ton index dans ma bouche, que je le suce.
En haletant.
En me cambrant sous tes coups.
Violents.
Sauvages.
Il ne saura, ni ne voudra d'ailleurs, retenir mes cris.

Tu me prendras. De toutes tes forces.
Tu m'agripperas, te cramponneras.
Me marquant les hanches de tes doigts.
Me marquant de toi.

Je serai à ta merci.
Offerte.
Entièrement.

Nous oublierons tout.
Pour n'être plus que désirs.
Que sexes.
Qu'animaux.
Dans les exhalaisons du foin.

Tu me possèderas.
Placeras ta main sur ma nuque, fermement.
Maintiendras mes poignets dans mon dos de l'autre.
Et puis, tu m'envahiras.
En rage...
En nage...
Tu me sailliras,
M'enfonceras,
Briseras mon corps d'extase.
Jusqu'à t'évanouir en moi,
Dans un souffle rauque.
Dans un flot puissant.

Moi, ensemencée de toi.

Plus tard, avant que la folie de nos corps ne nous reprenne, je chercherai tes yeux.
Pour y lire.
L'homme derrière la bête.

 

 

 
Chasser ta mine renfrognée...
Écrit par Plume Légère   
Mercredi, 21 Septembre 2011 09:48

Tu serais allongé dans le mitan du lit.
Étendu, les bras en croix,
Délassant tes muscles endoloris.

Sortant, fraîche, de la douche,
Je reconnaîtrais ton air meurtri
Et te rejoindrais délicatement sur notre couche.

Prenant garde de ne pas faire bouger le matelas rebondi,
Je m'installerais tout contre ton flanc
Et caresserais ton torse, à ma merci.

Ma paume droite doucement t'effleurerait,
Veillant à ce qu'aucun de tes membres n'ait tressailli.
Amoureusement je te câlinerais...

Ton corps voluptueusement avachi
Serait sous mes yeux une friandise :
Je ne saurais résister à mes envies...

Des bisous je viendrais déposer dans ton cou,
Un à un, faisant virevolter mes lèvres, ravie
De sentir au bout de mes doigts vagabonds ton organe qui se met en joue...

Je me lancerais le défi
D'effacer sur tes traits cette moue renfrognée
De celui qui souffre mais ne gémit.

De douceur je t'envelopperais :
Il ne serait pas question que je chevauche ton vît,
Quand bien même de désir je fondrais.

Je ne m'occuperais que de toi, pauvre chéri,
Cherchant à te mener à la jouissance
Sans que de douleur tu ne profères un cri.

De ma langue, je lècherai la ligne
Qui descend de ton sternum à ton nombril. Malgré tout non soumis,
Pour ne ressentir aucune gêne tu me donnerais des consignes.

Dans le silence de nos souffles, tu me chuchoterais crûment ta fantaisie,
M'exhortant à te masturber adroitement,
Et je sais que tu sourirais de mes joues rougies.

Je me saisirais de toi à pleine main,
Montant et descendant le long de ta hampe, au ralenti.
Tes yeux plongeraient résolument dans les miens.

Je ferais glisser ton membre dans son propre étui,
Flattant sa peau, lisse,
Tout en retenant son flot de vie.

Ma bouche continuerait de parcourir ton torse, le mordillant même,
Tandis que mes oreilles resteraient attentives au moindre bruit,
Jusqu'au moment suprême.

Alors, sans plus temporiser, je serrerais davantage ton sexe brandi,
Pour discerner sous mon épiderme de ton plaisir chaque spasme.
Je ne te lâcherai qu'apaisé, délesté et attendri...

 
Le testament
Écrit par Plume Légère   
Samedi, 04 Juin 2011 01:29

Elle en avait déjà enjambé le seuil,
Deux ou trois ans auparavant.
Un minuscule penty,
Au bord de la rivière :
Tout de pierres construit,
Il avait dû autrefois être charmant.
L'air embaumait le chèvrefeuille.

Elle aimait habituellement ces lieux,
Dans lesquels elle écoutait les vestiges du passé :

Elle touchait les murs,
Leur donnait la parole.
Du bout des doigts elle caressait leurs blessures,
Percevait les rires envolés.
Mais pas là. Là, elle avait senti se hérisser ses cheveux.

Il y avait dans le chaos tant de tristesse...
Elle avait entendu la complainte monotone d'une femme
Qui berçait inlassablement son enfant.
Et puis des cris, affreux, des pleurs,
Des râles, des étouffements.
Des bleus aux corps, des bleus à l'âme.
Et la mort, enfin, comme une délivrance. Elle avait fui, en grand état de stress.

Depuis, elle passait près de cette demeure chaque jour,
Sans jamais oser tourner la tête vers elle, en contrebas.
Le matin, le soir :
Jamais ses yeux ne quittaient la route.
Il lui semblait que juste l'apercevoir
Mènerait son cœur à la lisière du trépas.
Elle parvenait à mi-côte, le souffle déjà court.

Le temps de franchir le stop sans risque,
Elle retenait, sans même le remarquer,
Sa respiration,
Se sentant toute chose.
Quand les pneus faisaient jaillir les gravillons,
Elle recommençait enfin à inspirer
Et filait comme, devant un guépard, une damalisque.

Ce jour-là, il faisait beau.
Beau et même chaud, pour la saison.
Elle marchait en donnant parfois à son homme la main,
Dans la lumière dorée du jour qui fatigue
Mais ne veut pas encore céder la place à demain.
Elle fleurait bon le savon
Qu'elle avait fait mousser sur sa peau un peu plus tôt.

