Galipettes sous l'édredon
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Écrit par Plume Légère
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Mardi, 13 Juillet 2010 11:04 |
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Attrape-moi par la main,
J'en ai besoin...
Offre-moi l'extraordinaire,
Que j'oublie que je suis éphémère,
Que je me sente enfin vivante
Et attirante...
Allume une bougie dans la nuit,
Commande aux étoiles de briller aussi.
Intime aux fleurs d'exhaler un suave parfum,
Aux grillons d'entonner leur entêtant refrain.
Quand la nuit enfin sera bien noire,
Ôte ma robe, libère mes dessous ivoire...
Conduis-moi dans l'herbe humide,
Baise mon front candide.
Câline alors mes lèvres, avec douceur.
Du bout des doigts, de ta langue, avec lenteur.
Cramponne-toi d'une main à mon cou,
Laisse l'autre courir, arracher de l'étoffe de jolis frou-frous.
Apprécie les jeux d'ombre de la Lune sur mes seins blancs.
S'il te plaît, trouve-les émouvants...
Déposes-y un baiser enflammé,
Dis-moi que tu raffoles de ma féminité.
Laisse-moi croire que tu m'aimes, que je suis jolie,
Mens-moi, juste pour une nuit.
Dégrafe mon bustier, talisman
Magique pour faire de toi mon amant.
Retire-moi tous mes effets et, devant ma nudité,
Fais semblant d'être soufflé.
Lèche-moi la base du cou,
Que mon corps fonde et tombe à tes genoux.
Offre-toi ma bouche,
Je ne serai pas farouche.
Laisse-toi dresser, ne sois pas sauvage,
Va, viens, à te chavirer je m'engage.
Et avant que de sentir monter le flot,
Retire-toi, relève-moi, serre-moi contre ta peau...
Étreins ma taille de tes deux bras,
Presse-moi, que je ne m'envole pas.
Visse tes lèvres sur les miennes,
Ma langue étourdis de la tienne.
Couche-moi enfin sous les étoiles,
Et ta virilité contre mes cuisses dévoile.
Immisce-toi, lentement,
Tout doucement.
Coulisse en moi, millimètre par millimètre,
Dans mon intimité totalement pénètre.
Comme si c'était la première fois.
Comme si c'était la dernière fois.
Empoigne mes hanches,
Rondes et blanches.
Redresse ta tête, ton torse,
Noie-toi dans mes pupilles : le jeu d'amour cela corse.
Plonge en mes profondeurs,
Inonde de bonheur mon cœur...
Oui, s'il te plaît, attrape-moi par la main,
J'en ai besoin...
Offre-moi l'extraordinaire,
Que j'oublie que je suis éphémère,
Que je me sente enfin vivante
Et attirante...

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Écrit par Plume Légère
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Mardi, 06 Juillet 2010 13:49 |
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Seule.
La nuit est tombée,
Nul homme à vos côtés.
Si seule.
Tout le jour avez souri,
Allumant des regards
Jusque très tard.
Aucun ne vous a suivie.
Vous êtes seule
Dans votre appartement si vide,
Aux murs d'un blanc morbide.
Si seule.
Ce soir,
Nulle âme
N'assouvira votre flamme,
À votre grand désespoir.
Non décidément, seule.
Le grand lit aux draps tirés
Vous donne la nausée.
Si seule !
À vos pieds laissez choir votre robe.
Vous dormez nue :
La pénombre et ses sons ténus
Seuls vous enrobent.
Alors allongée sur le dos,
Vous l'attendez,
De tout votre être l'appelez,
Le repos.
Comme vous le faites parfois,
Vous revivez le cours du jour mort.
Le souvenir d'un sourire carnassier vous réchauffe encore :
Croiser les yeux assortis avait provoqué votre émoi.
Vous vous retournez,
Adoptant sur le côté une position fœtale.
Les traits vous reviennent, ils n'avaient rien d'amical.
Juste une bête, de chairs assoiffée.
Sur le ventre à présent,
Vous vous remémorez le fulgurant désir
Qui votre bas-ventre avait fait gémir
Lorsqu'il vous avait regardé, gourmand.
Un désir indomptable
D'être sauvagement saillie...
Animale pour la première fois vous étiez sentie,
De toute luxure dans ses bras auriez été capable.
Par le poignet il vous aurait attrapée,
Conduite jusqu'aux toilettes,
Fait asseoir sur la lunette,
Et se serait débraguetté.
Sans rechigner, vous lui auriez fait une fellation,
Mais avant que de jouir
Il vous aurait retournée pour vous emplir,
Déclenchant en vous des sens l'explosion.
Il avançait droit sur vous
Et s'était arrêté à la table attenante,
Embrassant à pleine bouche une femme élégante
Tout en tenant fermement son cou.
Vous vous étiez sentie seule.
Votre ventre s'était replié sur votre désir,
Vous aviez eu l'envie de mourir.
Si seule.
Et maintenant vous êtes là,
Dans ce grand lit.
Dehors, depuis longtemps il fait nuit
Et vous ne dormez pas.
De penser à cet appétit sexuel non satisfait,
Vous voulez violemment faire l'amour.
Puisque n'avez aucun partenaire alentour,
Vous n'allez pouvoir compter que sur vous... et votre jouet.
Sous votre lit vous l'attrapez
Et le sortez de son étui.
Tout de verre durci,
Il est recouvert d'une spirale bleutée.
Il est froid dans votre main.
Une fraîcheur délicieuse,
Augure de sensations fabuleuses.
Il vous tarde de jouir enfin.
Mais vous ne vous hâtez pas.
Le saisissant inversement aux us,
Vous passez sa partie dodue sur votre Mont de Vénus,
Tendu à la caresse, déjà.
La vision du tableau que vous offrez
Aux ombres de la nuit
Est si...
Inconvenante, que vous en haletez.
Excitée par l'érotisme de la scène,
Vous fermez les yeux, plongeant en rêve dans le regard
De l'amant torride qu'avez croisé dans ce bar.
Il vous semble tenir en vos mains non votre compagnon de jeu, mais son membre, obscène...
Vous le faites ensuite glisser entre vos cuisses,
Frôlant de votre bouche intime les premières lèvres.
Des frissons vous parcourent, de fièvre :
La fraîcheur a disparu déjà, la chair de poule ne vous hérisse.
L'homme est-il sur vous
Qu'ainsi fondiez ?
Vous sentez son pénis qui voudrait un chemin se frayer...
Vous vient le rouge aux joues !
Vous remontez alors le jouet jusque vos tétons,
Pour les faire durcir et pointer.
