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Condamnée à parler d'amour
Sans en connaître la saveur
Car née, elle ne se souvenait ni du jour ni de l'heure,
Dans l'esprit d'un oiseau troubadour.
Elle n'était que chimère
Mais se sentait fréquemment des élans,
Pressentait les doux sentiments
Qui devançaient les ébats des chairs.
Alors elle se rêvait, timidement, parfois,
Un amant de plume.
Un peu comme un inconnu, un homme dont elle n'aurait pas coutume,
Mais dont au fond elle connaîtrait le véritable Moi...
Un étranger, oui,
Mais qui n'en serait pas vraiment un.
Ils prendraient un plaisir malin
A se raconter, en les mêlant, leurs vies, leurs envies.
Sans doute s'inventerait-il une double identité
Et la laisserait-il quelques temps
S'interroger, la taquinant,
Jouant avec les mots à s'en délecter.
Il la chatouillerait,
La chahuterait,
La choierait,
L'aimerait simplement pour ce qu'elle est.
Il ne craindrait pas
De se blottir tout contre elle,
De l'abriter sous son aile
Pour la préserver de ses peurs et du froid...
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Un étranger, un manant, un amant
tout pour séduire une délicate et légère
envie d'imaginer sous sa plume éphémère
la tenir au creux de ses mains un simple temps
l'idée de vos mots me semble si séduisante
qu'un autre mot d'emblée me vient : excitante
Merci de partager encore...
El