L'on eut dit un bonbon :
Délicatement enveloppé dans une robe blanche d'été,
Son corps, relaxé et doux,
Exhalait la violette.
Lui, il avait envie de la croquer en commençant par le cou,
Mais se contenait, la regardait photographier
Ici une herbe, là un bourdon.

Sur sa peau de lait,
Il repérait la beauté en grains
Et tendait machinalement la main vers elle,
Pour la caresser, se l'approprier un peu.
Elle, ingénue, s'échappait sans l'avoir vu, à tire-d'ailes,
Avait de ces gestes mutins
Qui en haleine le tenait.

Elle s'arrêtait pour éclater entre ses doigts
Un fruit de phalangère à fleur de lys
Et son rire coulait,
Limpide comme l'eau d'un gave.
Sa robe virevoltait,
Sans malice,
Et le mettait en émoi.

Ils étaient ainsi arrivés à hauteur de la vieille maison.
Le soleil réchauffait la façade mangée de lierre
Et des pervenches couvraient le sol,
Coquettes,
Déployant leur corolle.
Ils avaient dirigé leurs pas vers la chaumière
Sans concertation.

Nulle appréhension ne comprimait cette fois son cœur :
Près de lui, elle se sentait en sécurité
Et, pour tout dire,
Ses sens, en éveil,
Ne captaient que murmures et soupirs de plaisir,
Amour et joyeusetés.
Ce foyer n'avait pas abrité que des pleurs...

Ils pénétrèrent.
La porte, encore bleuâtre par endroits,
Pivota sur ses vieux gonds,
Dévoilant un fouillis indescriptible :
La demeure était restée longtemps à l'abandon,
Servant peut-être encore, ça et là, de toit
À un pauvre hère.

L'on racontait aux alentours
Que le jeune couple qui s'était installé là
Était très amoureux.
Et puis les aléas de la vie
S'étaient abattus sur lui, insidieux :
L'homme, désespéré, mère et fille un jour tua,
Avant de se pendre à son tour.

Les gendarmes étaient arrivés trop tard.
Les commères chantaient désormais,
À qui voulait bien les écouter
L'amour infini et la misère,
Donnaient d'exquises précisions aux curieux étrangers :
"La Marie donnait le sein au bébé et chantonnait ;
Et soudain deux coups, comme deux gros pétards..."

Parmi les meubles vermoulus tombés ou jetés au sol,
Le rouge flamboyait encore, sur une nappe qu'avait autrefois choisie Marie.
Un panier à salade, une grande marmite en fonte, une bassine...
Sur la droite, une échelle de meunier.
Tout en haut, le lit où la jeune femme, la nuit, se montrait mutine
Et celui de l'enfant chéri.
Invisible mais perceptible, un rossignol.

Où poser les pieds, l'on ne savait trop,
Aussi progressaient-ils lentement,
Pour ne rien déranger des vestiges las.
Elle glissait les doigts sur les murs,
Et soudain ce qui semblait un cœur elle repéra :
Ici, elle en était sûre, s'étaient tenus deux amants.
Elle ressentait dans l'air leur souffle chaud.

Des images venaient à elle,
D'une femme, Marie probablement,
La jupe retroussée,
Le dos appuyé contre le mur
Tandis que son homme, le membre érigé,
Allait et venait, d'aise soupirant.
Elle sentit ses joues rougir malgré elle.

Eut-il la même vision ?
Devina-t-il le trouble qui la traversait ?
Il attrapa son poignet gauche
Et, le nez dans son cou,
Y déposa d'un baiser la première ébauche.
Elle ne s'échappait ni même ne reculait.
Marie lui souriait, en imagination.

Elle n'était pas exhibitionniste
Et imaginer une présence voyeuse
Aurait habituellement jugulé sa libido.
Pas ce jour-là.
Ses émotions à fleur de peau,
Elle se faisait aguicheuse
Pour lui qui allait se montrer symphoniste.

Elle se tenait face à lui,
Plongea ses yeux dans les siens.
Il lui était difficile de les soutenir sans se sentir nue
Mais il lui maintenait le menton relevé,
Penchant vers elle sa bouche lippue.
Elle pressa contre lui ses seins
Et à ses lèvres se suspendit.

Il était affamé.
Ce n'était pas un bisou, pas un baiser : il la dévorait.
Il avait forcé le barrage de ses dents
Et sa langue s'engouffrait, possessive.
Elle s'efforçait de calmer ses ardeurs, ses babines léchant.
Ils se mêlaient, s'emmêlaient, se démêlaient,
Sans même prendre le temps d'inspirer.

Il la caressait des deux mains.
Non, la pétrissait, de la poitrine jusqu'aux fesses.
Et elle se dandinait, se haussant parfois sur la pointe des pieds.
Se serrant contre ses cuisses
Dans un petit mouvement du bassin, régulier.
Il avait glissé ses doigts sous la robe, sans aucune délicatesse
Et s'acharnait à présent à mettre à nu son vagin.

Sa culotte tomba sur ses chevilles.
Pour ne point la piétiner elle s'accroupit,
Pensant la ramasser et retrouver entre ses bras sa place...
Mais à terre, elle se trouva dans une posture si indécente
Qu'elle força son audace :
Elle roula son sous-vêtement en boule dans sa poche à lui,
Et ne s'offusqua à la pensée qui lui vint, pensée de mauvaise fille.