La caresse n'est pas aussi électrique que celle par les mains d'un homme donnée,
Mais vous devez bien vous en contenter, non ?
Retournant votre objet,
Vous le laissez alors repartir à l'assaut
De votre antre si chaud
Et, pour la suite, aux aguets.
Vous le faites glisser, délicatement,
Le long de votre fente,
Ressentant les excroissances de sa spirale tourbillonnante.
Votre mouvement se fait plus lent.
Vous vous caressez sur sa longueur.
Un aller, sursautant à chaque boursouflure,
Un retour... Vous devinez de votre sexe l'enflure,
La douceur, la moiteur...
De l'extrémité de votre accessoire, vous jouez alors avec votre clitoris,
Avec vos petites lèvres, gourmandes et écartées.
Vous sentez à leur humidité combien elles sont affamées :
Le jouet glisse...
La sensation est... vertigineuse.
Vous ne sauriez la décrire en mots :
En-dessous de la vérité seraient vos propos !
Comment en effet traduire cette douceur onctueuse ?
Une introduction sensuelle coupe court à vos réflexions.
Comme si imprégné de miel,
Votre amant de verre à aller et venir excelle.
Ses attouchements se font plus profonds.
Vous êtes surprise de vous laisser aller à cette situation si... pornographique.
Vous n'aviez jamais manipulé cet objet seule,
Il n'a jusque-là servi, au cours d'ébats, que d'amuse-gueule.
Et vous voilà vous abandonnant à lui, complètement impudique...
Vous fermez à nouveau les yeux,
Pour ne plus penser à votre solitude.
Vous ne voyez plus le visage croisé dans la journée qu'avec inexactitude,
Mais, que de vous savoir seule, cela vaut tout de même mieux.
Sa silhouette est là,
Vous le sentez à nouveau entre vos cuisses.
Il se hisse, glisse, se visse et se dévisse dans votre calice,
Vous menant vers la jouissance pas à pas.
Rougissante, troublée, au bord de l'extase,
Vous accélérez une ultime fois le mouvement.
L'homme est félin, vous ne réfrénez votre rugissement
Tandis qu'un violent orgasme vous embrase...
Seule.
La nuit est bien avancée,
Nul homme à vos côtés.
Si seule.

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Écrit par Plume Légère
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Mercredi, 30 Juin 2010 15:48 |
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Elle a tout préparé,
À l'ombre du figuier.
Déployant ses plis,
Comme le ferait des volants de sa jupe une coquette chipie,
Une nappe blanche et rouge à grands carreaux, en lin,
Est étendue sur l'herbe, retenue aux quatre coins
Par les galets amassés il y a peu sur une plage.
Un panier d'osier au fin tressage
Trône, tant empli de victuailles
Que son couvercle s'entrebâille.
Elle a même songé à apporter un petit pot :
De fraîches belles-de-jour s'y gorgent d'eau.
Elle commence à apprêter la "table".
Elle soupçonne votre appétit insatiable
Mais se doute avoir eu les yeux plus gros que votre ventre...
Elle aimerait aussi que, la découvrant, vous préfériez assouvir votre bas-ventre...
Elle sort tout de même des fruits, juteux à souhait :
Pour vous elle a choisi des drupes pulpeuses, des chairs vous êtes si gourmet !
Elle saisit ensuite le torchon
Dans lequel est enveloppée la miche dorée qui tout à l'heure embaumait la maison.
Les mises en bouche qu'avec le sourire elle vous a mitonnées
Restent cachées : avec, elle veut s'amuser !
On lui a appris, enfant, à ne pas jouer avec la nourriture
Mais il est des dogmes qu'avec vous, indécemment son esprit abjure...
Vous n'êtes point arrivé encore,
Seul est planté le décor.
Elle en profite pour une goutte parfumée
À la base de son cou faire rouler.
Et, puisque s'y prête l'endroit,
Elle se couche dans les herbes, le cœur agité de doux émoi.
Elle s'absorbe dans la contemplation des moutons nuageux :
Un dragon terrifiant achève de se déliter sous ses yeux
Pour faire place à une main caressante
Qui semble se tendre vers une gorge naissante.
Elle ferme les paupières,
Et laisse libre cours à sa soif d'imaginaire...
Cette main serait vôtre,
Cette poitrine elle ne dévoilerait à aucun autre.
Vous seul de vos doigts l'effleureriez,
Vous seul sauriez la troubler.
Dans ses pupilles prisonnières,
Elle vous rêve, vous interposant dans la lumière :
Votre silhouette s'incline vers elle, en contre-jour dans le soleil,
Les pans de votre pantalon pour le moment encore faseillent...
D'un tendre baiser venez cueillir sa bouche,
Espérant que cela ne l'effarouche :
Les premières fois ont toujours un goût d'incertitude,
L'on ne sait ce que l'on peut se permettre et jusque quelle latitude...
De surprise, et puisque timide voire sauvage,
Son cœur bat à tout rompre dans son corps sage.
Elle ne se refuse pourtant pas à vous
Et abaisse de sa raison les garde-fous :
De vous connaître vraiment elle est curieuse,
Sans doute même la qualifie mieux l'adjectif "fiévreuse".
Aussi ouvre-t-elle les yeux
Pour, à votre baiser, répondre et le rendre plus passionné, plus savoureux...
Vous êtes là, dans le soleil,
Et la toile de votre pantalon ne faseille !
Le regard brillant, des pieds à la tête allez la détaillant.
Elle se redresse, le visage rougissant...
Vous la soutenez, la tenant par la main.
Un frôlement, un presque rien.
Et pourtant,
Sur la pulpe des doigts comme un échauffement...
Elle est coutumière des décharges spectaculaires
Que l'on ressent en refermant de la voiture une portière :
Cette brûlure-là est bien plus violente,
Tellement plus mordante.
Sa poitrine s'affole dans son corsage,
Elle frémit en songeant à ce qui résulterait d'un charnel alliage
De vos deux corps
Qui ne se connaissent point encore.
Vous vous penchez sur elle pour, d'un honnête bisou, la saluer.
Elle est tellement bouleversée et, à vrai dire, tout juste de son rêve éveillée,
Que ce sont ses lèvres qu'elle vous tend !
Fier comme Artaban,
Vous devinant en territoire conquis,
Vous avancez tout de même avec circonspection, réfléchi.
Vous chatouillez de la vôtre sa bouche,
Bien moins collant qu'un attrape-mouches,
Mais tellement plus attachant, reconnaissons-le !
Et puisque vous prenez à ce petit jeu,
Sa taille enserrez tout-à-coup,
Pressant son corps éperdu tout contre vous.
Ses narines s'enivrent de la fragrance qui vous enveloppe, si subtile :
Des notes acidulées, épicées, boisées, autour d'elle virevoltent, volatiles.
Elle faiblit dans vos bras,
Toute à vous déjà.
Alors vous vous enhardissez : vos lèvres s'ouvrent sur votre langue...
Respire-t-elle encore ? Son visage est si exsangue !
Mais oui ! Vous sentez soudain,
Timidement, c'est certain,
S'entrouvrir sous votre pression
Sa bouche, délicat bonbon,
Suave, fruité,
Qui n'attend, fondant, que d'être dégusté...
Vous ne voulez pourtant la priver plus longtemps de son souffle,
Vous n'êtes point un maroufle !
Jusqu'au sol alors l'accompagnez de votre étreinte
Et l'allongez, presqu'éteinte.
Vous avisez la nappe dépliée et ses fruits charnus :
Une cerise entre vos doigts pressez, pour en faire couler le jus
Qui goutte dans sa gorge.
Elle prend alors une grande inspiration et expulse l'air comme le ferait un soufflet de forge.
Soulagé, vous plongez vos regards dans les siens,
Et une envie de la chérir vous vient :
Doucement vous caressez ses cheveux,
Lui murmurant que vous êtes là, que tout va aller pour le mieux...
La main sur sa joue si pâle,
Vous scrutez son teint laiteux, nacré comme une opale.
Alors, agenouillé contre son flanc,
Déboutonnez délicatement l'échancrure de sa robe, qu'elle inspire plus librement.
Sa poitrine palpitante est un appel
À vous brûler les ailes...
Débordant, dans l'affolement, de la pièce de tissu qui la retenait,
Elle s'expose, généreuse, à vos yeux indiscrets :
Lui expliquant qu'allez lui prodiguer un massage pulmonaire,
Vous dégagez sa pulpeuse chair
Et la câlinez du bout des doigts,
Masquant malaisément votre émoi.
Elle est si douce...
De sensualité elle vous éclabousse.
Sur le sein droit, un grain de beauté, minuscule,
Vous accule :
Vous ne pouvez, ni ne voulez, trouver d'échappatoire,
Vous croire maître de votre comportement serait parfaitement illusoire !
Elle vous tient par sa féminité,
Par sa faculté à vous attendrir et à vous rigidifier !
Ses paupières papillotent,
Sa peau tremblote.
Vous vous appliquez à bien suivre le galbe de sa poitrine de vos mains,
La caressant de vos pouces, coquin.
Elle vous réclame, à voix basse, une gorgée d'eau.
N'y tenant plus, vous l'embrassez aussitôt !
Votre langue humide
Plus ne l'intimide :
Elle la lèche et la suce,
Sans astuce.
D'une main, vous parvenez alors à attraper une seconde cerise,
Que retenez captive entre vos dents, rouge friandise.
Elle y vient croquer goulûment,
Le jus entre vos lèvres giclant.
De sa langue avide elle en récupère la moindre goutte :
De réussir à étancher un jour sa soif vous avez soudain un doute !
La belle s'apaise pourtant et tente maintenant de s'éventer de la main.
De l'air ne circule qu'un brin,
Vain est son effort.
Ne désirant que son confort,
Vous bandez les muscles de vos bras et, sans son chevet quitter,
Cueillez une grande feuille du figuier.
Vous la remuez devant son visage,
Tandis qu'avec un sourire reconnaissant elle vous dévisage.
Une faim terrible votre ventre tenaille,
Mais vous vous sentez l'esprit canaille :
Puisque la demoiselle est tirée d'affaire et, mieux, rougit coquettement,
Vous vous résolvez, sans trop d'efforts, à pousser votre badinage plus avant !
Vous armant de votre végétal au toucher rugueux et velu,
Vous chatouillez sa peau nue :
Ses mollets, ses genoux, ses cuisses découvertes par sa robe retroussée...
Vous plaquez sur les siennes vos lèvres en un gourmand baiser
Et frayez un chemin, plus haut, indécemment, au pétiole.
Étonnamment, cette fois la jeune personne ne s'affole.
Elle semble même, au contraire, prendre un malin plaisir
À vous aider, laissant ses jambes s'entrouvrir.
La tache ne vous est pourtant pas facile,
Un morceau de tissu ne vous permet pas d'être agile !
Revigorée, votre mie, dans un sursaut de vitalité, se démène, s'agite
Et le retire. Les choses soudain se précipitent...
Vous jettez au loin la feuille, ridicule vue l'intensité de votre désir, et, avec frénésie,
Remettez sur pieds votre amie.
Vous l'adossez alors brutalement contre le tronc de l'arbre majestueux
Pour lui voler, sans ménagement puisqu'elle va mieux, un baiser fougueux :
Vos langues se cherchent, se trouvent, s'enroulent,
De la sentir à votre merci votre sexe déjà ioule.
Une main sur sa nuque, l'autre s'immisce
Sous sa robe, jusqu'au plus doux des interstices.
Vos doigts trouvent aisément le chemin,
D'autant que la femme se cambre et ondule du bassin.
Les oiseaux se sont tus :
L'on n'entend plus qu'essoufflements, grondements et gémissements non contenus.
Votre main si indiscrète
Caresse, s'insinue, à la faire chavirer s'apprête.
Votre compagne autour de l'une de vos jambes la sienne entortille,
Tendant si fort de l'autre la cheville.
Vous entrez, sortez,
Plus profondément la pénétrez.
Elle soupire, vacille, se raccroche des lèvres à votre bouche,
Ayant tout oublié de sa prude sagesse de sainte nitouche.
Vos doigts glissent aisément
Et ses yeux vous lancent une supplique, érotiquement.
Vous l'accompagnez alors jusque ces cimes
Qui laissent, lorsqu'atteintes, les corps toucher au sublime.
La sentant défaillir dans vos bras,
Vous la laissez reposer ses deux pieds sur le sol, bien à plat.
Puis, pris d'une subite envie bestiale,
Lui murmurez d'une voix rauque que la voudriez prendre dans cette posture immorale
Qu'affectionnent particulièrement les animaux.
Vous lisez sur son visage le "oh !"
Qui ne veut pas dire "non",
Et l'accompagnez dans sa mise en position.
Vous retroussez alors sa robe sur sa croupe
Tout en appréciant de ses hanches la découpe.
Le tableau qu'elle vous offre sur l'instant
Est des plus adorables et vous ravit redoutablement !