Les genoux à terre,
Tout juste vêtue d'un peu de dentelle,
Elle caressa, par-dessus son pantalon,
Tendrement mais fermement,
Le sexe camouflé de son compagnon.
Elle ne voulait pas l'amener ainsi au septième ciel,
Juste lui offrir une vision, aux convenances si contraire.

Elle le sentait désireux de se tendre à la caresse,
Comme un serpent à sonnette dressé devant les gestes de son charmeur,
Aussi lui ouvrit-elle la porte de sa prison,
S'amusant de le voir hésiter entre érection et repos.
Elle le frôlait de la paume de sa main, en douceur,
Car c'est ainsi, avec patience et gestes doux, que les animaux l'on dresse.

Lorsqu'il se tint bien droit et sage,
À sa bouche elle le porta,
Délicatement.
Il avait réussi l'exercice,
Il fallait le récompenser d'un en-cas !
Elle le flatta du bord des lèvres, en un doux massage.

Elle devinait que ses yeux s'emplissaient de la vue offerte :
En photographe amateur,
Il savait à présent composer de jolis tableaux,
Concentrer l'éclairage en un point particulier,
Orienter lignes et courbes, à fleur de peau.
Il devait contempler son membre joueur
Pénétrer plus avant sa bouche ouverte...

Elle rougit.
Il maintint son visage entre ses deux mains,
Le fit aller et venir,
Avec assurance mais gentillesse.
Elle vit ses pupilles s'agrandir,
Et Marie qui souriait, dans un coin.
Elle se sentit soudain si vivante, si...

Il s'était reculé
Et se contenait de jouir.
Croiser son regard l'avait troublé
Et sa buccale caresse était si divine...
Il lui demanda de se lever, de se retourner.
Elle ne pouvait qu'obéir.
La maison craquait de soupirs énamourés.

Il lui posa les deux mains bien à plat
À l'endroit même où elle croyait avoir vu l'esquisse d'un cœur.
Il s'agissait en fait de l'empreinte d'un morceau de plâtre,
Tombé à même le sol.
Elle l'encadra de ses mains d'albâtre,
Troublée : sous ses paumes se devinait d'une autre femme la chaleur :
Combien de fois Marie s'était-elle offerte là ?

Il releva sa jupe, dévoilant ses blanches fesses,
Et, sans effort, la pénétra.
Elle vacilla, les pieds mal campés dans les feuilles mortes,
Mais il la retint, s'enfonçant plus profondément
Et, pour rétablir son équilibre, lui pressant l'aorte.
Par les voliges en éclats,
S'échappa un cri. De plaisir, bestial, non de sage tendresse.

Combien de temps cela dura-t-il ?
Elle écarta davantage les cuisses,
Afin d'assurer ses appuis,
Facilitant ainsi les impérieux mouvements.
Il la guidait par les hanches, enchaînant rythme alangui
Et possession musclée ; elle accusait tous ses caprices,
Elle-même si fébrile.

Elle eut encore une ultime pensée pour Marie,
Crut entendre s'approcher un voisin,
Rougit et voulut ralentir...
Il l'en empêcha.
Dans le silence ambré l'on ne pouvait ouïr,
Outre le gazouillis des oiseaux dans le vieux jardin,
Qu'un bruit.

Celui que fait parfois l'eau dans un port
Lorsqu'elle se faufile entre le quai et un bateau :
Un bruit mouillé,
De succion.
Le pénis de son compagnon, fermement érigé,
S'emboîtait en son vagin comme une dague dans son fourreau,
Y glissait, moite, allant et venant encore et encore.

Ses mains sur le mur
Tantôt étiraient leurs doigts,
Tantôt se crispaient sur le salpêtre
Tandis qu'il la fouillait.
Elle sentait monter la vague de bien-être,
En gémissait d'émoi :
Oubliés les murmures !

Il fallait mettre un terme, momentanément,
À cette folle envolée.
Retrouver son souffle, sagement.
Tout au bord du précipice
Reprendre son élan.
Et puis sauter
Jusqu'au septième ciel, en riant.

Elle coupa court à la bagatelle
En ralentissant peu à peu,
Et prétexta la nécessité, sachant la période féconde, de s'encapuchonner.
Il grogna, lui mordilla le cou, s'enfonça une fois encore,
Mais elle insista, obstinée :
Ne savaient-ils pas tous deux
Que dans son porte-feuille il y avait toujours de quoi s'abandonner sans crainte au jeu sexuel ?

Il s'accroupit alors,
Ramassa à ses pieds son pantalon
Et explora ses poches
En grommelant, maladroitement.
Elle tenta, pour le calmer, une approche
Et son sexe, luisant, caressa sur tout son long.
Elle savait l'amadouer, lui, si vif, si fort...

Il tressautait dans sa main,
Comme mû d'une vie propre. La fouettait, presque.
Elle le voulait sentir dans son ventre,
Ferme, décidé,
Propriétaire de son antre.
Son esprit pourtant romanesque
Ne s'encombrait pas de savoir d'où venait son besoin.

Elle saisit entre le pouce et l'index le préservatif
Qu'elle porta à sa bouche, non sans relever un instant vers lui les yeux.
Ses lèvres douces pour le protéger des morsures s'arrondirent.
Elle aspira délicatement le réservoir
Et, collant son visage contre son bassin, le sentit frémir.
Elle déroula alors, lentement, fermement, en s'aidant de ses doigts, un peu,
L'enveloppe jusque la base de son pénis, pas du tout rétif.