Un bisou sur la fesse gauche, délicat, léger,
Et vous retenir plus longtemps ne pouvez !
Vous agrippez ses hanches, dessinées semble-t-il pour vos mains,
Et desserrez de votre concupiscence le frein,
Vous engouffrant, gonflé de désir et bandé comme un arc,
Telle, dans un chenal, une barque.
Comme elle, vous glissez délicieusement au fil de l'onde
Avant de vous laisser entraîner par les rapides qui grondent.
Vous essayez bien encore de brider votre embarcation,
Luttant pour, face aux courants, aller à reculons,
Mais comprenez vite que c'est peine perdue :
Vous larguez alors les amarres et vous avouez vaincu...
Des spasmes de jouissance vous secouent encore
Tandis que le soleil, entre les feuilles, darde des rais d'or.
Après avoir mordu la nuque nue,
Vous vous retirez, contemplant ce corps qui tant vous a ému.
Avisant une cerise, joufflue et amarante,
Une image vous vient, tentante :
Vous en saisissant, vous la déposez au creux de son dos
Et venez la cueillir, faraud...
Dans l'herbe alors contre elle vous lovez,
Vos yeux cherchant les siens, ingénument baissés.
Nul d'entre vous ne songe plus au pique-nique,
Repus vous êtes, savourant la sérénité du calme retrouvé. Instant magique...
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Écrit par Plume Légère
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Lundi, 24 Mai 2010 20:19 |
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Pour vous, Flamboyante Flamme.
"Stop" ou "encore" ?
Chaude soirée d'été,
Par une bruine fraîche mouillée...
Tout le jour
Ont roulé les tambours,
Alentour
Comme en son esprit tourmenté.
Elle se sent exténuée, oppressée.
Alors elle s'en va sur la terre moite, nu-pieds,
S'assied pour écouter la terre susurrer.
Au loin, une chouette hulule ;
Dans un terrier un couple de lapins copule ;
Sous ses yeux virevolte une lunule.
Un souffle de vent, léger,
Les branches fait chantonner.
Peu à peu, sous l'œil de la Lune étonnée,
De ses effets elle commence à se débarrasser.
Une soudaine envie
De se laver de tout souci,
De retirer tout le superflu de sa vie.
Elle offre sa peau lactée
Aux gouttelettes satinées.
Le sol exhale le parfum si particulier
De l'humus forestier
Après l'ondée orageuse.
La nature toute entière frissonne, nerveuse.
Dans l'humidité ambiante, sa peau semble étonnamment spongieuse :
Plutôt que de rouler sur son corps dénudé,
Les larmes de pluie paraissent littéralement en elle s'infiltrer !
S'évaporent-elles au contact de la chair qui sous le soleil a brûlé ?
Que nenni ! Elles s'insinuent jusque son intimité...
Il n'est que de regarder ses doigts
Pénétrer son entrejambe, fort adroits,
Et en ressortir, humectés de doux émoi...
Assurément, le liquide céleste jusque son antre a ruisselé,
Comment expliquer sinon cette soudaine humidité ?
Complice de cette caresse sous les cieux étoilés,
La Lune sourit, amusée.
De là-haut, elle embrasse du regard
Les hommes et femmes qui, l'esprit gaillard,
S'ébattent. Le monde lui semble un joyeux lupanar !
Tant sont sortis de leur foyer,
Recherchant, après la touffeur, un souffle d'air, léger comme un baiser...
Dans les jardins, les forêts, les prés,
Au bord des ruisseaux, sur le sable des plages par les enfants désertées,
Partout les couples ne sont que langueur,
Moiteur,
Élancements des corps et des cœurs.
La Lune, qui n'a que l'embarras du choix pour assouvir sa curiosité,
Baisse à nouveau les yeux sur la femme esseulée, captivée.
Elle perçoit aussi un mouvement furtif, derrière la haie de lauriers :
Une seconde femme se tient là, à espionner...
Ce n'est pas la première fois que celle-ci dévisage ainsi sa voisine :
Hier déjà, alors qu'elle cueillait quelques capucines
Pour égayer une salade qui attendait en cuisine,
Elle avait entendu des gémissements dans le jardin d'à côté
Et s'était risqué un œil à jeter.
Embarrassée,
Le rouge aux joues très vite lui était monté,
De découvrir la dame qu'elle saluait chaque matin
Dans une posture qui d'équivoque n'admettait point
Quant au positionnement de sa main...
À même le sol elle était allongée,
Sa jupe impudiquement retroussée.
Se savait-elle épiée
Ou se croyait-elle, chez elle en sécurité ?
Sans doute ne se posait-elle même pas la question
Toute à son abandon.
Et le câlin avait l'air si bon...
Le sexe dévoilé se tendait sous le doigté,
La femme respirait à petits coups répétés.
La voyeuse avait retenu son souffle, sans bouger,
N'ayant pas même, de faire demi-tour, l'idée.
Elle s'était empli les yeux,
Par la trouée de la haie, de ce petit jeu,
Allumant ainsi en son propre ventre un inavouable feu.
De la caresse et de la jouissance qui avait suivi elle n'avait rien manqué,
Le tissu de son tanga aurait pu en témoigner...
Ce soir, l'espionne pourrait presque la peau de l'autre toucher.
La femme nue pour le confort a opté et son jardin a traversé :
Elle se prélasse maintenant sous sa tonnelle,
S'enivrant de l'odeur de miel
Qu'exhale la glycine, cette année si belle.
Sur un banc elle est mi-allongée,
Contre deux coussins adossée.
Derrière le treillage, l'autre sent en elle de petites étincelles crépiter.
Il fait si chaud, malgré la pluie qui continue de bruiner,
Qu'elle craint pour bientôt l'incendie dévastateur !
Sa chevelure rousse est gage de son ardeur,
Que nous allons découvrir tout à l'heure !
Pour le moment, elle se tient coite, juste à côté,
Et rien ne pourrait son regard détourner !
La brunette n'est point pressée.
Elle saisit une grappe de fleurs parfumées,
La cueille même pour s'en caresser le corps.
Les pétales sont plus doux que la soie encore
Et affriolent ses sens retors...
De ses cheveux à ses chevilles elle les fait aller,
Fermant les yeux pour mieux, sur les frissons, se concentrer.
Elle veut s'étourdir de volupté,
Laisser petit à petit l'excitation s'émousser
Puis la taquiner à nouveau,
Être portée par ses flots,
S'envoler si haut...