Puis elle se releva,
Du bout de la langue, l'embrassa furtivement,
Et se retourna, mains contre le mur,
Cambrée.
Il trouva tout de suite le chemin, de lui si sûr,
Et entreprit de la posséder, avidement.
Elle s'arc-bouta.

Il la tenait par les hanches,
Allait, venait, se regardait en elle disparaître.
Ses jambes à elle parfois ployaient
Tandis qu'elle creusait les reins :
Et impudiquement s'offrait.
Une mésange vint se poser sur le rebord de la fenêtre.
L'air embaumait la pervenche.

C'est lorsqu'il glissa l'une de ses mains à l'orée de son sexe
Que tout contrôle elle perdit.
Il se faisait inquisiteur,
Exacerbait son clitoris :
Elle se mit à haleter, à se tordre de tant de douceur,
À se trémousser sur lui.
Elle avait tout oublié de ses complexes.

Elle sentit alors en elle qu'il se contractait,
Puis les spasmes de sa jouissance.
Fermant les yeux elle sourit,
Et au plaisir s'abandonna
Sans pouvoir retenir un cri.
Il la tint longtemps encore contre lui après la danse
Tandis que leurs muscles se détendaient.

Lorsqu'ils s'en allèrent,
L'esprit en paix elle câlina du plat de la main le mur qui l'avait soutenue,
Fit un clin d'œil à la nappe de Marie
Et sursauta :
Dans un coin, une bassine emplie d'eau croupie
Et une grenouille au regard soutenu
Qui croassa, dérangée dans son confort solitaire...


 

 
Sans plus rougir
Écrit par Plume Légère   
Mardi, 26 Avril 2011 22:21

Nous croiser,
Ici ou là,
Sans avoir rien provoqué.
Dans un extraordinaire fracas.

Le fruit du hasard
Puisque ne sommes ici que des pions.
Mais bien sûr, nous reconnaître dès le premier regard,
Sans l'ombre d'une hésitation.

Oublier le lieu,
L'heure.
Juste nous deux
Et les palpitations de nos cœurs.

Que faire alors ?
Détourner la tête, faire semblant de ne pas te reconnaître,
Et sentir mes joues rougir de toutes leurs pores ?
Ce n'est plus la femme que je veux être !

Non, plonger littéralement dans tes yeux,
Bafouiller deux mots, même si inintelligibles,
M'approcher avec assurance, encore un peu,
Et soudain de ma bouche embrasser la tienne, amoureuse incorrigible...

Lécher ta lèvre supérieure,
Baiser tes commissures, la gauche, puis la droite,
Forcer le barrage de tes dents... Tu m'aides, tricheur !
Et te faire comprendre que c'est tout toi que je convoite...

Ma main derrière ta nuque, bien que je doute que tu recules,
Ma langue s'aventure, trouve la tienne
La caresse, gentiment mais possessivement la bouscule
Et la fait sienne.

Comme je ne suis pas manchote,
Mes cinq autres doigts glissent jusque ton entrejambe
Et envoient des informations détaillées à mon cerveau qui de tout cela déjà prend note :
Vigueur avant l'effort, comparaison de sa longueur à celles des tiges du crambe...

Je te veux
Et je tiens à ce que tu le saches.
Je veux faire de toi, mais soumise à ton plaisir, mon terrain de jeu.
Je veux surtout que de ma pudeur tu me déharnaches...

Un coup d'œil autour de nous :
Des femmes, des hommes, des enfants !
Et pourtant, jusque ce restaurant, les regards braqués sur nous,
Te conduire assurément, fermement.

Ne pas me démonter :
Tendre nos manteaux au serveur obséquieux,
Le lieu d'aisance lui demander de nous indiquer
Tandis qu'il nous préparera une table pour deux.

Riant comme des enfants,
Y courir, main dans la main.
Pénétrer chez les femmes, où l'espace est souvent plus blanc,
Et devenir ton amante, enfin.

Pas tout-à-fait... En fait, je rêve que tu...
Tes yeux, tes mains, ton assurance...
Peut-être même, sans vraiment me l'avouer, l'ai-je toujours su :
Je voudrais que tu... prennes l'ascendant lors de nos charnelles danses.

Être tienne.
Pour notre double émoi. À toi et moi.
Je ne veux plus de cette vie pondérée, raisonnable, vertueuse et saine,
Juste m'offrir à toi.

Je veux que tu me prennes en mains,
Que tu m'apprennes à assouvir ton plaisir.
Sois, dans nos ébats, mon suzerain,
Je me plierai à tes désirs.

Je ne te promets pas d'être docile,
Chaque fois que l'un de nous ôtera sa chemise !
Mais oui, lorsque ce sera possible et que tu en exprimeras le désir, de façon virile,
Accepter ce rôle de « soumise ».

Nous y voilà.
En imaginant l'endroit, l'on s'attendrait à découvrir un lieu sordide
Et je ne suis pas bien sûre de vouloir être là.
Je fais erreur. Ces toilettes propres, immaculées, à vrai dire m'intimident.

Je t'entraîne dans une cabine spacieuse
Et referme la porte sur nous, un peu indécise.
Je t'attire à moi. Ton regard luit d'une étincelle moqueuse
Tandis que sur la lunette abaissée, je suis assise.