Ses cuisses imperceptiblement mettent à nu son intimité,
Ses lèvres s'écartent tels les pétales d'une rose à maturité.
À l'improviste, un doigt juste à l'entrée
De l'antre s'est aventuré.
La même moiteur,
La même chaleur
Qu'à l'extérieur.
L'envie pourtant de s'enfoncer dans l'obscurité
Car ici tout n'est que douceur et velouté.
Onctuosité,
Suavité...
Le doigt passe et repasse,
Le clitoris agace
Qui pourtant de stimulations ne se lasse.
La spectatrice devant l'exhibition a le souffle coupé :
Absolument silencieuse, il serait impossible de la déceler !
Dans le lointain, l'orage on entend à nouveau gronder.
La Lune relève la tête, voit les nuages accumulés :
Chargés d'électricité, ils se rapprochent, se serrent, se poussent...
La femme, sentant la tension, s'agite, halète, accélère ses mouvements, se trémousse.
Alors une immense secousse,
Un craquement dans l'air survolté,
Une jouissance, criée...
La voisine, une exclamation de peur, de surprise, de plaisir aussi, n'a pu réprimer.
Par des yeux curieux elle est vite débusquée
Et ne peut que murmurer de plates excuses,
Les joues rouges, si confuse.
L'autre, que tout cela amuse,
La dévisage une minute, deux, trois, sans ciller,
Sans même chercher à dissimuler sa nudité.
Elle se redresse alors, sans se presser,
Longe les lauriers,
Entrouvre la barrière mitoyenne
Et se faufile, silencieuse comme une indienne.
La Lune profite de l'aubaine
Pour réfléchir du Soleil la luminosité
Sur le corps recouvert de gouttes irisées.
La femme prude n'a pas bougé.
Elle regarde vers elle s'avancer
Le jeune corps gracile,
Toute fébrile,
Sans pourtant vraiment chercher à abaisser ses cils.
Elle est captivée
Et ne peut lutter.
Parvenue à sa portée,
L'intrépide le long de son bras ses doigts fait glisser
Et lui saisit fermement la main.
Elle la mène, traversant à nouveau les deux jardins,
Sous la tonnelle et, sous l'œil de l'astre décidément fort coquin,
Se retourne sans gare crier
Pour, sur les lèvres, doucement l'embrasser.
La rousse pudique n'a pas le temps de se dérober.
L'a-t-elle seulement tenté ?
Sur elle ne s'est jamais posée bouche de femme,
Elle y voudrait goûter corps et âme.
Ce premier frôlement de désir déjà l'enflamme,
Sa peau en est de chair de poule hérissée.
C'est alors qu'une langue vient à pointer...
Une langue, humide, sucrée,
Qui de la sienne les contours se met à dessiner.
Doucement,
Tendrement,
Délicatement.
Terriblement concentrée,
Elle n'est déjà plus aussi embarrassée.
Les lèvres à présent desserrées,
Elle sent son bas-ventre se détendre, fondre, se liquéfier.
Elle croise les jambes, croyant pouvoir réfréner le désir,
Mais son "mal" alors empire :
L'autre profite de son déséquilibre pour, dans ses bras, la retenir
Et lui maintient la nuque d'une main assurée.
S'élève une senteur de femme, enivrante, inconnue, jusque ses narines affolées.
Un parfum... musqué.
Semblable à aucun de ceux qu'elle a jusqu'à présent humés.
Oh, elle ne peut prétendre avoir l'habitude,
Des odeurs masculines qui exsudent
Lorsque les corps se dénudent.
Mais contre deux ou trois elle s'est frottée,
Et...
Cet effluve-ci n'a rien de comparable en vérité !
Comment traduire en mots cette bouffée de féminité ?
La touffeur de la journée a bien sûr imprégné la peau,
Il a fait si chaud !
Comme des flots,
De la femme monte des fragrances marines, iodées.
L'on perçoit même, ici et là, quelques notes boisées.
L'ambre gris avez-vous déjà reniflé ?
Un mélange d'émanations de cuir tanné,
De lait maternel,
Qui plaît aux dames et demoiselles
Et attire les hommes car très... sexuel.
Voilà les odeurs qui se bousculent devant ses narines troublées
Et se mettent divinement à la chatouiller.
Tandis que les deux bouches sont à présent l'une contre l'autre soudées,
Et que les langues, fougueusement, partent à l'assaut, exaltées,
La brunette perçoit nettement une touche d'ylang-ylang, une autre de freesia.
Et n'est-ce point là une nuance de lys, et ici de lilas ?
La coquine a dû en déposer une goutte dans son cou, au creux des seins, des avant-bras,
En se toilettant, dès le lever...
Sa peau en reste discrètement imprégnée.
La jeune novice a maintenant tous les sens exacerbés :
Elle vient en effet de se laisser aller à oser toucher...
Un sein. Douceur, rondeur,
Velouté sous les doigts qui effleurent,
Troublant grain de peau à l'immaculée blancheur,
Et téton, comme une cerise sur un gâteau, qui invite à le lécher,
À le titiller.
Sa bouche, qui avait tout à l'heure grand soif d'un baiser,
A désormais faim de chairs efféminées.
Elle quitte, non sans un pincement,
Les lèvres gonflées, ne s'attardant
Que pour déposer un bisou, délicatement,
Dans le creux du cou, légère vallée
Que dominent deux monts bien galbés.
Ses gestes sont balbutiants, un peu empruntés,
Mais la main qui la dirige est si assurée
Qu'elle aspire à faire jouir aussi fort que sous l'orage,
Oublie sa petite vie, si sage,
Et s'abandonne, corps et âme, à la luxure de ce libertinage.
La "maîtresse" lève la tête vers la Lune, complice fieffée,
Et s'apprête à la déshabiller...

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Écrit par Plume Légère
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Dimanche, 16 Mai 2010 15:07 |
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Dans son manteau de nuit,
Un verre de citronnade dans une main,
La seconde sur le clavier,
Elle l'attend.
Habituellement,
Elle ne se fait pas prier.
Elle ne sait même jamais bien quand ni comment elle vient.
Elle n'a qu'à laisser ses doigts sur les touches filer, sans faire de bruit.
Ce soir, elle n'est pas au rendez-vous,
L'inspiration. Son esprit reste flou...
Et puisque l'attente n'est pas son fort,
Elle papillonne :
Elle virevolte,
Feuillette ici un virtuel album,
Lit là les textes d'un homme.
Son esprit s'amuse, s'allège, peu à peu plus désinvolte.
Elle ne pense déjà plus à la page blanche, hantée de diables et autres démones.