Tu ne me crois pas capable de te faire l'amour ici...
Au quart de tour, je prends la mouche.
Ton sexe, que je viens de libérer sans avoir même réfléchi,
Se trouve juste à hauteur de ma bouche.

Tu souris.
Je ne veux pas une gâterie entreprendre :
Je veux que tu viennes toi-même la chercher, si tu en as envie...
Mais vas-tu comprendre ?

Tu relèves mon menton.
Tes yeux, de médusés deviennent interrogateurs.
J'habille mes pupilles d'une lueur de malice et baisse la tête en signe de soumission.
De mal interpréter mon attitude je devine que tu as peur.

Tu saisis mon visage entre tes deux mains,
Et je laisse la commissure de mes lèvres se relever.
Tu t'aventures alors à déboutonner mon chemisier, dévoilant mes seins.
Je ne quitte pas tes iris, déterminée.

Blancs.
Parfaitement adaptés à la taille de tes mains. Grandes.
Tu me dégrafes en les palpant.
Je sais que depuis toujours ils t'affriandent.

C'est tout naturellement que ton pénis, déjà érigé,
Vient se lover entre les deux
Et je gémis en pensant au tableau que nous devons former.
Tu te fais aller et venir dans ce doux creux.

Quelle image as-tu de moi en ce moment ?
Ne dis rien, je le sais :
Ravi de voir ton membre plonger voluptueusement.
Tu t'emplis les yeux de ma poitrine de lait.

Je devine ta peau qui dans mon vallon se tend,
Sa chair rose et lisse qui s'avance vers mon visage,
Glissant dans mon confortable encaissement.
L'on est si loin de l'image que tous doivent avoir de moi, petite fille sage...

Et puis... Tu t'approches de ma bouche.
Une décharge électrique, de mon dos à ma langue qui s'étire déjà vers toi.
Jamais encore ces mots à mon oreille, mais je ne veux pas paraître une sainte-nitouche.
Pourtant, ta voix rauque me trouble quand elle m'intime : « Suce-moi ! ».

Je t'effleure, du bout de la langue
Comme le ferait une petite fille qui découvrirait pour la première fois la gourmandise d'un sorbet.
Et je t'embouche, sans prendre le temps de prononcer une harangue :
Je ne suis de ton plaisir que le jouet.

Tu me pénètres, tu viens et tu vas,
Comme si ma bouche était mon sexe.
Tu t'enfonces profondément et je sais que tu aimes cela.
J'arrondis mes lèvres, sans complexe.

Je te sens gonflé de désir,
Rigide et si sensible à la fois.
Je me délecte de tes soupirs
Et de leur rythme qui croît.

Mais tu n'entends pas t'en tenir à cette posture :
Puisque de moi tu peux user selon le bon-vouloir de ta libido,
Tu voudrais admirer ma cambrure.
Tu te retires donc, m'aides à me relever et à te tourner le dos.

Tu écartes légèrement mes pieds,
Soulèves ma jupe et fais glisser, jusque sur mes chevilles, ma culotte.
Du bout des doigts tu t'assures de mon humidité
Et je ne peux retenir le mouvement de mon bassin qui voudrait que tu t'y frottes.

Tu me demandes ensuite d'appuyer les paumes de mes mains
Sur le couvercle des toilettes.
Je cambre les reins
À t'en faire perdre la tête.

Ton sexe vient se poser à l'orée de moi
Et ne bouge plus.
Et soudain tu plonges, parfaitement coi
Tandis qu'un cri par mes lèvres n'est pas retenu.

Tu m'agrippes par les hanches,
Me fouilles le ventre.
Une personne actionne de notre porte la clenche
Mais cela ne te déconcentre.

Tu m'emboutis,
Plus fort.
Je crie :
« Encore ! »

Sur la pointe des pieds pour te sentir mieux,
Je sens mes jambes qui flageolent.
L'une de tes mains caresse alors mon entrejambe mielleux :
Tu sais que ce geste, quand empalée, m'affole.

Je défaille, je jouis
Et te sens qui te contractes.
Tu te déverses en moi, conquis,
Une main avec le creux de mes reins en contact.

Nous ne restons pas longtemps dans la cabine après cela,
Juste le temps de nous rhabiller.
Tu tiens à ce que nous sortions ensemble, main dans la main et dans les yeux mille éclats.
Le regard du serveur est véritablement outré.

Il nous indique notre table
Et je lui décoche un sourire :
« Finalement, nous ne prendrons qu'un café et un jus de citron en terrasse, si cela est faisable.
C'est ce que mon homme désire. »



 
Jeux de plumes
Écrit par Jules B. et Plume Légère   
Jeudi, 21 Avril 2011 10:29

Chacun, une plume à la main. Ta plume effleure juste mes lèvres, à m'en faire frissonner.

Chacun, notre plume à la main. Je tiens la mienne par le penne, entre le pouce et l'index. Je dessine distraitement de ses barbes le contour de ta bouche, sensuelle. Une seule idée en tête : je voudrais bien l'embrasser, là, maintenant. Mais je ne le ferai pas. Envie de faire monter le désir en toi. Lentement. Alors je continue d'esquisser son contour (je crois même que je pourrais le faire les yeux fermés à présent), à t'en chatouiller, jusque même cette sensation désagréable de picotement. Tu te pinces, tu te mords les lèvres : je voudrais tant en faire autant... Attraper entre mes dents ta lèvre inférieure, l'aspirer, la mordiller et puis, oui, la lécher. Du bout de la langue, à petits coups ; et puis, plus langoureusement, comme si elle était un sorbet au citron, fondant sous le soleil. Allons, non, pas tout de suite : cacher ce désir, attendre que le tien soit le plus fort...

Ma plume effleure ton cou, à t'en faire tressaillir.

Ta plume à toi, dans mon cou. Tu ne le sais pas encore, mais mon cou est l'un des points faibles de mon corps. Une zone très sensible. Érogène, oui. Une caresse, un baiser, le frôlement d'une langue me chavirent. Je m'efforce de contrôler mes tressaillements, que tu ne te sentes pas déjà en territoire conquis...

Avec ta plume, tu dessines un cœur sur mon visage, passant au-dessus de mes yeux, descendant sur le bout de mon nez.

Un cœur. Quelle mouche m'a piquée ? Je viens de tracer un cœur sur ton visage ! Drôle d'idée. Et puis, non, pourquoi pas ? Ce n'est qu'un jeu n'est-ce pas ? Alors oser, tout faire pour faire monter ta fièvre. Je guide ma plume au-dessus de tes yeux, n'osant même pas y plonger les miens. Je les ai juste croisés tout à l'heure, sans avoir bien le temps d'en saisir la nuance. Ils m'auraient happée. Ne pas m'y noyer. Non, moi, je ne nage plus dans ces eaux troubles qui baignent les iris : trop peur désormais que cela fasse ruisseler mon propre liquide lacrymal... Je redescends par les ailes de ton nez. Tes narines frémissent.

Avec ma plume, je dessine une drôle de flèche, remontant de ton cou vers ton front, en passant par tes oreilles, et descendant jusqu'au creux de tes seins.

Tiens, tu t'essaies aussi au dessin ? Dommage, je n'ai pas deviné ce que tu ébauchais. Je ferme les yeux et essaie de retrouver le parcours de ta plume sur mon corps : mon cou, mon front, le lobe de mes oreilles (que ne les as-tu portés à ta bouche...) et ma poitrine. Oh. J'étais restée plus sage que toi. Je suis sûre que j'ai les joues rouges, là. Tu vas te moquer...

M'approchant lentement mais sûrement, je touche tes lèvres avec ma plume, puis la ramène à moi, pour t'indiquer l'endroit où les poser. Je touche un coin de ma bouche, puis l'autre.

Oh fripouille ! Crois-tu que je n'aie pas compris ton petit manège à l'instant ? Ta plume sur mes lèvres, puis sur ta bouche... D'accord, tu veux jouer ! Cap' ou pas cap' ? Et bien, regarde... Je me penche vers toi, le sourire aux lèvres. Sur la réserve encore, je te veux à point... Alors, un premier bisou à la commissure de tes lèvres. Et un second, de l'autre côté. Comme une bise manquée, comme un baiser que j'aurais attendu que tu me voles. Tu n'as pas osé...

Tu embrasses légèrement, comme une bise trop rapprochée, touchant à peine mes lèvres avec les tiennes, d'un côté, puis de l'autre.

Te faire aller plus loin. Tu es bien trop sage mon ami. Alors de ma plume, je me caresse le front, le nez, le menton, et, longuement, les seins. Mon décolleté permet à ma plume de se faufiler, que sauras-tu faire de ta bouche, de ta langue peut-être ?

C'est ton tour. Fleuret moucheté. Tu touches ton front, ton nez, ton menton, puis tes seins. Je m'exécute. J'embrasse ton front, ton nez, passe juste au-dessus de ta bouche, ton menton, puis tes seins. On se rapproche encore un peu. On se touche, comme des plumes, se laissant aller...

Chenapan ! Pas une halte sur ma bouche, et un bisou, à peine, sur mes seins ! Attendrais-tu que ce soit moi qui ose vraiment franchir la limite, celle du point de non-retour ? Ou n'es-tu qu'un poltron ? À moins... À moins que je ne te plaise pas...Non, tu ne serais pas encore là sinon. J'opte pour la couardise alors ! Et je prends mon tour. Cette fois, je te montre mes dents et glisse la plume de mon cou à la pointe de mes seins, toujours trop bien cachés à mon goût. Goûte-moi, mordille-moi...

 

 

Faire monter le désir en toi, voilà mon intention. Faire l'impasse de ta bouche pour voir ton impatience. Mais cette fois-ci je change de rythme, d'intensité. Je presse mon visage sur tes seins, tout en te serrant la taille. Je soulève ton chemisier pour glisser mes mains sur ta peau. Puis l'ouvre, avec frénésie, pour libérer tes seins de leur voile. Je les tâte, les caresse, les embrasse, lèche et mordille. Puis je monte enfin vers ton cou, que je remplis de baisers. Me délectant de tes gémissements, je tends l'oreille pour entendre ta respiration, ton souffle, frôlant ton cou avec mes lèvres, le long de ta joue, en direction de ta bouche.
Cette fois-ci ce n'est plus la délicieuse bise friponne, indécise, allumeuse. Non. C'est un bouche à bouche féroce. Dévorant. Absorbant. Nos langues se tortillent, comme des plumes voluptueuses.
Je sens tes mains, glisser de mes épaules, derrière mon cou, ma nuque. Tes doigts sillonner mes cheveux.
Tu croyais que je ne prendrai pas d'initiatives ? Je te montre ce que je veux. Tout en dévorant ta bouche, je prends fermement tes fesses de mes deux mains. Je te presse contre moi, serrant tes fesses de mes doigts écartés.
Comme une danse, serrée, rythmée, nos sexes se frottent déjà, en petits coups de bassin, incontrôlés, et tu sens très vite que je veux aller plus loin, très vite. Trop vite ? J'avais déjà défait ton chemisier et ton corps s'exposait à mes mains. Maintenant que je déboutonne ton pantalon, je me dis que tu dois penser que je suis très pressé, que je veux tout de suite aller au but.
Mais je vais te surprendre. Caressant d'abord ton pubis du bout de mes doigts. Puis carrément ta chatte, tandis que je descends, embrasser tes seins, lécher tes tétons.
Je te pousse, doucement, je te guide, vers le canapé tout proche. Assise, toi. A genoux, moi. Je t'embrasse encore une fois longuement, avant de descendre, donner de coups de langue sur tes lèvres intimes. Te goûter, te lécher, longuement. Pour t'exciter, t'apprivoiser, je te caresse, partout, tout en fricotant avec ton bouton rose.