Non, l'envie d'écrire peu à peu s'évapore...
Car peu importe qu'elle n'ait pour l'heure plus de bagou :
Qui d'autre qu'elle cela embête-t-il après tout ?
À sautiller ainsi de site en site,
Elle se prend à sourire.
Elle marque des pages, pour y revenir plus tard ;
Elle étiquette quelques mots,
Les rangeant dans de petites boîtes parce qu'elle les a trouvés beaux ;
Elle apprend le nom d'œuvres d'art ;
Voit ses références culturelles s'enrichir...
Internet a pour cela bien du mérite !
Sous les doigts le clavier, passe-partout
Qui lui offre le monde et ses bijoux.
Et puis tinte sa messagerie !
Vous êtes derrière votre moniteur,
Loin, très loin, là-bas,
Mais proche par la pensée sur l'instant.
Un sourire sur son visage va s'élargissant :
Elle va vous lire, peut-être sur l'instant vous répondra,
Et surtout, elle tient le fil conducteur
Pour sa nouvelle broderie !
Elle va vous raconter, vous !
Enfin, vous imaginer, car de vous elle ne connaît que peu ou prou...
À elle parfois vous pensez,
Cela est certain :
Plusieurs fois déjà lui avez écrit !
Mais pourquoi ?
Par quoi avez-vous été attiré dans son chez-soi ?
Et qu'y avez-vous trouvé, qui de revenir vous ait donné l'envie ?
Ne lui dites pas, elle n'y croirait pas, que ce sont ses talents d'écrivain,
À moins que de voir son visage se colorer vous n'espériez...
Elle aussi pense parfois à vous,
Elle l'avoue...
Elle vous voit derrière votre écran.
Pour elle, vous faites l'effort
De choisir les mots,
Vous prenant parfois la tête entre les mains
Lorsque les vers ne riment point,
Vérifiant la concordance des temps : les avez-vous utilisés bien à propos ?
Son plaisir sur ses lèvres elle arbore,
Votre volonté à lui plaire la ravit tant !
Pourtant, elle ne souhaite pas que d'école dans l'esprit vous ayez un arrière-goût :
Poète ou non, de vous elle a déjà pris goût !
Elle n'aspire qu'à mieux vous connaître,
Qu'à deviser en toute honnêteté,
Qu'à partager avec vous une amitié complice,
Qu'à rire, voire rougir des mots que vos plumes se répondent.
Elle rêve de se sentir femme, qu'on la désire, que même on la dévergonde,
Qu'on l'autorise à jouir avec délices,
Sans mal la juger ;
Que de ses cendres on l'aide à renaître...
Elle s'escrime à émerger des remous,
À tuer les fantômes des loups-garous...
Mais revenons à vous, voulez-vous ?
Elle vous imagine, dans votre canapé,
La télévision bourdonnant en fond sonore ;
Ou bien êtes-vous allongé dans votre lit,
Soutenu par votre oreiller et déjà prêt pour la nuit ?
Elle préfère en tout cas penser que nulle n'est blottie contre votre corps :
Elle n'oserait alors sa plume laisser librement filer,
Craignant de votre partenaire un réflexe jaloux...
De cette vilaine pensée elle s'absout,
Même si elle reconnaît que vous souhaiter célibataire n'est pour vous point gentil du tout !
Curieusement, de vous elle se sent proche.
Bien sûr, elle ne connaît ni votre parfum,
Ni le timbre de votre voix,
Ni même ne sait de quelle couleur sont vos yeux.
De vous, vous lui en avez dit si peu !
Elle vous devine courtois, matois,
Aimerait goûter le toucher de vos mains...
N'y aurait-il pas anguille sous roche ?
Allons, à vous confier son ultime rêverie elle se résout,
N'oubliez point que tout cela n'est que jeu de plume après tout...
Elle s'est installée confortablement derrière son ordinateur.
Et vous voilà.
Vous engagez la conversation :
Le premier pas, elle n'ose jamais le faire,
Vous pourriez croire qu'elle est légère !
Quelques salutations, quelques questions.
Elle est suspendue à vos doigts qui tapotent sur votre clavier, là-bas.
Déjà elle maudit leur lenteur !
À vos côtés, le temps coule pourtant insouciant et doux.
Il lui vient même des envies de courir avec vous le guilledou !
Elle envisage soudain, pour tester l'agilité de sa plume, de vous surprendre,
D'oublier les règles de bienséance
Et jusque ses certitudes de femme bien rangée.
Elle fait ainsi s'afficher sur votre écran un aveu :
Vous confie ressentir en son ventre les picotements d'un inavouable feu !
Elle veut penser que vous sourirez,
Que vous frémirez peut-être même de son impudence,
La priant de s'expliquer mieux et sans attendre.
Elle vous dit alors son envie de vous
Qu'elle ne connaît point du tout !
Vous vous taisez un long, très long moment.
Elle croit d'ailleurs vous avoir offusqué, déplu,
Hésite entre reprendre sa plume pour vous présenter des excuses
Ou à tout jamais se déconnecter.
Elle commence cent messages, vite effacés.
De n'avoir su préserver votre amitié elle est si confuse.
Et puis... Des mots de vous, qui, à peine arrivés sont déjà lus :
Vous lui enjoignez le silence, en souriant !
Elle devine qu'elle n'a point suscité en vous le dégoût,
Et qu'elle a bien fait de jouer son va-tout !
Alors elle guette,
Une minute, puis deux, vingt, soixante-trois...
Pour patienter, elle lit, roman et messagerie,
Écoute ici une chanson,
Gribouille là quelques vers, polissons ou non.
Elle se pose des questions aussi :
Que lui préparez-vous ? Vous êtes si coi...
Elle appréhende votre état d'esprit, s'inquiète.
Elle se reconnaît volontiers casse-cou.
Oh, vous la verriez : on la croirait ointe de teinture de rocou...
S'affiche alors une quantité faramineuse de caractères sous ses yeux :
Vous venez de lui répondre !
Elle commence, comme elle le fait chaque fois,
Par vous survoler, en diagonale,
Pour prendre la mesure de votre moral :
Êtes-vous indigné ou en joie ?
Quelques mots accrochent son regard et la font fondre :
"Caresses", "plaisir", "baisers audacieux"...
Rassurée, elle reprend sa lecture, de bout en bout,
S'imprégnant des sonorités, du spectacle qu'élabore son esprit filou...
Car vous lui avez écrit un texte érotique !
Oh, ce n'est pas la première fois qu'à ses regards s'expose telle littérature.