 

Lâche, moi ? Non. J'en suis à te torturer de plaisir. Jusqu'à ce que tu en demandes plus, à ce que tu demandes autre chose. Non pas que j'attende tes ordres. Mais je continue les préliminaires jusqu'à ce que tu en sois repue, que tu pries de te faire prendre, que tu supplies.
Et là je sens que tu n'en peux plus, tu tires mes cheveux, fais semblant de griffer mon dos, que tu as déjà déshabillé.

 

 

Ne pas rester ainsi sur le canapé,
Apprivoisée, torturée.
Ne pas supplier non plus.

Habiller légèrement mon corps nu,
Te saisir par la main
Et te conduire dans le pays bigouden.
T'emmener voir la mer,
Nous contenter d'avaler un grand bol d'air.
Les vagues viendront, se retireront, câlinant le sable délicat
En un simulacre de nos ébats...

Tu me connais sans doute plus que tu ne crois :
Je ne suis pas de celles qui dictent les lois,
Mais j'apprends, petit à petit,
À oser dire mes envies
Et même, de plus en plus souvent,
Aimé-je à surprendre, femme enfin devenant.
J'aurais pu te laisser poursuivre ta caresse,
M'y abandonner même avec délice, me cramponnant à tes fesses
Pour que de moi tu ne t'échappes plus,
Que toi et moi ne soyons plus qu'un corps jouissant, un tohu-bohu.
Je voulais autre chose de ce moment à nous,
Quelque projet plus fou.
Certains se contentent du plan tranquille
Du missionnaire sur une femme, si ce n'est fondante, tout au moins docile... Je ne le veux plus.
À la vie je suis revenue,
Je veux du rêve, de la fièvre, de la passion
Et, même lorsque morte je paraîtrai, que l'on veille bien à ce que se soit éteinte la plus improbable des palpitations...

Je me suis donc rhabillée
Et j'ai bien compris que, comme moi, tu étais très frustré.
Tu m'as regardé enfiler une robe, des bas, des talons
Et tu as eu cet air que j'aime tant, si fripon...
Je t'ai conduit
Jusqu'ici.

Un petit coin à moi
Où vent et mer me chantent leurs émois.

Je t'ai fait escalader
Ces énormes rochers
Qui touchaient les nuages lorsqu'enfant j'étais.
Nous y avons pique-niqué, dans les sièges que depuis la nuit des temps, pour nous la pluie creusait.
J'ai eu envie de montrer alors le décalage
Entre la petite fille d'antan, sage,
Et la femme séduisante et excitante que tu sembles voir.
Je me suis agenouillée sur le granit, sans m'inquiéter de savoir
Si des passants pourraient s'offusquer
Ou si mes bas pourraient filer.
J'ai ouvert ta braguette,
Glissé ma main et aidé à prendre l'air ta petite bête.

Elle semblait un peu desséchée la malheureuse,
Alors je l'ai léchée : elle a frétillé, si radieuse
Que j'ai poursuivi ma gâterie.
Elle semblait en avoir été privée depuis un temps infini...
Oubliant que je venais de manger,
Je l'ai engouffrée,
L'humidifiant,
La réchauffant.
Elle se gorgeait d'aise
Tandis que de tes soupirs ne s'entendait aucune dissonance en dièse

Et puis, je me suis arrêtée :
J'avais tant encore à te montrer !
J'ai eu quelques difficultés à tout remettre en place,
J'avais pitié de te sentir à l'étroit et il restait des victuailles, malgré notre appétit vorace !

Je t'ai saisi par la main
Et t'ai emmené là où résonnent encore mes rires enfantins :
La « grande carrière de sable » !
Elle était à mes yeux incommensurable !
Mes frères et moi au sommet nous allongions
Et, jusqu'en bas, la « ribouboule » faisions.
(J'ai vérifié dans tous les dictionnaires,
Ce mot ne fait partie d'aucun inventaire !)
Et comme autrefois,
J'ai voulu tester cette sensation-là, cet effroi :
Je t'ai fait te coucher,
Entre tes bras me suis lovée
Et nous nous sommes laissé rouler, l'un par-dessus l'autre, sur quelques mètres.
À l'arrivée, nos deux bouches rieuses ne se trouvaient plus qu'à quelques centimètres...
Ni l'un ni l'autre n'a esquissé le moindre mouvement
Pour éviter l'embrasement :
Nos lèvres se sont goûtées, comme une évidence,
Mes hanches ont même amorcé une légère danse...

Des cris excités d'enfants nous ont vite remis sur pieds.
Le sable de nos vêtements et cheveux avons secoué
Et avons couru vers la mer.
La plage pour nous, toute entière.
Pas un pêcheur, pas un papa faisant un château avec son garçon,
Pas un voilier à l'horizon.
Juste toi, moi, et le soleil.
Et des papillons dont on entendrait bruisser les ailes, même sourds des deux oreilles !

J'ai ôté mes escarpins, mes bas,
Pour fouler le sable, tiédi déjà.
Et puis, j'ai cherché ce coquillage que je nomme « cochonnet » :
Chaque fois que j'arpente une plage, je me dis que si j'en trouve un mon ange sourit... Naïve, je sais...
Je l'ai vite repéré, ce petit signe secret,
Et t'ai rejoint, me suspendant enfin à tes lèvres charnues : d'impatience tu trépignais.

Tes mains ne se sont pas fait prier pour remonter le long de mes cuisses.
Tu sais combien j'aime lorsque, sans me prévenir, elles s'immiscent.

Je t'ai laissé t'assurer que perlait mon désir,
Ai même ôté mon tanga, pour te faire plaisir,
Et t'ai murmuré à l'oreille vouloir n'être à toi,
T'aimer comme un roi...

Tu as alors trouvé un endroit où le sable était plus doux encore
Et y as allongé, tel celui d'un pacha, ton corps.
Tu m'as enjoint, les bras derrière la tête,
De te montrer comment je prendrais soin d'une couronnée tête.

Je me suis assurée encore une fois que la plage était à nous.
Pas un chat, et dans la mer d'huile pas même un remous.

Je me suis installée à califourchon sur ton bassin
De relever négligemment ma robe j'ai pris soin.
J'ai déboutonné alors ta chemise, un bouton, puis un second,
Et je suis descendue embrasser ton torse, faisant savamment le tour de tes tétons.
J'ai laissé s'écouler le temps,
T'espérant aussi gourmet que gourmand.
Je t'ai palpé, ai imprégné la pulpe de mes doigts du grain de ta peau,
Ai plongé tendrement au verso de ton dos,
Offrant à la caresse de la brise
Ton buste et ce membre qui mon appétit aiguise...
J'ai en effet écarté tout ce qui m'entravait ;
Que la vue seule de ton corps me déprave.
Le buste redressé, j'ai défait la fermeture de ma robe
Libérant rapidement mes seins qui, lorsqu'affranchis, se dérobent.
J'ai reculé jusque sur tes jambes
Et me suis penchée, calant entre mes deux globes ton entrejambe.
Ma peau blanche contre la tienne contrastait
Tandis que de ma gorge je te massais.
Ton membre, fièrement érigé,
Semblait se plaire à ma proximité :
Blotti contre mes monts,
Il tressautait à chacune de mes allées et venues, à chacune de mes palpitations...

Je ne sais combien de temps je suis restée ainsi.
Ton sourire était exquis,
Je ne voulais le voir s'éteindre.

Et puis j'ai choisi, sur tout ton corps, ma marque d'empreindre.
De mes baisers, de mes morsures,
De mon odeur, de mes griffures...
Que tous sachent non seulement que je suis à toi,
Mais aussi, lorsque tu entreras dans la boulangerie tout à l'heure, que tu viens de me posséder, moi...

J'ai massé ton torse à son tour,
De mes mains, avec amour.
J'y ai déposé mes lèvres,
Devinant entre nous deux monter la fièvre.
Et puis je suis descendue ainsi,
Jusque ton nombril, et plus bas aussi.
J'ai repris en bouche
Le sucre d'orge que j'avais laissé en touche.
À peine ma langue l'avait-il enveloppé
Qu'il se dressait, comme un petit chien bien élevé.

Je lui ai appris quelques nouveaux tours :
À s'allonger au maximum pour prouver sa vigueur s'il lui venait l'envie de se présenter à un concours,
À danser au rythme des caresses, bien plus lentes que le tempo d'une gigue,
Pour le bien-être de sa partenaire à se montrer prodigue...
Pour ce périlleux exercice, j'ai dû m'y installer en cavalière
Et je l'ai senti si fier !
J'ai joué à le faire sortir
Pour m'assurer que dans son fourreau seul il saurait revenir.
Et il s'est passé un étrange phénomène :
Chaque fois que je me soulevais, je ressentais à le faire de plus en plus de peine
Et mon bas-ventre, criant famine,
Se venait empaler, luisant de cyprine.
Alors j'ai accéléré la cadence,
Balançant mes hanches en transe.
Il me semble me souvenir que mon corps suivait le rythme des vagues,
Mais peut-être ma mémoire divague.
Je me souviens juste de cette boule bleue qui a ravagé mon ventre jusque ma tête,
De ton sourire tant tu étais à la fête.

Je me suis alors allongée,
Tout contre toi, mon aimé.
Nous ne faisions plus qu'un,
J'étais si bien...

Lorsqu'un chien plus loin a aboyé,
Tu m'as souri et as juste, dans mon dos, ma robe relacée.

Le vieil homme et la femme qui sont passés ont eu une pépite dans les yeux.
Je crois même avoir entendu la mamie murmurer : « Je t'aime aussi, mon amoureux ! »

 
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