Cette forme ne la scandalise nullement,
Elle n'a pas froid aux yeux !
Certains ouvrages sensuels sont d'ailleurs à ses yeux bien plus gracieux
Que de frustes ou d'alambiqués romans !
Mais voilà que vous lui offrez cette lecture :
Rarement l'on a manié sa plume pour la chatouiller, elle, de façon impudique...
Elle en a le rouge aux joues
Et le souffle court, elle le reconnaît sans tabou !
Mais elle l'a cherché,
Aussi ne va-t-elle pas jouer les sainte-nitouche !
Elle parcourt avidement les premières lignes,
Dans lesquelles vous exposez vos recommandations :
Vous lui demandez de tout lire, avec passion,
Vous exigez que pas même des yeux elle ne cligne,
Même si les mots l'effarouchent ;
Qu'elle plonge dans les images de votre esprit comme en elle vous aimeriez pénétrer...
Vous lui expliquez que vous ne pouvez sortir de chez vous,
Mais que vous êtes là, dans son cou...
Alors elle frissonne, de la tête aux pieds,
Croyant sentir vos lèvres se déposer sur sa peau.
Elles sont chaudes, légères comme le seraient les pattes d'une mouche.
Son cœur déjà bat la chamade.
Comme si elle craignait la noyade,
Elle aspire une grande goulée d'air par la bouche,
Et sans plus tergiverser se jette à l'eau.
Elle se sent prête : à vous de l'enflammer !
Vos mots l'apprivoisent mais... Oublions votre texte voulez-vous ?
Vivons la scène à sa manière : où en étions-nous ?
Vos lèvres s'entrouvrent, goulument.
Après l'avoir effleurée, si sensuelles,
Elles découvrent dans un carnassier sourire
Vos dents blanches et affûtées
Qui aiment tant de certaines chairs se délecter.
Son cou s'offre à votre morsure, s'étire :
Juste frôler cette partie de son anatomie éveille son instinct sexuel ;
D'ailleurs les cuisses elle serre, fortement...
Elle voudrait s'offrir à vous,
Être à la hauteur de vos rêves les plus fous.
Elle observe tressauter de votre gorge la pomme d'Adam,
Danser sur vos bras, vos mains, d'impressionnants serpents veineux :
Deux particularités physiques qui ont le don de la séduire,
Ne lui demandez pas pourquoi !
En elle bouillonne l'émoi,
Vous le devinez : elle n'est plus apte à fuir,
Son corps fond pour vous, libidineux.
Tout son être, jusque son âme, vous réclame, se tend !
Mais vous avez établi des règles bien à vous
Et n'attendez point un abandon si... mou !
Aussi lui intimez-vous votre souhait de la voir fermer les paupières.
Elle y consent, non sans un frisson.
À ses côtés, vous faites un vacarme de tous les diables,
Pour qu'elle ne devine ce que lui mijotez,
Puis de votre poche sortez
Deux gants de cuir et un foulard de soie d'une douceur indéfinissable.
Vous enfilez les deux premiers, lui caressez le visage du second
Et lui enjoignez désormais de se taire.
Cela ne lui sera pas difficile du tout :
À sa bouche, quand il s'agit de parler de sexe, point besoin de verrou...
Elle garde les yeux clos,
Suit sur chaque parcelle de son épiderme facial
Le parcours de la soierie.
À l'oreille vous lui murmurez alors de se dévêtir.
Le regard toujours emprisonné derrière ses cils, non sans rougir
Et parce que votre désir aussi elle a ressenti,
Elle accède à votre demande, sans faire de scandale,
Sans même vous tourner le dos.
Elle se tient face à vous, debout.
Vous vous amusez de sa moue !
Vous prenez votre temps,
La laissant, tremblante de timidité, dans l'expectative.
Elle est belle, la lumière du jour joue avec ses courbes,
Dessine d'attirantes ombres, éclaire ses monts...
Vous n'en dites rien, mais déjà un peu plus serré est votre caleçon...
D'un pas silencieux, leste, presque fourbe,
Vous vous approchez de votre captive
Et lui passez le bandeau, prestement.
Sur ses cheveux, vous déposez un infime bisou,
Puis reculez, vous imprégnant du tableau : voyeur seriez-vous ?
Elle triture ses doigts, à les poser ne parvient :
Camoufler le sexe, les seins ?
Croiser sur le ventre les avant-bras ?
Ses mains ne sont pas suffisamment grandes pour la dissimuler
Et vous proclamez vouloir de tous vos yeux la détailler.
Lui en tombent les bras,
L'exposant, nue, soumise, enfin,
Embarrassée, gauche, vous vous en doutez bien !
La blancheur des peaux féminines a le don de vous rendre fou,
Mais vous savez vous contenir, rusant avec vos pensées tel un sioux !
Vous l'examinez, prenant tout votre temps,
Savourant des yeux chaque recoin de son corps.
Ses seins en forme de citron vous révèlent sans doute aucun son intime friponnerie
Qu'à elle-même depuis si longtemps elle dissimule.
Ils dénoncent aussi son caractère de mule
Et affirment sa joie de vivre malgré les petits et gros soucis.
Vous devinez que de la femme vous ne voyez que la chenille encore,
Et imaginez déjà la transformer de vos mains en un papillon blanc...
De son entrejambe vous ne détachez à présent plus votre regard voyou.
Dans son écrin vous supposez le bijou.
Elle soupire, incommodée par sa posture et l'absence de vos mots.
Elle tressaille,
Accélère involontairement le rythme de son souffle.
Vous ne faites pas un bruit,
Si ravi qu'elle ne s'enfuie.
Vous ne le reconnaîtrez, mais elle vous époustoufle :
Cette femme-là n'est point menue blanchaille,
Vous la voulez, peau contre peau.
Pour vous déshabiller, vous ne comptez que sur vous.
Sans cette entrave sur ses yeux, elle verrait enfin le loup...
Sa peau diaphane,
Sa pudeur excessive,
Sa presque virginité...
Tout ce qu'elle a à vous offrir,
Ne peut que vous séduire.
Le désir un instant encore réfrénez :
Elle vous semble si chétive,
Vous craignez qu'elle ne soit prête pour vos partitions de mélomane...
Vous vous approchez pourtant, sans faire de remous,
Et agrippez par derrière son cou.
Vos doigts glissent sur ses cheveux, tendrement,
Resserrent le nœud du bandeau.
Votre corps, nu, se love contre ses fesses,
Vos dents mordillent la chair de son cou.
Vous savez qu'elle va se donner à vous :
Ses jambes ploient déjà sous vos caresses,
Hérissée de chair de poule est sa peau.
L'une de vos mains va vers son sexe descendant.
Vous lui murmurez d'oublier ses tabous,
De se livrer, pour le plaisir, entièrement à vous.
Elle vous chuchote sa peur
De ne savoir faire, de n'être point douée,
Sa crainte
De ne pas à vous plaire parvenir.
Dans son dos, votre pénis ne cesse de grossir,
Vous le lui prouvez d'une bestiale étreinte.
Vous lui dites n'attendre d'elle qu'abandon et félicité,
Lui commandez de vous faire confiance, que vous serez un doux dominateur.
Alors vous empoignez ses cheveux, d'un coup,
Et les tirez en arrière, qu'elle ploie comme une frêle pousse de bambou.
Dans le noir où elle est plongée,
Se développent peu à peu ses sens.
Le cuir de vos gants, à l'odeur fauve,
Crisse à ses oreilles,
Excite sa peau qui s'éveille.
Il a sur ses lèvres texture de guimauve,
Et déjà d'avant en arrière elle se balance
Pour, sur cette main de velours, se frotter.
Vous ne savez encore combien son sexe est doux,
Plus fondant qu'un moelleux au chocolat, le croyez-vous ?
Vers la table vous l'entraînez, prudemment,
Vous assurant que contre quelque meuble elle ne se cogne.
En chemin vous vous saisissez de la ceinture de votre pantalon,
Une idée bien précise en tête !
Vous êtes à la fête,
Sentez qu'elle vous offre, sans trop lutter, son corps et sa soumission.
Alors, lui signifiez avec autorité de ne point ressentir de vergogne
Tandis que lui attachez, de votre ceinture, les mains dans le dos, étroitement.
Une exclamation sa bouche décloue.
Mais elle rend les armes, sûre que vous n'êtes point de ceux qui, après l'action, les femmes bafouent.
Le plateau boisé de l'autel sur lequel vous souhaitez la déguster
Est si froid sous son buste...
Ses mamelons se rétractent,
Coupé est son souffle.
En son sein son cœur fait un tel baroufle
Qu'elle comprend qu'il n'est plus temps qu'elle se rétracte :
Elle choisit d'assumer et sa position ajuste,
Que son sexe vous apparaisse, nu, ouvert, absolument dévergondé.
Pour la remercier, vous déposez un bisou
Juste à l'orée de son minou.
Elle creuse davantage les reins,
Redressant au maximum son joli postérieur
En se mettant sur la pointe des pieds.
Votre langue s'insinue,
Va, vient, lape, joue, lèche à bouche que veux-tu.
Vos mains s'agrippent, l'une à ses poignets liés,
L'autre à sa croupe, flattant ses rondeurs.
Le moment est divin !
Elle pourrait jouir mais à votre plaisir se voue :
Elle attend que ce droit on lui alloue...
Vous avez compris qu'elle est au bord de l'abîme
Et réprimez vos assauts.
Une simple pénétration, brutale et profonde,
Pour lui prouver votre vigueur,
Vos doigts enserrant son cou, en fier possesseur.
Sur son corps déferlent de bonheur les ondes
Tandis que vous embrassez avec dévotion son dos
Dans une étreinte sublime.
Vous hésitez à la mettre à genoux
Mais vous fiez aux gémissements qui, lentement mais sûrement, sa voix enrouent.
Vous l'aidez à se remettre sur pieds
Puis l'accompagnez dans sa descente,
Entourant amoureusement sa taille de vos bras :
Vous ne voulez pas qu'à terre elle se flanque !
Elle n'est point experte et ses mains lui manquent,
Mais sa bouche trouve très vite votre anatomie, dressée telle un mât,
Et la fait fondre sous sa langue caressante.
À votre tour, vous vous laissez, un bref intervalle de temps, aliéner.
Vous savourez son antre chaud, humide, doux,
Mais tenez à montrer que le maître reste vous !
Un peu brusquement, les doigts en coupe sous ses seins,
Vous la relevez
Et la couchez sur la table.
Elle est un peu gênée par ses poings,
Aussi lui conseillez-vous de les utiliser sous les fesses comme coussins :
La position n'en sera que plus confortable !
Ses jambes alors saisissez, écartez, jusque vos épaules surélevez,
Pour, de votre sexe, lui faire un intime câlin.
La caresse est si impudique, votre pénis se frottant à elle, sans tabou...
Lui revient aussitôt le feu aux joues !
Après nombre d'allées et venues,
La sentant au paroxysme de l'envie
Et ayant vous-même le membre gorgé d'un violent désir,
Vous la portez, empoignant à pleines mains ses fesses.
Elle ne peut à vous s'accrocher, aussi, avant que de la pénétrer, votre corps s'affaisse :
Une chaise est heureusement là pour vous accueillir !
Vous désirez lui infliger le supplice du pal, elle y aspire aussi,
Massant l'un contre l'autre, dans un mouvement régulier, vos deux sexes éperdus.
Elle est légère comme tout,
Pour vous insinuer, cela est un atout !
Ses pieds calez sur les barreaux latéraux,
Qu'elle puisse, à coups de talons,
Vous aider à régler le flux des offensives.
Commence alors une lutte endiablée, débridée, débauchée,
Les effluves de vos corps mêlées.
Vous lui ôtez même le bandeau, cherchant à voir ses pupilles lorsqu'elle s'active.
Elle vous lance un tel regard furibond
Que la jouissance monte en vous, au triple galop !
Heureusement pour vous,
L'orgasme la fouette sur le coup !
Ses liens, à bout de souffle, lui retirez.
Ses bras vous enserrent le cou,
Sa bouche vient y déposer un baiser ultime.
Vous l'étreignez, heureux et fier,
Si fier de votre partenaire...
Vous espérez qu'elle ressent que vous lui portez beaucoup d'estime,
D'avoir osé se soumettre à vous,
Car le silence d'après tempête ne voulez briser...
Elle rouvre les yeux, le cœur encore un peu fou.
Sur son écran, du noir, c'est tout !
Il s'est mis en veille,
Si longtemps qu'elle est perdue dans les pensées
Qu'a inspirées le texte que lui avez écrit...
Elle reprend pied dans la réalité, peu à peu,
Et ose vous tapoter sur son clavier un aveu :
Votre plume l'a attendrie, excitée bien sûr aussi,
Pour ce genre d'exercice vous êtes doué !
Elle vous remercie d'avoir susurré de tels mots à son oreille...
Approchez donc votre joue...
Peut-elle y déposer juste un tendre bisou ?
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